Entretien avec Valentin, chanteur et guitariste d’Insolvency

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Est-ce que tu peux tout d’abord te présenter et nous expliquer ce que tu fais dans Insolvency ?

Salut, merci à toi, moi c’est Valentin, je suis fondateur et guitariste/chanteur du groupe Insolvency.

D’où vient le nom du groupe ?

On voulait un nom qui soit efficace, qui sonne bien, et après pleins de propositions différentes on a retenu celui-ci.

Comment en es-tu venu au metal, à la fois en tant que fan et en tant que musicien ?

Je suis arrivé à ce style de musique à travers la guitare. Quand j’ai commencé à jouer à 14 ans, j’écoutais un peu de rock, mais pas des trucs violent (genre Oasis et Red Hot Chili Peppers), puis j’ai découvert l’intro de Fade To Black de Metallica et ça été la porte d’entrée dans les ténèbres pour moi ! (rires)  Je suis devenu un gros fan de Metallica, puis ensuite de Children Of Bodom, puis Trivium, et depuis je ne me suis jamais arrêté d’être passionné par le metal.

Même si maintenant, j’en écoute moins souvent car pour moi c’est important en tant que musicien d’avoir des goûts éclectiques et de s’ouvrir aux autres styles, sans jamais s’enfermer dans un seul. Je suis plus sur du post-rock, synthwave et lo-fi en ce moment. Mais a chaque fois que je reviens au metal je sens que c’est le style de musique qui me prend aux tripes, que c’est de là que je viens et je ne ressens pas cette intensité dans ce que je peux écouter d’autres.

La musique d’Insolvency semble être devenue plus metalcore au fil du temps que death mélo. Y a-t-il une raison à ce virage ?

Je pense qu’on n’a jamais fait du death melo en fait ! (rires)

On a toujours eu pas mal d’influences différentes dans le groupe, mais les principales ont toujours été les groupes de metalcore qui ont formé notre jeunesse, (genre Bullet For My Valentine/Trivium, etc..) et ces influences se ressentent vraiment sur le premier album. Mais c’est vrai qu’il y a une évolution de style entre Antagonism Of The Soul et Illusional Gates. On a voulu faire un album plus efficace et puissant. On s’est accordé plus grave, on a mis moins de solo et plus de passage ambient porté par des synthés très présent. Ça reste donc du metalcore comme on a toujours fait mais plus moderne et plus efficient !

Illusional Gates est le nouvel album du groupe, le second. Comment s’est passé le travail dessus ?

A distance ! (rires) Cet album, ça fait un moment qu’on le prépare, puisqu’on avait déjà composé des morceaux qui se trouvent dessus en 2019. Le processus a été très freiné par la crise sanitaire qu’on a vécu, mais avec le recul ça a eu impact positif de pouvoir prendre notre temps pour peaufiner les morceaux et pour même en écrire d’autre pendant le confinement ! (rires) Mais on a l’habitude de bosser à distance, car on est tous éparpillé à travers la France.

Les compositions de cet album ont principalement été écrites par Pierre (notre bassiste/chanteur) Il a apporté le squelette des musiques instrumentales et ensuite on a retravaillé plus ou moins dessus ensemble. Pour les parties voix on a apporté tous les deux des idées en tant que chanteur puis on a ajusté en prenant le meilleur des idées de chacun.

On a subi un changement de line-up qui a été compliqué pour nous également, Mickael notre ancien batteur et aussi fondateur du groupe est parti et on a mis du temps à retrouver un batteur qui fasse l’affaire. Puis on a rencontré Prosper, un batteur et un mec incroyable qui a su gérer totalement les compos qu’on avait écrites.

L’ensemble des compos était donc déjà posé avant de retrouver un line-up complet, il nous manquait juste un batteur pour enregistrer ! Les tracks guitares, basses et chant ont été enregistrés chez nous et la batterie enregistrée dans un studio local de notre région.

On a ensuite envoyé tout ça au mix chez Jim Pinder du Treehouse Studio aux UK qui avait également fait un super taff sur notre premier album, et pour la cerise sur le gâteau on l’a fait masterisé par Tyler Smith.

