Entretien avec Yann et Boris, de SaaR

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Est-ce que tu peux tout d’abord te présenter et nous expliquer ce que tu fais dans Saar ?

Yann : Je m’appelle Yann, j’ai 36 ans, je suis directeur d’une école de musique ainsi que professeur dans cette même école qui se nomme House of Rock. Dans SaaR, je suis guitariste et compositeur.

Boris : Moi c’est Boris, 34 ans, je suis ingé-son, je réalise des émissions à la radio, et on est potes avec Yann depuis une bonne dizaine d’années maintenant. On s’est rencontrés à l’époque de “The Last Day”, le premier véritable album de SaaR, que j’ai masterisé en 2012. On ne s’est ensuite plus quittés, puisqu’il m’a dans la foulée proposé de tenir la basse dans SaaR, suite au départ du précédent bassiste, puis on a monté PARLOR, notre side-projet chaotic-hardcore, ainsi que le festival Post In Paris, dont la prochaine édition devrait avoir lieu en juin prochain, après deux ans d’annulation suite à la crise sanitaire. On a déjà tracé un bon bout de chemin ensemble !

Comment en es-tu venu au metal, à la fois en tant que fan et en tant que musicien ?

Yann : J’y suis venu par le biais de groupes comme Metallica, Pantera, Machine Head, etc… C’étaient mes premiers kiffs “Metal”, la plupart je les ai découverts au lycée, et vu que j’ai commencé à faire de la guitare en voulant jouer Nothing else matters, j’ai assez rapidement, durant les mêmes années joué
du métal.

Boris : Je me souviens d’un voyage en Angleterre l’été juste avant de rentrer au lycée, ça devait être vers 2001, et j’avais rencontré les deux dudes les plus cools du monde, deux skaters qui écoutaient Rammstein, Slipknot et des groupes de punk-hardcore crasseux… On est devenus potes et je suis tombé amoureux de la musique… J’ai rapidement commencé la guitare en autodidacte peu après le voyage… Mais en vrai j’ai surtout pas mal poncé le “MTV Unplugged” de Nirvana et des covers de Metallica les premiers mois !

D’où vient le nom du groupe ? il est plutôt étrange pour le coup non ?

Yann : SaaR est une divinité chez les mésopotamiens, elle est représentée par un énorme poisson qui représente l’inconnu / les peurs de ce monde. Donc oui, le nom est étrange au vu de sa signification.

Comment définirais-tu la musique de Saar ?

Yann : Elle se veut transcendantale, l’auditeur doit fournir un effort pour arriver à apprécier complètement notre musique, elle n’est pas accessible au premier abord.

Boris : Elle peut apparaître austère à la première écoute, dense et complexe, il y a définitivement un élément de transe associé à la répétition, qu’on peut ressentir nous-mêmes en jouant ensemble, c’est définitivement mon projet le plus halluciné.

Gods est le troisième album du groupe. Comment s’est passé le travail dessus ? Qui écrit quoi ?

Yann : Je compose les squelettes des morceaux ( guitares, bass & batt ), la plupart du temps sur mon ordinateur, puis je les propose aux gars, et après on remanie tous ensemble.
Gods est un album qui contient des compos datant de 2014 ( Truth ) jusqu’à 2019 ( Gods – Bridge of death ). Il m’a fallu du temps pour trouver mon fil rouge, et une fois trouvée en 2018, le reste s’est mis en place.

Boris : Yann compose en effet la quasi-totalité des structures des morceaux, il nous les propose et on les remet en forme avec notre son et notre propre sensibilité en tant que musiciens. On a également beaucoup travaillé sur les improvisations en studio à une époque, bien qu’on soit revenus à une approche plus écrite et travaillée sur “Gods”. En ce qui concerne le titre “Styx” par exemple, Yann voulait une amorce avant la fureur de “Tiresias”, une interlude calme et inquiétante qui reprenne une partie de la progression harmonique de ce morceau-fleuve de presque dix minutes, condensé en trois. Il m’a proposé des motifs mélodiques, retravaillés en résidence avec Julien Sournac, de WOLVE, qui nous a également beaucoup aidé sur les arrangements de “Gods”. Au final, cette track n’est donc pas qu’un simple solo de basse, mais une track composite qui doit autant à chacune de nos sensibilités, et qui marque une respiration bienvenue au cours de la traversée périlleuse que constitue l’album.

Où trouves-tu l’inspiration quand il s’agit d’écrire de la musique ?

Yann : Dans plein de choses, le cinéma, les jeux vidéos, la littérature et bien sûr la musique elle-même, en règle générale dès qu’un média m’interpelle, je vais m’en servir d’une manière ou
d’une autre.

Quelle est ta piste préférée de cet album, et pourquoi ?

Yann : Bridge of Death et Truth, je n’arrive pas à en départager une de l’autre. Bridge of Death pour le parcours de cette compo, le cheminement de cette musique, les riffs, le
thème abordé. Truth pour le chant de Julien qui me touche toujours aussi facilement après moult écoutes !

Boris : J’ai une affection particulière pour “Ulysses”, car sa gestation s’étale sur de nombreuses années, elle a été énormément remaniée en résidence, et on a investi une énergie folle à lui trouver
une structure stable. On l’avait interprétée plusieurs fois en live bien avant l’enregistrement de l’album, on l’avait même tentée avec du chant – avec la voix d’Arthur de PARLOR… Je trouve toujours la fin très belle, un des moments planants de l’album les plus jouissifs à jouer en live.

Pourquoi avoir choisi cette photo d’un immeuble vu d’en bas en guise de pochette ? Quelle signification mets-tu derrière cela ?

Yann : Pour sa signification, la tour de Babel qui pointe vers les cieux, tel un défi de vouloir atteindre les dieux. Pour l’esthétisme de cette photo, je la trouve superbe, la composition, le cadre. Alex à fait un travail incroyable.

Boris : Big up à Alex, qui non seulement tient la guitare avec Yann dans le groupe, mais est également un excellent photographe, avec un œil à nul autre pareil. On est ravis d’avoir l’occasion de mettre l’une de ses photographies noir et blanc en valeur avec cette cover, qui a fait l’unanimité parmi les membres du groupe.

Qu’y-a-t-il de prévu niveau clip pour soutenir cette nouveauté Un clip est déjà sorti pour le morceau Gods mais d’autres choses sont-elles prévues ?

Yann : Oui, on aimerait beaucoup faire un clip de Truth.

Saar revient sur les planches dès que c’est possible ? Des choses de prévues déjà ?

Yann : Il devrait avoir un très beau concert pour avril / mai, en compagnie de Ovtrenoir et Maudits.

2021 a été très riche en sorties d’albums. Quel serait ton album de l’année ?

Yann : Gojira : Fortitude / Bossk : Migration

Boris : Squid “Bright Green Field” // Black Country, New Road “For the first time” // Amenra “De
Doorn”

Merci pour tes réponses et à bientôt au détour d’un concert !

Boris : Merci à toute l’équipe d’Emaginarock, et à tous prenez soin de vous, et à bientôt en concert –
on croise les doigts!!

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

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