Entretien avec Lucile, directrice de la collection Star Wars chez Pocket

Les univers de Star Wars déchaînent toujours autant les passions, tant au cinéma qu’en bande-dessinée ou bien encore en roman. Lucile Galliot, directrice de la collection Star Wars chez Pocket, et également traductrice, a accepté de répondre à nos questions. Une occasion d’en apprendre plus sur son amour de l’univers mais également sur le futur des séries en cours ou celles à venir en 2022 !

 

Bonjour Lucile, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Peux-tu te présenter et nous expliquer quel est ton rôle au sein de Pocket ?

Bonjour emaginarock ! Merci à vous de me donner l’occasion de parler des romans Star Wars ! Je m’appelle Lucile Galliot. Je suis traductrice littéraire et je m’occupe également de la collection Star Wars pour les éditions Pocket. Ce qui veut dire qu’en plus de traduire un roman Star Wars de temps à autre, je me charge du suivi de tous les autres depuis le choix du programme jusqu’à sa promotion sur les réseaux en passant par toutes les étapes de travail du texte.

Comment es-tu devenue directrice de collection ? D’où t’es venue cette passion des livres, et plus particulièrement de l’imaginaire ? Est-ce que Star Wars est pour toi une vieille passion ou bien c’est venu au fur et à mesure ?

Cela fait trois ans que je suis directrice de collection. Et cela s’est fait de façon plutôt inattendue ! La passion des livres m’est venue progressivement. Après une filière scientifique qui ne me comblait pas tout à fait, j’ai fait une prépa littéraire où j’ai réalisé à quel point une bibliothèque pouvait renfermer des trésors. C’est là aussi que j’ai découvert le plaisir de traduire, le goût du mot juste et le bonheur de transmettre. L’imaginaire, j’ai toujours baigné dedans que ce soit par les films ou les premiers livres vers lesquels je m’étais naturellement tournée : Tout Tolkien, bien sûr, mais aussi La Roue du Temps, L’Assassin royal, les Gemmell, La Compagnie noire… J’ai eu une période très fantasy, comme vous pouvez le voir, mais avant tout ça, il y avait eu un premier amour : Star Wars ! Ils ont été mes premiers romans et mes premiers romans en anglais, également. Alors quand j’ai eu l’opportunité de traduire du Star Wars pour la Bibliothèque verte, j’ai sauté sur l’occasion. Puis j’ai proposé mes services à Pocket et ce sont eux qui m’ont par la suite confié la collection. Je ne m’y attendais pas du tout ! J’ai bien sûr été ravie.

Tu t’occupes donc plus particulièrement de Star Wars. Première question : quelle impression cela fait de s’occuper d’une collection avec un tel bagage ?

C’est très intimidant ! D’autant que je viens moi-même de ce fandom exigeant, et que je suis donc tout à fait au courant de ce qu’ils attendent de nous : fidélité au texte, homogénéité de la terminologie, compréhension – et donc bonne traduction – des références, etc. Je me retrouve également à côtoyer des auteur(e)s que je lis depuis toute jeune ou pour lesquel(le)s j’ai beaucoup d’admiration. Donc c’est sûr que je sens un certain poids sur mes épaules, et en même temps, c’est si satisfaisant de faire le métier de ses rêves que cela rend la tâche beaucoup plus légère.

Star Wars est un univers qui fait rêver grands et petits depuis plusieurs décennies. Comment expliques-tu l’engouement et la pérennité de cette licence ?

C’est une licence qui se renouvelle à chaque génération. On voit bien que chaque génération est très attachée à la trilogie de son enfance. Nous verrons bien, d’ailleurs, ce qu’il en sera pour la postlogie dans les prochaines années. Et c’est aussi une licence qui est le fruit de tout un éventail de créateurs très différents les uns des autres. Dans les romans, c’est la même chose : on trouve des styles et des thématiques extrêmement variés, qui font que tout le monde finit par y trouver son compte. Que l’on soit passionné de l’histoire Sith, de l’Ordre Jedi, des héros de la Rébellion, des arcanes de l’Empire, des intrigues politiques, ou plus intéressé par l’action et les aventures vécues par les contrebandiers ou les chasseurs de primes, il y a de tout !

En plus de la direction de collection tu es surtout traductrice. Comment travailles-tu sur cet univers foisonnant et riche et où le fan absolu ne pardonne aucune erreur de nom par exemple ?

Une des premières choses que j’ai faites quand on m’a confié la collection, ça a été de proposer à Disney de créer un glossaire et une charte éditoriale commune pour tous les éditeurs français de la licence. Mon expérience de lectrice, puis de traductrice m’avait bien montré à quel point il était difficile de travailler sur une licence vieille de trente ans (les romans sont surtout apparus au début des années 90). Il n’y avait pas vraiment de règles communes. On se contentait de suivre l’usage. Un usage qu’on estimait un peu au doigt mouillé. Ces outils existent à présent et ils nous aident vraiment au quotidien. L’autre béquille indispensable, ce sont les encyclopédies en ligne, US et françaises, qui ont abattu un boulot incroyable pour recenser les termes spécifiques à Star Wars.