Le titre signifie-t-il que le groupe gagne en maturité, qu’il a perdu ses illusions ? Ou bien cela a-t-il une signification plus sociétale ?

Effectivement on a bien évolué depuis le précédent album, qui était comme je disais plus un album d’ados ! On a pris en maturité et en conscience sur le monde qui nous entoure, que ce soit dans nos vies perso/ pro/ ou musicale on a vécu beaucoup de haut et de bas et cet album raconte vraiment bien toutes les différentes émotions qu’on a pu ressentir.

Où trouves-tu l’inspiration quand il s’agit d’écrire de la musique ?

On s’inspire beaucoup de ce qu’on vit et de ce qu’on ressent pour les paroles. On aime également les côtés très ambient des musiques de films, qu’on peut retrouver sur nos instrumentales, ou on veut raconter également une histoire et transmettre des émotions à travers des mélodies plutôt que des paroles.

Quelle est ta piste préférée de cet album, et pourquoi ?

Toutes ! (rires) On s’est tellement investis dans chacune des musiques de l’album qu’elles ont toutes une signification et une importance singulière pour nous.

Mais si je devais en choisir une, je choisirais le titre éponyme de l’album, « Illusional Gates ». Elle est vraiment représentative de tout ce qu’on peut proposer, du groove, de la mélodie, des passages ambient et des refrains fédérateurs. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle l’album s’intitule comme ça.

Comment s’est déroulé le travail sur l’artwork de l’album ? Il est assez graphique et a probablement une signification particulière. Tu peux m’en dire plus ?

L’idée de la pochette est partie du titre « Illusional Gates », on voulait quelque chose de très imagé et sombre. Effectivement comme je le disais cet album représente des moments très difficiles dans nos vies et on voulait une ambiance représentative de ça. On peut y voir les portes qu’on croyait ouvertes pour nous et qui se sont fermées ou disparues telles des désillusions que nous avons eues. Le tout se trouvant dans une pièce sombre, atmosphère dans laquelle on a avancé lors de la composition de l’album, puis les bout de verres brisés qui sont nos rêves cassés en morceaux. Pas très joyeux tout ça je te l’accorde ! (rires)

Sinon pour le travail des designs j’ai proposé des croquis aux gars du groupe et on a validé ce concept ensemble. Ensuite on est passé par un designer pro qui lui a mis en forme tout ça.

Qu’y-a-t-il de prévu niveau clip pour soutenir cette nouveauté ? Bindness et Torn Away Inside sont déjà sortis mais d’autres choses sont-elles en production ?

Effectivement on a des choses qui se prépare en off ! Mais en plus des clips que tu as cités, on a également sorti une lyrics vidéo pour notre titre « The Endless Maze », pour mettre en image ce morceaux violent et lourd avec la voix de Ryan Kirby de Fit For A King, qu’on a eu la chance d’avoir en featuring.

N’est-ce pas trop compliqué de se mettre en scène devant la caméra lorsque l’on est musicien ?

Je pense que quand on est musicien et surtout chanteur, on se doit de se mettre dans un rôle et donc de procéder comme un acteur, en incarnant un personnage sur scène ou devant la caméra. C’est très important car c’est ce qui permet de se lâcher à fond et donner le meilleur de soi même à mon sens.

On vous retrouve quand sur scène ?

On joue le 11 Juin par chez nous au Chaudron à Auxon avec des groupes locaux, Survival Zero et Rankken. Le 20 Mai à la Chapelle Argence à Troyes avec Disconnected et Deficiency. Puis au festival Horizon Fest le 3 Juillet avec pleins de groupes de malades dont Terror le même jour que nous ! On peut retrouver toutes ces infos et les autres news du groupe sur nos réseaux sociaux.

2021 a été très riche en sorties d’albums. Quel serait ton album de l’année ?

Je dirais « Lost In Waves » de Landmvrks, ces gars la font quelque chose de giga efficace qui mélange plein d’influences différentes et on sent qu’ils ont bossé tous les détails sur chaque morceau. Ça a été une des grosses claques de l’année 2021 pour moi, et c’est Français !

Merci pour tes réponses et à bientôt au détour d’un concert !

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

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