Les + :

–          Un visuel avec beaucoup de personnalité

–          Un apport bienvenue à l’univers de la franchise

–          Une intrigue rythmée

Les – :

–          Une animation très moyenne

–          Une violence trop mise en scène

Cinquante ans avant les événements de la série, Vesemir est un jeune Sorceleur plein de fougue. Il enquête sur le commanditaire de meurtres sanguinaires tout en affrontant son passé.

Première production dérivée de la série à succès, The Witcher : le cauchemar du Loup est un film d’animation produit par le Studio Mir. La société coréenne est notamment derrière la Légende de Korra et produit depuis 3 ans beaucoup de contenus pour la plate-forme Netflix. Ce film pour adultes atteint aisément son objectif de développer la franchise dérivée de l’œuvre d’Andrzej Sapkowski, malgré ses petits défauts.

L’histoire se concentre sur Vesemir, le maître de Geralt rencontré en saison 2. Il est alors un jeune Sorceleur talentueux et arrogant qui tue des monstres pour de l’argent. L’on va découvrir sa jeunesse, pourquoi il a choisi de devenir un Sorceleur et le voir défourailler du monstre. C’est la première surprise que nous réserve ce Cauchemar du Loup : il est violent, brutal et sanglant dès les premières secondes.

Vesemir sert de point de repère narratif. Amis et ennemis gravitent autour de lui, dessinant un monde qui n’est pas tout à fait celui que Geralt parcourra ensuite. Le scénariste Beau DeMayo fait partie du pool d’écrivains sur la série mère. Il cherche à travers son personnage à expliquer des éléments saillants de l’univers comme la méfiance suscitée par leur ordre, les relations conflictuelles avec les mages, ou le rejet des elfes. C’est géré assez intelligemment pour que ces enjeux ne parasitent pas l’histoire principale et enrichissent l’intrigue.

Finalement, c’est l’histoire des sacrifices de Vesemir qui fait marcher l’ensemble. Sa jeunesse perdue, son amour qu’il quitte sciemment, son ordre qu’il voit périr malgré ses efforts, forgent ce vieux protecteur qui va former ce qui risque d’être la dernière génération de Sorceleurs.

D’un point de vue technique, le film se partage entre très bon et très mauvais. L’on mettra à son crédit un visuel léché avec des plans admirables qui posent une ambiance particulière. Quelques séquences y gagnent (la montagne « hantée », Kaer Morhen, le final avec Lady Zerbst) et enrichissent l’univers visuel. Mais en contre partie, l’animation semble avoir été le parent pauvre de la production. Mouvements hachés, séquences dialogues figées, rien des défauts usuels d’animes réalisés vite ne nous sont épargnés. Les scènes d’action ont été préservées, particulièrement l’assaut de Kaer Morhen qui bénéficie aussi d’effets visuels 3D. Mais le résultat est assez décevant quand on sait combien la franchise Witcher est au centre la stratégie Netflix. Le compositeur Brian d’Oliveira livre une musique dans cette lignée, pas épouvantable comme dans la S2 de la série mère, mais qui aurait mérité plus d’attention.

Côté voix et doublage, l’ensemble est réussi. La VO a des acteurs confirmées comme Mary McDonnell (Battlestar Galactica), Lara Pulver (Da Vinci’s Demons) ou Graham McTavish (Outlander, qui joue également dans la saison 2 de The Witcher). En VF, on retrouve des habitués du doublage avec Alexis Victor (voix de Bradley Cooper ou James McAvoy), Adeline Moreau ou Bruno Magne. Des deux côtés, les personnages sont bien joués et c’est un plaisir à suivre.

CONCLUSION

Le cauchemar du Loup est un ajout appréciable à la franchise Witcher : s’il ne révolutionne rien, il propose des développements intéressants, quelques belles séquences et se montre efficace avec 1h23 au compteur. Dommage que la technique ne suive pas toujours, ce qui nuit à l’appréciation de l’ensemble.

Kevin

Kevin

Passionné d'imaginaire, Kevin lit, voit et assiste à pas mal de choses. Il partage ses découvertes et aime repartir vers le passé, le temps d'une chronique ou d'un article. Depuis 2008, il joue aussi les scribouilleurs amateurs chez Rivière Blanche (Dimension Écologies Étrangères), Malpertuis (Malpertuis VI, Malpertuis X) ou les éditions Mots & Légendes où son premier roman de Fantasy historique, Entre la Louve et l'Olympe, est disponible.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.