J’ai déjà entendu dire que les lecteurs rejetaient souvent les romans tirés de licences car ils les considèrent comme mal écrit et trop basiques. Qu’as-tu envie de leur répondre pour les détromper ?

Je pense qu’au-delà du style de l’auteur et de la complexité de l’intrigue, la qualité de la traduction n’a pas toujours été au rendez-vous, ce qui a eu pour effet de ternir l’image de ces livres tirés de licence. Pour SW, cela a été particulièrement vrai dans les années 2000. La fidélité au texte est désormais une règle d’or pour nous. Pour le reste, les styles sont tellement variés d’un livre à l’autre que je ne pense pas possible de poser un jugement global. Les intrigues de Timothy Zahn ou de James Luceno, par exemple, se révèlent extrêmement construites et denses, celle d’une Claudia Gray vont être faussement simples au profit de l’évolution des personnages et de la qualité des dialogues. Alexander Freed va passer de longues pages sur la description d’une bataille spatiale quand E. K. Johnston sera bien plus intéressée par les états d’âme et les questionnements intérieurs de ses héroïnes… Il est donc tout à fait possible, quand on est bien conseillé, de faire son marché dans tout ce qui est proposé pour prendre ce qui nous correspond au mieux.

Le programme 2022 des titres Star Wars est déjà connu. Que peux-tu nous révéler dessus à l’heure actuelle ?

Ce que je peux vous dire, c’est qu’au-delà des sept titres annuels prévus chez Pocket – dont 5 sont déjà connus : 4 romans Haute République et la suite de la nouvelle trilogie sur Thrawn – de nombreuses surprises vont émailler l’année avec l’arrivée de livres audio Star Wars chez Lizzie, la numérisation de plusieurs titres « Légendes » chez 12-21 et la publication d’un grand format très spécial chez OutreFleuve, un roman inspiré de l’épisode Le duel de la série Visions sur Disney + : Ronin, où l’auteur s’amuse à marier la culture nippone des samouraï, la thématique du cow-boy solitaire au passé inavouable et la mythologie Star Wars…

Encore une fois, difficile de faire plus éclectique !

Les couvertures liées aux romans de ta collection sont aussi très réussies. Comment les travailles-tu ? S’agit-il de la même que la version originale ou bien as-tu plus de liberté ? Et quelle serait ta préférée parmi toutes celles que tu as vu sortir ?

Nous prenons très souvent la couverture d’origine, car elles sont souvent très belles telles qu’elles sont ! Mais il est arrivé à quelques reprises, et cela devrait se reproduire sous peu, que nous utilisions une couverture d’une autre édition (collector, le plus souvent). Je suis particulièrement fière de celle de Chaos croissant, le premier roman de la trilogie Thrawn L’Ascendance, d’autant que l’artiste qui a réalisé cette merveille, Magali Villeneuve, est française !

Si tu devais conseiller quelqu’un pour l’aider à se lancer dans les versions romanesques de Star Wars, quels livres seraient les premiers à lire ?

Comme je le disais, il est difficile de conseiller la même chose à tout le monde ! Cela va beaucoup dépendre de ce que cette personne aime le plus dans la licence. Mais pour ceux qui aiment les Jedi et l’action, sautez sur les romans de La Haute République, une nouvelle épopée littéraire qui vient de commencer et qui se situe au moment de l’âge d’or de l’ordre Jedi et de la République. Le premier roman s’appelle La Lumière des Jedi et il est aimé par un panel extrêmement large de lecteurs. La suite, L’orage gronde vient tout juste de sortir, d’ailleurs.

Pour ceux qui préfèrent les histoires autour des Sith, je conseillerais aussi la trilogie de Dark Bane, ainsi que le roman Dark Plagueis qui sont nos bestsellers depuis des années.

Toutefois, il existe une myriade de portes d’entrée à la littérature Star Wars. Selon les personnages ou les périodes qui vous plaisent le plus. La meilleure méthode pour se lancer, c’est de demander conseil ! Les différents réseaux sociaux de Pocket imaginaire (sur twitter, Facebook et Instagram), mais aussi les groupes de lecteurs, les sites de fans et les encyclopédies en ligne sont là pour vous guider !

Quel est ton personnage préféré de l’univers ? Et quelle période historique ? Et bien entendu pourquoi dans les deux cas ?

J’ai un faible flagrant pour deux personnages : Han Solo et Obi-Wan. Deux figures masculines très différentes, mais également complémentaires, qui forment l’homme parfait à mes yeux !^^

Pour ce qui est de la période, j’ai adoré lire sur celle qui suit Le Retour du Jedi pendant mon adolescence et j’aime la voir se déployer sous nos yeux dans The Mandalorian ou le Livre de Boba Fett. Mais bien sûr la Haute République habite presque toutes mes pensées en ce moment !

Si tu ne pouvais sauver qu’un seul livre des collections Star Wars, lequel serait-ce ?

Mon vieux tome de L’Héritier de l’Empire, je pense, le tout premier de ma collection !

Merci pour tes réponses et à bientôt au détour d’une planète étrange et que la Force soit avec toi !

 

 

 

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

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