3 questions à Pauline Sidre, autrice de Marie de pluie

Marie de pluie est une novella publiée au sein des éditions Ogmios qui m’a vraiment interpellé. Proposant un fantastique classique, efficace, prenant, le tout en très peu de pages, avec un véritable final. J’ai donc voulu continuer cette série d’interviews, en trois questions, avec son autrice, afin d’en savoir plus sur son procédé créatif, sur la manière dont elle a conçu sa novella et là d’où elle a tiré son inspiration…

D’où t’es venue l’idée première de ton récit, cette maison isolée, cette Marie dans le cimetière…

Bonjour et merci pour ces questions ! Comme souvent, plusieurs idées se sont rencontrées. Au moment où je découvrais l’appel à textes des éditions Ogmios pour l’ouverture de la collection Obscure, j’étais dans ma famille, au cœur des Hautes Vosges. Depuis la maison de ma grand-mère, située dans la vallée, on aperçoit quelques fermes perdues dans les forêts en surplomb – et je me suis parfois demandée ce que ça faisait de vivre si isolé, en particulier quand la météo n’est pas fameuse. Avec ça, une de mes tantes m’a raconté une anecdote assez insolite : mon cousin venait d’acquérir une ferme immense, délabrée, qui n’avait absolument pas été vidée (même le réveil était encore en marche) et qui regorgeait de surprises.

C’est donc le décor qui s’est imposé en premier, complété par plusieurs maisons que j’ai habitées ou visitées (comme ma maison d’enfance qui possédait une cave absolument effrayante, avec des rats, des araignées blafardes et trop peu d’ampoules au plafond). Je me suis ensuite décidée pour une histoire de famille, parce que j’adore ça, les secrets de famille, les trésors dénichés dans les greniers, les anecdotes qu’on se partage de génération en génération.

Comment as-tu conçu ton histoire au moment de l’écrire ? Est-ce que tu avais déjà tout en tête au moment de te lancer, ou bien tu t’es laissée porter ?

Quand j’écris, je suis toujours désorganisée. J’ai essayé de prendre des notes, de faire des plans… mais rien à faire, je ne les suis jamais ! Lorsqu’une idée me semble suffisamment intéressante, je rédige le début. Ce n’est que s’il me plaît, si je n’ai pas l’impression d’aller droit dans le mur, que je poursuis le projet. Pour Marie de pluie, je n’avais que quelques images et à peu près la ligne directrice. Une bonne partie de l’intrigue s’est fixée pendant la rédaction du premier jour. Dans mon tout premier essai, par exemple, il n’y avait qu’Elsa, et c’est en écrivant ce début que j’ai eu l’idée d’ajouter son frère Lucas, pour donner un deuxième point de vue.

Le point marquant de ta novella ce sont tes personnages. Comment les as-tu travaillés ? Aussi bien leurs caractères que leurs interactions ont une grande importance dans le récit…

Dès le départ, je voulais rester dans un fantastique plutôt classique, avec l’irruption d’un surnaturel dérangeant notre réalité ; pour ça, j’ai essayé de mettre en scène des personnages principaux assez quelconques. Elsa et Lucas sont des prénoms courants, elle est étudiante en master, lui aime dessiner… Ce sont des personnes assez communes, sans histoire compliquée ou passé trouble. Ça me permettait de marquer plus brutalement la survenue de l’étrange.

Comme je le disais avant, il n’y avait qu’Elsa dans ma première version. Ajouter Lucas m’a permis d’aborder l’intrigue de deux manières – puisque les filles et les garçons ont des destins différents dans cette famille maudite. De plus, Elsa et Lucas n’ont pas les mêmes attentes, pas la même curiosité ; chacun va alors explorer la ferme et la montagne à sa manière. Et puisqu’ils ne s’entendent pas très bien, ils ne vont pas partager leurs informations, ce qui était aussi un élément important pour la conduite de l’intrigue.

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

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