3 questions à Pascal Malosse, auteur de L’Île aux Moines

Second livre de la collection Lueurs obscures, la novella de Pascal Malosse, L’ïle aux Moines, m’a surpris parce mélange intéressant de polar et de fantastique qu’elle distille tout au long de ses pages. L’inspecteur Laugier, qui porte toute la novella sur son dos, est également un modèle du genre dans la catégorie des inspecteurs étranges et maquant cruellement de fun. De page en page le lecteur plonge plus avant dans l’horreur mais aussi dans l’esprit de Laugier… Une ballade qui laisse des traces. Il était donc important de poser quelques questions à cet auteur afin d’en savoir plus sur l’origine de ce texte, la genèse du personnage…

Laugier est l’un des points centraux de ta novella. Comment l’as-tu visualisé la toute première fois ? L’idée du récit est-elle venue de lui, ou bien l’histoire a-t-elle été la première pierre à ton édifice ?

Merci pour votre intérêt et vos questions. Je l’ai vu d’abord comme une figure classique de l’inspecteur pince-sans-rire, à la limite de la caricature. Lors de cette narration à la première personne, j’ai compris qu’il constituait la clé de voûte du récit, qu’il fallait explorer les aspects les moins reluisants de sa personnalité. L’idée de départ a été plutôt inspirée par l’île de Lérins et la communauté des moines. C’est un petit paradis, préservé, en face de Cannes. Mon esprit tordu n’a pas tardé à imaginer des meurtres horribles dans ce cadre idyllique, une volonté de jouer sur les contrastes entre la belle lumière du sud et l’horreur, et bien sûr, un clin d’œil au Nom de la rose d’Umberto Eco.

D’où te sont venues les idées pour les meurtres sur l’île ? Elles sont plutôt peu enviables je dirais non ?

Je voulais que les premiers meurtres soient réellement impossibles. Et ce n’est pas si facile ! Il existe tellement de façons d’assassiner son prochain. C’est un thème rebattu dans la fiction, et Sherlock Holmes ou les autres détectives trouvent toujours la solution. C’est la première fois je verse autant dans l’horreur. Pour les amateurs, c’est aussi j’espère une forme d’humour noir.

Ton récit mêle intelligemment polar et fantastique. Comptes-tu persévérer dans cette voie ou bien d’autres projets t’ont-ils déjà emmené bien plus loin, sur d’autres terres imaginaires ?

Mes textes s’apparentent à différents registres : le fantastique bien sûr, mais également l’étrange, le « weird », l’absurde, le surréalisme, l’horreur. Je n’y réfléchis pas vraiment aux catégories en écrivant, je pars à la recherche de beautés inattendues, vers l’inconnu, j’aime être surpris. Certains de mes textes lorgnent vers la science -fiction, mais je ne suis pas du tout à l’aise dans ce domaine.

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.