Naga Raja – Cathala & Riviere – Hurrican

Je vais encore être obligé de dire le plus grand bien de Bruno Cathala…

En même temps, difficile de trouver à redire au parcours du monsieur, tant les derniers jeux sortis de son esprit que j’ai eu l’occasion d’avoir entre les mains se sont avérés convaincants… Que ce soit Mr. Jack, AbysS, La Main du Roi ou encore Imaginarium (pour lequel j’avais fait un papier ICI), il n’y a en général pas grand chose à dire.

Et ici, c’est encore la même « rengaine ». On est devant un parcours sans fautes.

C’est quoi le principe de Naga Raja ?

Chaque joueur incarne un explorateur qui va aller parcourir un des deux temples jumeaux qui viennent d’être découverts en Inde afin d’être le premier à en débusquer les reliques cachées, tout en prenant grand soin d’éviter celles qui sont maudites (au nombre de trois), sinon c’est la damnation directe et la perte immédiate de la partie !

Voilà, simple, clair et précis.

Comment on joue ?

Les bâtonnets du destin (magnifiques), les dalles composant les temples et la tuile « piège ». De l’excellent matériel !

Chacun dispose d’un plateau de 3X3 cases représentant son temple. Qui est « vide ». En effet, un des gros intérêts du jeu vient du fait qu’à chaque partie, le temple est différent. Car on pose dessus des dalles, tirées aléatoirement chaque tour, qui vont permettre la construction dudit temple. Mais pour acquérir ces dalles, il va falloir les gagner 🙂 Chacun va en effet tenter de remporter la dalle en obtenant le score le plus élevé avec les « dés » – les bâtonnets du Destin – du jeu. Et on lance ces fameux dés en fonction des cartes que l’on va jouer chaque tour avant le défi, cartes que l’on acquiert au hasard, mais dans la gestion desquelles ressort un petit côté deckbuilding bien sympa ? 🙂

Compliqué dit comme ça ? C’est fait « exprès ».

Mais en fait c’est tout simple, et cela démontre la richesse et la diversité des mécaniques du jeu.

Après définition du premier joueur, chacun pioche 5 cartes. Puis vient la phase de défi, pour remporter la dalle. Chacun choisit 1 ou plusieurs cartes de sa main (avec une nuance que je vous laisse découvrir dans les règles, sinon c’est pas drôle), qu’il va jouer. En haut de ces cartes figurent le nombre de bâtonnets du destin que le joueur va pouvoir lancer. La valeur obtenue (en point) définira celui qui  reportera la dalle. Les najas obtenus permettront de déclencher les effets des cartes qui restent en main. Limpide et fourbe 🙂

Un début de temple, avec 2 dalles et 2 amulettes récupérées (désolé, la photo est légèrement floue – l’émotion, sans doutes ^^)

Deckbuilding, j’ai dit ? Ben oui, un peu. Parce que celui qui perd la manche devient le premier joueur, pioche les 3 premières cartes de la réserve, en conserve 2 et donne la 3eme à sont adversaire. Donc on construit sa main, tout en surveillant l’autre ! Retors à souhaits 🙂

Et je n’ai pas encore abordé d’autres détails qui ajoutent de la finesse au jeu sans pour autant le complexifier.

Par exemple, les 9 reliques de chaque temple sont placées de façon aléatoire en périphérie de ce dernier. Il faut un chemin direct pour pouvoir les récupérer (en partant de sa « base », c’est à dire la partie du temple la plus proche de soi). Sachant que (1) si on récupère les 3 reliques maudites, on a immédiatement perdu, (2) certaines actions de cartes permettent d’échanger – ou de faire pivoter – les dalles du plateau adverse, et que si le chemin est interrompu, on « perd » la relique et les points associés. Je continue ? 🙂

Non, je vous laisse la surprise de découvrir les – nombreux – effets de cartes et les conséquences sur le jeu, mais attendez vous à de MULTIPLES retournements de situation en cours de partie. Je pourrais également vous parler des amulettes, qu’on peut récupérer sur certaines dalles du temple, et qui octroient différents bonus (points, mais pas que ^^). Bref, vous l’aurez compris, la richesse du gameplay est très importante, et même si chacun joue « de son côté », il y a de multiples moyens de mettre des bâtons dans les roues de son adversaire. Et c’est ça qu’est bien (ben oui, on n’est pas là pour se faire de cadeaux, hein…)

Comment on devient le meilleur Indy ?

25 points. C’est la valeur globale des reliques que l’on doit obtenir pour remporter la partie. Mais sans avoir les 3 reliques maudites (qui rapportent le plus de point, évidemment, sinon c’est pas drôle ^^). Sachant que certaines amulettes rapportent des points. Et qu’il faut être le premier, évidemment, à parvenir à ce total. Et que si personne n’arrive à ce total quand toutes les dalles sont posées, c’est celui qui a le plus de points qui l’emporte.

C’est donc – encore une fois, un 10/10 pour M. Cathala (épaulé par Theo Rivière – et sans oublier la splendide mise en image de Vincent Dutrait). J’ai rarement vu quelqu’un enchaîner les cartons pleins de cette façon. C’est bluffant. Merci à vous, et vivement le prochain !

Rarement thermoformage aura été aussi parfaitement pensé. Chaque élément a sa place. Nickel !

Ah oui, impossible de ne pas terminer là-dessus, parce que ça nous a frappé. Tout dans ce jeu est réussi, jusqu’au thermoformage de la boîte. La preuve en image. Je connais bien des éditeurs qui pourraient en prendre de la graine. Même la finition de l’emballage a été pensée aux petits oignons. Si ça, c’est pas du talent… !

C’est édité par HURRICAN.

Distribué par Asmodée.

Et c’est un incontournable !

F.O.N.C.E.Z !

 

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