Anthony Ryan est un auteur à succès de cette nouvelle vague de la fantasy anglo-saxonne qui propose une fantasy médiévale, brute, sans concession, avec des histoires passionnantes. Après les séries Blood Song, Raven Blade et Dragon Blood, qui furent de francs succès sur nos rivages comme aux Etats-Unis, voici venir une nouvelle saga : L’Alliance de Fer. De nouveau nous allons plonger dans un monde violent, inattendu et proposant une histoire épique comme on les aime.

Né dans le royaume troublé d’Albermaine, Alwyn Scribe a été élevé par une bande de hors-la-loi. Vif d’esprit et habile au couteau, il aime la liberté des bois et la compagnie de ses camarades voleurs. Jusqu’à ce qu’une trahison l’entraîne sur le chemin du sang et de la vengeance, un chemin qui fera de lui un soldat dans l’armée du roi.
Placé sous les ordres de Dame Evadine, une noble tourmentée par des visions peuplées de démons, Alwyn doit survivre à la guerre et aux intrigues mortelles de la noblesse pour obtenir vengeance.
Mais tandis que les forces des ténèbres – humaines et surnaturelles – se liguent pour neutraliser Evadine, Alwyn va devoir faire un choix : deviendra-t-il un guerrier ou restera-t-il un paria à jamais ?

Dès les premières pages de ce roman le lecteur se retrouve plongé dans l’action, au cœur de ce qui semble un récit à la Robin des Bois, avec le jeune Alwyn qui va nous conter son histoire. On début donc au cœur des bois, au sein d’une bande de brigands qui n’a clairement rien à envier à Sherwood. Au fil des chapitres l’histoire, comme les personnages, se mettent en place et le lecteur commence à se sentir à l’aise à côté du jeune homme, à vouloir en savoir toujours plus. Les chapitres avancent, le récit prend une ampleur de plus en plus imposante et le destin de notre héros va basculer. Ce point de rupture dans son histoire est vraiment intéressant et donne un volume supplémentaire à un roman déjà très prenant. Anthony Ryan est un auteur habitué à proposer des histoires bien conçues, des personnages forts et des cliffhangers prenants. Le Paria ne fait donc pas exception à la règle.

La création des personnages est aussi l’un des éléments phare des romans, surtout chez les auteurs expérimentés, qui peuvent se permettre plus de fantaises. Ici Anthony Ryan reste assez simple et sobre sur cet aspect, se concentrant avant tout sur le développement d’Alwyn. Cela ne l’empêche toutefois pas de proposer au lecteur une large galerie de protagonistes qui vont changer au fil des chapitres, participant à leur façon à l’évolution de l’intrigue. Mais l’auteur ne s’arrête pas trop dessus et c’est dommage pour certains, comme vous le verrez en lisant le roman.

La plume d’Anthony Ryan est toujours aussi fluide, prenant le lecteur dans son cours et l’emmenant au loin. Plus orienté sur l’action que sur les longues descriptions, laissant la part belle à l’imagination et au mouvement. La traduction d’Olivier Debernard est elle aussi de bonne qualité, il y a peu de coquilles et rien ne vient gêner la lecture.

Neuvième roman pour Anthony Ryan, et l’on sent bien que l’auteur sait ce qu’il fait. Il évolue dans une fantasy médiévale, puissante, brutale et épique, un registre de plus en plus en usage chez les anglo-saxons. Ici la vie est dure, complexe et les personnages n’ont aucune certitude concernant leur survie. Personnellement je me suis pleinement immergé dans le récit et ait été séduit tant par l’histoire proposée que par le personnage d’Alwyn, qui invite à le suivre. Le Paria est un bon premier tome, maîtrisé de la première à la dernière ligne.

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

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