L’Appel de Cthulhu – Boîte de Base – Chaosium – EDGE Entertainment France

Je suis tombé dans l’univers de Lovecraft à l’âge de 12 ans, en lisant Le Cauchemar d’Innsmouth. Je n’en suis jamais vraiment sorti. La pratique du jeu de rôle en général, et celle de l’Appel de Cthulhu en particulier, a suivi rapidement derrière. Et je n’ai jamais arrêté. Et je pense que j’y jouerai encore longtemps.

L’annonce de la sortie de la traduction de la Boîte de Base par EDGE (nouveau détenteur de la licence VF), basée sur la V7, n’a fait qu’attiser mon envie d’en savoir plus.

C’est donc comme un gamin de 8 ans que j’ai fébrilement ôté le film protecteur qui protégeait ladite boîte après réception. Quelle ne fut pas ma déconvenue de voir que cette dernière s’est écrasée sous la – faible – pression exercée par le film plastique… Il est vrai qu’à la prise en main, j’avais bien senti une certaine fragilité. Mais à ce point !

Dans la boîte en elle-même, 3 livrets (4 si on compte celui qui reprend les indices que le Gardien peut distribuer aux joueurs au fil des scénarios), des fiches de prétirés, des feuilles de personnage vierge, un sachet et des dés en vrac dans la boîte. J’imagine que les dés devaient se trouver dans le sachet, mais que le transport a du les en faire sortir 🙂

De le contenu de la boîte :
Livre Un – un LDVLH de bonne facture. Seul l’emploi de l’écriture inclusive est discutable (de mon avis).

Un premier parcours rapide des livrets : c’est propre, avec une mise en page claire, aérée qui a l’air particulièrement lisible. Par contre, un contraste au niveau des illustrations : un fort décalage de style et d’ambiance entre certaines d’entre elles. Assez étrange comme choix. Autant les illustrations de couverture des trois livrets sont parfaitement dans le thème et l’ambiance, autant certaines illustrations intérieures sont très décalées – tout comme celles de prétirés, avec un côté « dessin animé » qui contraste pas mal.

Je ne reviendrai pas sur la photo de la couverture de la boîte : certains l’ont jugée très « Scooby dooesque ». Elle ne m’a quant à moi pas choquée du tout.

La boîte contient donc trois livret, qui sont :

  • Livre un : Seul·e contre les flammes.
  • Livre deux : Règles de base.
  • Livre trois : Celui qui dévorait les livres et autres aventures.

À lire dans l’ordre, afin d’assimiler en douceur les règles du jeu.

Livre un : Seul·e contre les flammes.

C’est donc ce premier livret qui ouvre le bal. Il est présenté sous la forme d’un livre dont vous êtes le héros afin d’assimiler en douceur les principes de base du JdR et de ceux de l’Appel en particulier, tout en plongeant le lecteur dans l’ambiance propre aux récits de Lovecraft et à l’atmosphère qui entourera les futures parties.

Et effectivement, il s’avère très didactique. Le lecteur est pris par la main et les différentes mécaniques lui sont expliquées au fil de l’eau, au bon moment, c’est à dire lorsqu’un événement ou une action nécessite un test/jet/whatever. C’est très intelligemment réalisé et permettra au débutant de découvrir en douceur tout ce qui fait le sel et la particularité d’une partie de JdR. L’histoire en elle-même est « classique » dans son thème et son déroulé, mais la narration, de qualité, permet de se plonger immédiatement dans l’ambiance.

MAIS. Parce qu’il y a un mais.

L’écriture inclusive.
Le contenu VO de la boîte. Les couvertures de la VF sont à mon sens plus agréables à l’œil.

Dans un livre dont vous êtes le héros, où la narration est au centre de la lecture, il faut, à mon avis, que cette dernière soit fluide pour emporter le lecteur. Et là… L’emploi de l’écriture inclusive m’a plusieurs fois fait décrocher. Tellement que j’ai failli refermer le livre sans aller au bout. Je ne comprends vraiment pas la raison de ce choix éditorial. Une envie de se démarquer ? De faire les choses différemment des autres ? De porter en avant un combat ? Peut-être. Sans doutes, même. Mais je trouve que ça dénature la lecture et que cela n’apporte pas grand chose à la cause, en fin de compte, et que cela déssert le récit et l’immersion du lecteur. D’autant qu’il y a des passsages où l’écriture inclusive a été oubliée. Du coup, ça fait un texte doublement bancal. Dommage.

