Un roman surprenant qui redonne une véritable définition de la foi.

1560, Rouen. Alors que la guerre de religion entre catholiques et protestants fait rage, Johannes Balsamo, médecin alchimiste, poursuit l’initiation de Martin à l’art des élixirs. Pour le jeune apprenti, les choses paraissent simples et sa voie tracée. Mais son destin va le bousculer. Bientôt contraint de fuir la persécution, Martin part en exil.

Forcé de protéger son savoir et de passer entre les mailles d’un mal rôdant dans toute l’Europe, quels chemins Martin devra-t-il parcourir pour accomplir le Grand Œuvre et obtenir la Pierre Philosophale, Mère de toutes les médecines ?

Décidément, les éditions l’Alchimiste me surprennent à chaque lecture ! Après l’excellent Ombruscus, voici Les chemins de l’alchimiste qui oscille entre roman historique et roman spirituel.

La grande qualité du roman vient justement de ce ton spirituel qui remet à sa place la foi ; le fait de croire ce qui reste complètement différent de la religion. C’est justement ce que nous fait comprendre Martin, apprenti alchimiste au début du roman, qui refuse les dogmes de la religion. C’est ainsi que l’on voit apparaître l’Inquisition qui rôde dans le but d’arrêter hérétiques protestants et juifs. Le travail de Martin, entre mysticisme et médecine, est lui aussi scruté. Diologent nous rappelle ainsi qu’à l’origine, la religion n’était pas dogmatique et que foi en Dieu et croyances ancestrales se côtoyaient sans problème.

Si le roman se déroule au 16ème siècle (dans un 16ème siècle d’ailleurs parfaitement retranscrit), l’histoire de Martin et son épouse Norine a de nombreux échos avec nos problématiques actuelles. Outre les réflexions autour de la religion et des persécutions de ceux que l’on considère comme “autres”, on trouve également un message autour des femmes et une importante réflexion sur la nature (on retiendra par exemple les très jolies redondances des chemins escargots !).

Le ton spirituel du roman est parfaitement maîtrisé et se mêle très bien avec l’intrigue historique et la quête personnelle de Martin qui tente de poursuivre l’important travail alchimique de son ancien maître. Le seul point négatif est le centre du roman (lorsque Martin et Norine partent en exil), un peu mou et parfois trop dialogué. Enfin, l’auteur utilise un vocabulaire d’époque et a fait des recherches pour que ses personnages parlent comme des Français du 16ème siècle sans que cela pèse sur la lecture. Un joli tour de force !

Les chemins de l’alchimiste fut pour moi une lecture étonnante. Au début sceptique sur les conceptions spirituelles et de foi mise en avant, je me suis assez vite rendue compte que le roman n’est pas du tout destiné aux croyants. L’auteur réussit à créer un véritable roman d’aventures, auréolé de mystères et de conceptions médicales anciennes que nous appelons maintenant “remèdes de grand-mères” alors qu’elles servent réellement notre corps et notre esprit.

Un roman qui permet aussi de remettre en perspective les bienfaits offerts par la nature que nous avons tendance à oublier.

Arwen

Arwen

Je m’appelle Marie et j’ai 29 ans. J’ai fait des études de cinéma pour devenir scénariste. J’ai travaillé entre autre pour des chaînes jeunesse et des productions de dessins animés. Egalement auteur jeunesse, j'ai publié 4 livres à ce jour. Je suis une passionnée de littérature et de cinéma bien sûr! Tout ce qui touche au fantastique (et à ses cousines Fantasy et Féerie) me parle tout particulièrement. Je développe actuellement mon premier roman pour la jeunesse!

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