Entretien avec Julien et Alexandre, membres de Exanimis

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Est-ce que tu peux tout d’abord te présenter et nous expliquer ce que tu fais dans Exanimis ?

Alexandre : Bonjour et merci de nous consacrer cette interview ! Je suis musicien professionnel depuis maintenant 6 ans et j’occupe le rôle de guitariste/chanteur au sein du groupe.

Julien M. : Bonjour et merci à toi pour cette interview, c’est avec grand plaisir ! Moi c’est Julien, je suis à la guitare Lead. Je suis prof de guitare et j’ai rejoint Exanimis en 2019 au moment de l’enregistrement studio de Marionnettiste.

D’où vient le nom du groupe ?

Alexandre : Le nom vient du latin et signifie «sans vie», ce qui rejoint beaucoup les concepts que nous abordons dans notre musique et dans notre imagerie.

Comment en es-tu venu au metal, à la fois en tant que fan et en tant que musicien ?

Alexandre : Pour ma part, je suis rentré dans le monde du metal avec Rammstein et Nightwish quand j’vais 11 ans, et je me suis à la guitare quand j’ai découvert le live Rock in Rio de Maiden, même si je faisais déjà de la musique avant. Mais c’est en découvrant Dream Theater que je me suis vraiment dit que je voulais en faire mon métier.

Julien M. : Je réalise que j’ai toujours eu accès à cette musique depuis mon plus jeune âge, ma grande sœur avait les albums Piece of Mind de Iron Maiden et le Black Album de Metallica en cassette (et ouais j’ai plus de 30 ans ah ah !). La plus grosse claque pour moi a été le son de Metallica à ce moment-là. C’était puissant, rythmé, parfois mélancolique et l’instant d’après un vrai défouloir. J’étais conquis !

En tant que musicien c’est venu un peu par hasard, il y avait une vieille guitare électrique toute pourrie qui trainait à la maison et quand j’ai essayé de jouer les morceaux qui me plaisais, et bien c’est bon j’ai été addict !

Marionnettiste est le nouvel album du groupe. Comment s’est passée son écriture ?

Alexandre : Les premières compos datent déjà de 2015, avec le guitariste de notre line-up originel, on avait écrit des morceaux Death Metal auxquels on songeait rajouter des éléments symphoniques. Puis au fil des années, les compositions étaient de plus en plus travaillées, et ce qui était juste des éléments symphoniques s’est transformé en grosse orchestration complète !

Ce cap est arrivé quand le bassiste Julien P. a rejoint le groupe. Il est d’ailleurs devenu très fort en programmation d’orchestre.

Le dernier morceau qui a été écrit pour Marionnettiste a été Cathedral, et l’écriture de morceau a été achevée fin 2018. Ce qui représente un gros laps de temps entre les premières compos et les dernières.

J’ai ressenti quelques influences dans votre musique, de Nightwish à Therion par exemple. Quelles sont véritablement tes influences et celles du groupe 

Julien M. : On peut dire qu’on s’est bien trouvés tous les 3 chez Exanimis car la musique qui nous fait vibrer et nos influences sont proches !

On a tous écouté à peu près les mêmes groupes de Metal progressif, du Death Metal, du power Metal… dans nos jeunes années. Aujourd’hui ce qui nous influence et qu’on retrouve dans Exanimis, ce sont évidemment les fers de lance du Death Sympho comme Fleshgod Apocalypse, Septicflesh, Carach Angren pour citer les plus connus. Mais nos influences vont bien plus loin que ça, on écoute tous beaucoup de musique de film (de Danny Elfman à Howard Shore pour les plus connus), et les OST de jeux vidéos sont autant de sources d’inspiration pour composer !

L’album raconte une histoire. Peux-tu nous en dire plus ?

Alexandre : Il faut voir l’album comme une nuit de cauchemar vécue par l’auditeur. Celui-ci s’endort avec le prélude et se réveille avec l’épilogue. Les morceaux symbolisent la série de cauchemars où l’auditeur découvre différents personnages pensant être maîtres de leurs destins et contrôlant ce qui les entoure, mais ceux-ci se retrouvent systématiquement gouvernés par quelque chose de supérieur qui les dépasse complètement.

Quelle est ta piste préférée de l’album, et pourquoi ?

