Cinq ans après l’excelletissime Codex Omega, les hellènes de Septicflesh sont de retour avec un nouvel album, neuf nouveaux morceaux destinés à ravir les fans. Et même si j’adore profondément le black symphonique du groupe je dois reconnaître que j’ai été un peu déçu par ce Modern Primitive.

Les sonorités orientales de The Collector débute l’album de belle manière, vite suivies par la puissantes d’un black metal bien fait, massif et prenant. Puis la voix de Seth vient nous compter son histoire. Alternant entre moments plus calmes et puissance tant musicale que vocale, on retrouve Septicflesh là où on l’avait laissé. Et c’est bien une partie du problème de cet album. On a la sensation que le groupe n’a pas évolué en cinq ans, et j’ai eu l’impression d’un manque d’inspiration. Hierophant reste dans la même veine : des guitares lourdes, des orchestrations magnifiques, et un chant guttural impeccable. Finalement cette piste est l’une des meilleures de l’album et des plus belles. Self Eater vient à son tour nous envahir les oreilles, avec un tempo plus rapide et une batterie qui se déchaîne dès l’introduction, avant un break qui permet à Seth de débuter son récit. Il n’y a rien à dire : c’est beau musicalement et la composition est impeccable, mais il me manque une étincelle que je n’ai pas, c’est très dommage. Nouvelle ambiance orientale avec Neuromancer. La recette est conservée, elle fonctionne bien. Cette chanson est peut-être la plus « facile » de l’album tant elle reprend les codes classiques de Septicflesh. Coming Storm marque le milieu de l’album. Introduction inquiétante, reprise rythmique rapide, plongée dans l’ambiance noire voulue par le combo. Un bel exemple de black sympho s’il en est.

Les quatre pistes suivantes sont au même niveau que celles que nous avons écoutées précédemment.  Les chœurs de A Desert Throne entame parfaitement la chanson, qui fait partie des plus inspirées de cet album. Modern Primitives se fait plus lourde encore au niveau des guitares et Psychohistory propose des orchestrations encore plus magnifiques qu’habituellement. Cet album se termine sur les guitares de A Dreadful Muse, avec plus de quatre minutes d’un dernier plaisir auditif. La piste ne change pas de genre et les amateurs s’en donneront à cœur joie.

Modern Primitive me laisse un goût d’inachevé en bouche. Le groupe sait toujours autant composer, et jouer, mais j’ai eu la sensation qu’ils se reposaient sur les acquis, sans chercher à aller plus loin musicalement, sans repousser leurs limites. C’est dommage car ce groupe a un potentiel monstrueux et est en mesure de proposer quelque chose d’encore plus parfait. Néanmoins cet album ravira les fans de l’époque Codex Omega sans le moindre doute.

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

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