Personne ne sort d’ici vivant – Adam Nevill

Je connais depuis quelques années la plume d’Adam Nevill, notamment via Appartement 16 et Le Rituel. J’avais tendance à le trouver un peu classique dans la manière dont il traite ses personnages et son scénario, même si il lui est arrivé de proposer des twists qui m’ont surpris. Avec Personne ne sort d’ici vivant je m’attendais à une histoire classique de maison hantée, (comme on en a tant lu par le passé, ce qui ne veut pas dire que cela ne peut pas être prenant, attention), alors que là je dois dire qu’il m’a scié sur place. Proposant un roman aux multiples facettes il va inviter le lecteur dans un récit à la fois fantastique, psychologique et social. Vaste programme n’est-ce pas ?

Stéphanie est seule, sans argent, et elle peine à trouver un logement. Aussi croit-elle que la chance lui sourit quand elle finit par dénicher une chambre au loyer abordable dans une vaste demeure de Birmingham.
Mais au 82, Edgehill Road, on aurait tort de se fier aux apparences. L’atmosphère inquiétante qui règne dans cette maison délabrée inspire à Stéphanie un profond malaise.
Mais c’est sans compter les murmures dans la cheminée, les bruits de pas dans le couloir, les pleurs de femmes qui s’élèvent derrière les murs et les accès de violence du propriétaire des lieux.
Pourtant, le cauchemar ne fait que commencer.

Le scénario proposé par Adam Nevill commence sans le moindre préambule, on met directement les pieds dans la noirceur de la chambre de Stéph, dans les terreurs qu’elle va connaître durant les cinq cent pages de ce roman. On débute donc le roman avec une maison visiblement hantée et une jeune fille aux abois. Mais très vite l’auteur va nous proposer quelque chose d’autre, de plus profond. Prenant un tournant social, à ce moment le roman gagne un aspect encore plus passionnant. Le côté page-turner fonctionne à merveille sur le lecteur et j’ai vraiment eu du mal à lâcher ce roman rythmé par des chapitres courts, prenants. Le dernier quart du roman m’a totalement pris par surprise et je dois dire que c’est une excellente conclusion à un roman non moins parfaitement monté.

Le personnage de Stéph est franchement attachant dans toute la fragilité dont elle fait preuve autour des épreuves qu’elle vit, tout comme dans la force lorsque le besoin s’en fait ressentir. Aux frontières de la folie le lecteur continue à la suivre, à découvrir avec avidité tout ce qu’elle vit sans jamais que ses réactions ne deviennent irréalistes. Les autres protagonistes, hormis deux d’entre eux, restent assez anecdotiques mais tout aussi bien réalisés par l’auteur.

Personne ne sort d’ici vivant est un excellent roman de fantastique horrifique. Il faut très clairement avoir le cœur bien accroché par moments mais j’ai vraiment pris un grand plaisir à me plonger dans les déboires de Stéphanie, et cela jusqu’à la dernière partie, assez inattendue d’ailleurs.

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