Side project de Matt Heafy, Ibaraki, propose un mélange très intéressant de black-death et de prog. Avec Rashomon il ouvre la première page de l’histoire de ce projet, grâce à dix chansons d’inspiration nipponne (le nom et l’artwork le laissaient deviner aisément). Un de ces albums inattendus qui sait séduire par ses qualités de composition mais aussi par quelques featurings bien trouvés.

Hakani Hitsuzen est une introduction surprenante, avec un petit côté guinguette française assez inattendu. Mais Kagutsuchi vient tout de suite remettre les pendules à l’heure avec plus de sept minutes d’un morceau alternant entre intensité sombre et le planant du prog. Au sein d’une même piste l’auditeur se retrouve avec « deux salles, deux ambiances » qui surprennent réellement. Et pourtant l’alchimie se fait totalement et j’ai été séduit. Ibaraki-Doji débute avec un phase prog très bien amenée, énervée et rythmée comme on aime, avant que la voix ne vienne s’ajouter. Très clairement il s’agit, pour moi, de l’une des chansons les plus intenses de l’album. Jigoku Dayu arrive ensuite avec son petit son de corde traditionnel. Le côté prog de ce morceau est vraiment intéressant et j’ai personnellement adoré son côté ballade qui vient s’enflammer puissamment par moment. L’émotion est forte et on la ressent. Tamashii  No Houkai et son petit son de jeu vidéo au tout début est assez fun, mais le black metal reprend vite ses droits et vient envahir nos oreilles. Autant la piste précédente débute doucement autant celle-ci se fait massive, intense, prenante. Komorebi et Kaizoku sont les deux dernières pistes que l’on doit uniquement à Heafy.  La premièe des deux pistes est de nouveau une balade aux grands moments intenses. La seconde, qui conclue l’album, reprend le petit air de guinguette proposé en introduction avec une petite chanson sympathique.

L’un des attraits de cet album ce sont également les collaborations qui y sont présentées. Akumu voit Heafy s’associer au roi du black metal Nergal. La combinaison des deux musiciens donne un mélange prenant de pur black intense et poisseux comme on aime. Ronin se fait plus planant avec Gerard Way, de My Chemical Romance. Un duo très réussi, dynamique comme j’aime avec de superbes envolées de guitares. Et enfin le troisième feat a lieu sur Susanoo No Mikoto et met en avant Ihsahn. Le chanteur d’Emperor nous propose de participer à une chanson de black metal teinté de la dynamique du death. De nouveau on retrouve la technicité des deux musiciens, leur maestria.

Avec Rashomon Matt Heafy rend hommage à une partie de ses origines de la plus belle des façons, en produisant un album aux nombreuses qualités. La composition est impeccable, les collaborations prestigieuses, l’ambiance et l’intensité sont là. Je ne trouve pas de bémol à cet album qui est très clairement impressionnant et démontre le talent du bonhomme. Bravo Mr Heafy !

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

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