J’ai été séduit par Le Sang et la Chance de Hélène P. Mérelle il y a quelques semaines, et je lui ai même posé quelques questions à l’occasion de cette sortie. Mais au départ l’autrice s’ets faite connaître grâce à sa première trilogie de fantasy, toujours chez Bragelonne, L’Automne des magiciens. Le premier tome La Fugitive a su me séduire malgré quelques défauts assez pénibles. Petite plongée aux côtés d’Octavianne dans la magie, et dans la vie !

Octavianne, huitième fille de la reine d’Elgem, a grandi dans le palais royal. À seize ans, sa soeur aînée régnante veut la marier contre son gré. Acculée, Octavianne s’enfuit et mène une vie d’errance, avant d’intégrer une école de magie runique où elle apprend à maîtriser ses pouvoirs naissants. Elle rencontre un jour Adalgis, un chasseur mi-homme, mi-lion qu’elle sauve et guérit. Mais bientôt Octavianne apprend que sa soeur est morte sans héritière, et que des assassins sont à ses trousses…

On découvre dès la première page Octavianne, princesse d’Elgem, et qui portera plusieurs autres noms au fil du roman, et surtout on entre dans son destin atypique. Sa sœur, la reine souhaite la marier pour mettre en place une alliance mais celle-ci refuse et s’enfuie. A partir de là elle va prendre son destin en main, tenter d’apprendre la magie et devenir la femme qu’elle a toujours voulu être. Ce roman clairement initiatique est à la fois très classique et passionnant. Il est assez classique car on est habitués, en fantasy, aux jeunes héros qui découvrent leurs pouvoirs, apprenant aux côtés de leurs camarades à combattre le mal. Mais Hélène Mérelle vient se démarquer tout d’abord par l’absence de mal à proprement parler. Ici le mal réside dans Prime, la sœur d’Octavianne qui veut l’enfermer dans une cage. Et c’est finalement cette quête incessante de liberté, de la capacité de se défendre, de devenir indépendante qui va faire le côté passionnant du roman.

Toutefois la seconde moitié devient un peu trop centrée sur les aléas sentimentaux et sexuels de l’héroïne et c’est assez dommage. De même la présence trop constante de scène de presque-viols m’a un peu gêné. Que cela se produise, que l’héroïne s’en sorte en étant grandie, je n’ai aucun problème avec ça, mais cette répétitivité et cette absence de traitement de fond de cette problématique m’a surpris. La seconde partie manque de fait un peu d’intérêt par rapport à la première, même si cela peut s’expliquer par le statut de premier roman de ce livre.

Les personnages sont importants dans ce roman. Tout commence avec Octavianne bien entendu, et son besoin de se sentir libre, de s’émanciper, mais pas seulement. Au fil des chapitres elle est accompagnée de figures fortes comme Gungor par exemple, ou encore Adalgis, qui viennent l’aider à avancer dans la vie, l’aidant à devenir plus forte, plus indépendante. Leur psychologie est bien construite, on sent que l’autrice a cherché à développer au maximum cet aspect et à proposer quelque chose de très bien fait.

Le style de Hélène P. Mérelle est simple et fluide. Elle décrit avec talent les scènes, ne négligeant pas les détails tout en laissant une part d’imagination à son lecteur. Les dialogues s’enchaînent bien, la manière de construire l’action est impeccable, il n’y a rien à redire de ce point de vue.

La Fugitive est donc un livre attirant : passionnant dans sa première partie, il perd un peu d’intérêt sur la seconde du fait de la récurrence des ébats combinés aux disputes et autres avec Adalgis. C’est un peu dommage car l’autrice tenait quelque chose : même si elle ne brisait en rien les codes de ce type de fantasy elle proposait quelque chose de sympathique à lire, de fluide et prenant. Je suis curieux de voir ce que le second tome va avoir à nous proposer et si l’autrice va changer son fusil d’épaule et revenir à une aventure plus large et immersive.

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

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