Alexandre : A titre personnel – je vais tricher un peu – je vais en garder 2 et ça serait «Cogs, Gears & Clockworks» et «The Slow Flow of the Spume on the Shore». Parce que l’un représente toute la grandiloquence de notre musique, et l’autre sa dramaturgie.

Julien M. : C’est difficile de faire un choix, mais si je devais vraiment ne choisir qu’un seul morceau, ce serait Cathedral.

Déjà le morceau est long (plus de 16 minutes), ce qui laissera largement le temps au public d’aller se chercher une bière s’ils n’aiment pas ah ah !

Non sérieusement du fait de sa longueur et de sa structure assez typée prog, Cathedral pose vraiment beaucoup d’ambiances différentes.

Le morceau a une longue phase instrumentale qui est très fun à jouer pour moi, et la fin a une montée en puissance vraiment épique. Bref, pour moi ce morceau a tous les ingrédients qui me plaisent.

Un clip est actuellement sorti pour Cogs, Gears & Clockworks. Comment s’est passé le tournage ? Ce n’est pas trop bizarre de voir des idées musicales portées à l’écran comme un film ?

Julien M. : Le tournage s’est déroulé dans une vielle fabrique de kaolin (c’est la matière première de la porcelaine), avec tous les appareils et les rouages d’époque. On était une équipe d’une dizaine de personnes à l’œuvre pendant une semaine. Il faisait très froid, et les journées était rudes, mais c’était une expérience incroyable.

Nous avions donné aux réalisateurs Tom Capron et Antoine Binet les grandes lignes du sujet traité dans le morceau et des idées sur ce que chacun de nous devait représenter dans ce clip. Nous avons découvert le script final seulement le matin-même du premier jour de tournage ! Mais nous avions toute confiance à la super équipe qui était avec nous et nous sommes super contents du résultat.

Pour ma part ça n’a rien de “bizarre” car l’association de l’image au son est très naturelle pour moi, et les morceaux d’Exanimis sont d’ailleurs inspirés d’œuvres de compositeurs de musiques de film.

Ca ressemblera à quoi un concert de Exanimis, quand vous aurez le droit d’en refaire ?

Julien M. : Et bien ce seront les 4 personnages que vous pouvez voir dans le clip de Cogs, avec des instruments… J’espère que ça ne fera pas trop bizarre ah ah !

Nos premiers concerts seront très certainement très “conventionnels” mais nous espérons avec le temps, (et les moyens), développer le côté théâtral à fond. Nous voulons vraiment que le public assiste à un spectacle à l’esthétique soignée, afin que les ambiances des morceaux puissent se ressentir dans la mise en scène

Le confinement d’un musicien, ça consiste en quoi ? Beaucoup de musique avant tout ?

Alexandre : Travailler son instrument, et surtout continuer de se cultiver pour nourrir son imaginaire et écrire plusieurs albums à l’avance, héhé !

Julien M. : Eh bien pour ma part, j’ai très bien vécu mon confinement car les demandes de cours de guitare sur Skype ont explosé ! Et à côté des cours j’ai eu l’opportunité de beaucoup travailler ma guitare pour pouvoir assurer les morceaux quand il faudra défendre Marionnettiste sur scène.

Entre tout ça et la préparation de la sortie de l’album, j’étais bien occupé. En revanche je suis vraiment préoccupé par le paysage de l’industrie musicale après cette longue période d’inactivité. Y aura-t-il encore des salles pour accueillir des groupes de Metal, et dans quelles conditions ?

2020 a été riche en sorties d’albums. Quel serait ton album de l’année ?

Alexandre : Je pense que ça serait le dernier album d’Igorrr, une tuerie avec un son de bulldozer ! En réalité, j’ai plus hâte des sorties de 2021. On devrait avoir des albums de Dream Thea- ter, LTE, Obscura et SepticFlesh !

Julien M. : Encore une question difficile, mais j’ai beaucoup accroché avec le dernier Carach Angren. Forcément avec leurs orchestrations symphoniques et leurs morceaux qui racontent des histoires, ils nous inspirent. A côté de ça j’ai eu la bonne surprise de redécouvrir Black Dahlia Murder avec leur album Verminous. Le son de guitare est vraiment fou !

Merci pour tes réponses et à bientôt au détour d’un concert !

Alexandre : Merci à vous !! ça sera avec un immense plaisir !

Julien M. : Merci beaucoup et on espère aussi à très vite pour des concerts !

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de littératures de l'imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d'Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom. Ce faisant il assure également la direction littéraire d'anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *