Sharakhaï T1 : Les 12 rois de Sharakhaï – Bradley P. Beaulieu

Avec Sharakhaï, Beaulieu nous embarque dans une histoire captivante, au sein d’un décor de fantasy riche et original.

Dans les arènes de Sharakhaï, la perle ambrée du désert, Çeda combat tous les jours pour survivre. Comme de nombreux autres, elle espère la chute des douze Rois immortels qui dirigent la cité depuis des siècles. Des souverains cruels et tout-puissants qui ont peu à peu écrasé tout espoir de liberté, protégés par leur unité d’élite de guerrières et les terrifiants asirim, spectres enchaînés à eux par un sinistre pacte. Tout change lorsque Çeda ose braver leur autorité en sortant la sainte nuit de Beht Zha’ir, alors que les asirim hantent la ville. L’un d’eux, coiffé d’une couronne en or, murmure à la jeune fille des mots issus d’un passé oublié. Pourtant, elle les connaît. Elle les a lus dans un livre que lui a légué sa mère. Et le lien que Çeda découvre entre les secrets des tyrans et sa propre histoire pourrait bien changer le destin même de Sharakhaï…

J’ai beaucoup apprécié la lecture de ce premier tome.

 

Dès le premier chapitre, l’histoire est prenante. On y découvre Çeda, une combattante au cœur de l’arène. Ces quelques pages posent déjà l’ambiance : Çeda est une héroïne forte, une femme qui sait se défendre et ne dépend que d’elle-même. Le personnage sort des stéréotypes de genre, et c’est très appréciable.

Dans l’ensemble, le roman se lit très facilement. Le scénario est riche, rythmé et ne manque pas de souffle : j’ai pris plaisir à suivre les pérégrinations de Çeda tout au long des 750 pages du livre.

On alterne entre le présent et des passages qui se déroulent plusieurs années en arrière. C’est peut-être l’aspect qui m’a le moins convaincue : si certains éléments sont intéressants pour une meilleure compréhension des personnages et leur évolution, ces bribes du passé auraient pu, je trouve, être raccourcies. Par ailleurs elles sont intercalées dans le livre d’une façon qui semble aléatoire et n’apporte pas grand-chose : il m’aurait paru plus pertinent que l’histoire de Çeda soit linéaire.

 

Au delà de l’aspect romanesque, le mystère plane sur un certain nombre de sujets : quelles sont les origines de Çeda ? Qui sont véritablement les 12 rois de Sharakhaï ? Ce tome 1 n’est pas de trop pour poser le décor et nous dévoiler, par petites touches, des éléments de réponse. Les 12 rois de Sharakhaï est donc tout autant roman d’aventure qu’initiatique.

Si cette configuration se retrouve relativement souvent dans les histoires de fantasy, celle-ci se démarque cependant du reste par son cadre, que j’ai trouvé particulièrement original. Sharakhaï se niche en effet au cœur d’un désert à l’atmosphère orientale, sur les dunes duquel glissent les bateaux. De toute l’histoire, nous ne quitterons quasiment pas la cité : Sharakhaï est un long huis clos captivant.

 

D’autres personnages gravitent autour de Çeda, auxquels on apprend à s’attacher doucement. J’ai malheureusement trouvé que l’auteur leur consacrait trop peu de temps : seuls quelques chapitres prennent le point de vue d’Emre ou de Ramahd. Au regard de la longueur du roman, c’est un peu faible et c’est dommage car il en ressort une impression d’entre deux un peu frustrante : il me semble que l’auteur aurait dû soit se consacrer intégralement à Çeda soit prendre le parti d’un roman chorale, mais j’ai trouvé qu’ici l’alternance ne fonctionnait pas très bien.

Par ailleurs tous ces protagonistes sont intéressants, quelle que soit la perspective par laquelle on les aborde. Le roman n’est pas très manichéen, et même ceux qui pourraient apparaître de prime abord comme les méchants sont en réalité plus complexes qu’ils en ont l’air. J’ai apprécié ce parti pris. Les 12 rois de Sharakhaï semblent par exemple moins dictatoriaux au fur et à mesure qu’on les approche : au-delà d’un égocentrisme trop simpliste, leur objectif n’est-il pas également de protéger la ville le mieux possible, même si les moyens qu’ils utilisent pour le faire sont contestables ? Il en va de même pour Macide, figure phare de la rébellion contre le pouvoir, qui se se révèle en définitive peu sympathique.

 

Le final est à la hauteur du reste de l’histoire, et permet de clore cette première partie tout en ouvrant sur la suite.

Ce premier tome de Sharakhaï est donc un roman dans lequel j’ai beaucoup apprécié me plonger, et dont je suis impatiente de découvrir la suite.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *