3 questions à Hermine Lefebvre, autrice de Cathédrale

Cathédrale, sorti récemment chez les éditions Léha, est le second roman d’Hermine Lefebvre qu’il m’est donné de découvrir. Je l’avais découverte, et avait été séduit par sa plume avec Sous le sceau de l’hiver, chez Scrinéo, et je lui avais déjà posé quelques questions à l’occasion de cette sortie. Cathédrale propose un univers complètement différent et je ne pouvais donc pas passer à côté du fait de l’interroger de nouveau sur la genèse de ce roman et sur ses personnages.

1/ Après l’urban fantasy de Sous le sceau de l’hiver, te voici nous livrer un univers de fantasy. D’où te sont venues les premières idées de ton roman ?

Merci pour cette proposition d’interview ! Oui, l’ambiance de Cathédrale est bien différente de celle de Sous le sceau de l’Hiver. Alors, les premières idées, c’est un peu flou pour moi parce que c’est souvent mon inconscient qui travaille en arrière-plan et m’envoie des concepts déjà assez précis. Mais aussi, dans le cas de Cathédrale, parce que je l’ai écrit en 2013 et 2014, ce qui commence à faire quelques années.  Au départ, je prévoyais de faire le NaNoWriMo de 2013 (un challenge d’écriture qui consiste à écrire un roman de 50 000 mots en un mois, en novembre) avec un autre projet. Mais deux jours avant le début, ma Muse a fait un refus d’obstacle et m’a proposé l’idée de Cathédrale, cette école magique particulière. J’ai alors pris feuilles et stylos pour esquisser les premières lignes de l’histoire et je me suis lancée !

Pour autant que je me souvienne, il n’y a pas vraiment eu de déclic qui aurait amené cette idée. C’est sans doute mon amour pour l’esthétique des XVIIIe-XIXe siècles qui a parlé, pour ces atmosphères où l’on se bat en duel tant avec des lames qu’avec des mots et où les intrigues politiques foisonnent entre deux bals mondains et hypocrites.

De nouveau tu nous proposes des personnages aux caractères affirmés, bien trempés, qui vont pourtant évoluer au fil du récit. Comment les as-tu conçus ? Et du coup tu es plutôt Frédéric ou Lionel ? Et pourquoi ?  

En effet, ils ont tous un caractère bien trempé et même ceux qui sont plus en retrait au départ peuvent réserver des surprises !

Comme pour les idées de base du roman, les personnages arrivent souvent déjà constitués, avec leurs histoires et leurs caractéristiques sans que je sache vraiment ce qui leur a donné naissance. Le premier que j’ai créé pour Cathédrale a été Lionel. Il est apparu dans un autre contexte où je n’avais pas eu l’occasion de le développer, mais, quand j’ai commencé à réfléchir au roman, je me suis dit qu’il y aurait pleinement sa place après quelques adaptations. C’est là qu’il a acquis une grande partie de son arrogance et de sa repartie. Frédéric est venu dans un second temps, en contrepoint, et les autres personnages se sont construits au fil de mes avancées.

Mes personnages contiennent sans doute une part de moi, même si je ne leur ressemble pas. J’ai une tendresse particulière pour Lionel, qui a longtemps eu une place à part dans mon cœur d’autrice avant d’être rejoint par Virgile et Camille, les personnages de Sous le sceau. Frédéric a cependant de belles valeurs quand il ne les oublie pas sous l’influence de l’école, il a toujours été un grand soutien pour sa famille. Ils ont chacun leurs qualités et leurs défauts, mais j’aime surtout les failles qu’ils cachent et qu’ils essaient de surmonter.

Cathédrale, en tant qu’école, est particulièrement impressionnante, et rappelle un peu Poudlard. Tu t’es clairement éloignée de l’œuvre de Rowling, ton roman n’ayant rien à voir, mais d’où t’es venue l’idée de cette entité presque vivante ? Comment l’as-tu conçue ? Prévois-tu potentiellement de revenir entre ses murs pour un autre récit ou bien cette page est-elle définitivement tournée ?

Oui, je ne voulais pas d’un Poudlard bis, d’autant que c’est une référence qui vient spontanément dès qu’on parle d’écoles de magie.

Cathédrale a vraiment été l’idée fondatrice de ce roman, le premier concept qui m’est venu. Je voulais une école magique, mais pas de magie, dans le sens où elle possède son propre pouvoir mais où on n’y étudie pas la sorcellerie. Certains élèves possèdent des talents particuliers, mais ils sont rares et la majorité des matières sont très classiques. C’est à partir de là que j’ai construit la magie de l’école, sensible à l’humeur des étudiants et capable de la réfléchir, de façon à créer un cercle vertueux… ou vicieux selon les circonstances. Avec la quête qui démarre et l’ambition des élèves, on se doute des répercussions que cela peut avoir ! C’est d’ailleurs un proverbe dans le roman : « Cathédrale est ce que vous en faites ». Comme il se déroule pratiquement en huis clos, c’était aussi l’occasion d’ajouter une source de tension.

J’ai longtemps pensé à l’idée d’une suite parce que j’aime ce contexte et ces personnages, et que j’aurais aimé y passer plus de temps. Cependant, je n’ai pas eu l’impression que cela apporterait quelque chose de neuf par rapport à ce qui est dit dans le roman et j’ai fini par renoncer. Je sais qu’il ne faut jamais dire jamais, mais à l’heure actuelle, c’est une page tournée.

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

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