Ceci mis à part, le livre remplit parfaitement son rôle initiatique et, une fois l’historie terminée, le lecteur aura une bonne idée de ce qui l’attendra par la suite.

Livre deux : Règles de base.

22 pages pour présenter les règles indispensables à une partie de l’Appel de Cthulhu. ici encore, le côté prise en main et explications par l’exemple est de mise. Faciles à lire et à comprendre, nul doutes qu’une seule lecture suffira à leur appréhension par le joueur débutant.

Livre trois : Celui qui dévorait les livres et autres aventures.

Des reliques que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître 😉

C’est le dernier livret du triptyque. Il contient 3 scénarios. Le premier est destiné à être joué par un seul investigateur plus le Gardien. Les deux autres sont conçus pour une table plus « traditionnelle ». Ils sont présentés comme étant de difficultés croissantes. Ici encore, le Gardien débutant sera intelligemment guidé pour mener à bien ses parties. En effet, de nombreux conseils (les « Notes à l’attention du Gardien ») interviennent à des moments clefs de l’histoire afin de bien expliquer au Gardien le pourquoi du comment d’un test et de ses éventuelles conséquences.

Quant aux histoires, ma préférence va pour la dernière – la plus originale à mon goût. Cela dit, les trois scénarios restent intéressants et poseront les « bonnes bases » de toute aventure au sein du Mythe pour les investigateurs débutants (qui le seront moins par la suite, à moins qu’ils aient déjà sombré dans la folie 😉 ).

Le livret supplémentaire regroupe quant à lui tous les indices à remettre aux joueurs au fil des scénarios. Un classique du genre, ici de fort belle facture.

Enfin, il y a les fiches d’Investigateurs prétirés (qui permettront aux débutants de directement jouer sans passser par la phase création) plus les traditionnelles fiches de personnage vierges.

Conclusion, donc ?

Une boîte d’initiation au JdR est TOUJOURS une bonne chose. D’autant quand elle concerne un jeu mythique comme l’Appel de Cthulhu. Chaosium et EDGE remplissent donc parfaitement leur contrat en proposant un ensemble cohérent qui permettra à de nouveaux joueurs de plonger avec délice dans la folie qui attend tout bon Investigateur qui se respecte.

Il est seulement dommage que l’écriture inclusive gâche en partie la lecture du premier livret.

Quoi qu’il en soit, je suis impatient de voir ce que vont donner les futures publications VF de ce mythique JdR !

NdA : il m’a été affirmé que si j’étais sorti de ma lecture, c’est que je n’étais pas capable de déchiffrer l’écriture inclusive. Cher(e) ami(e), sache qu’il n’est pas ici question de savoir ou non déchiffrer une forme d’écriture – ce que je pense avoir assimilé dans le cas de l’écriture inclusive, mais bien d’une histoire de fluidité à la lecture. D’autant quand il s’agit d’un récit. Rien d’autre ;).

À bon lecteur, salut.

4 Comments

  1. L’écriture inclusive du scénario solo est une calamité. Je ne comprend pas ce choix avilissant notre belle langue , d’autant que les ( vieux ?) rôlistes sont de grands lecteurs. Par idéologie ? pour « éduquer » les nouveaux rôlistes ?

    1. J’avoue que je ne comprends pas vraiment non plus ce choix. Se tourner vers EDGE pour avoir une réponse, peut-être ?

  2. Merci pour ce retour.

    L’effet « inclusif » est une mode qui passera.

    Je fais parti de ceux à qui ça raye les rétines mais … L’éditeur surf sur une mode venue des USA … Ma foi si ça ouvre un public plus large tant mieux.

    Le but est de s’amuser.

    Merci pour ton retour en tous cas 🙂

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