3 questions à David Bry pour la sortie du roman Le Chant des géants

Je suis tombé amoureux de la plume de David il y a maintenant plus de dix ans, au moment de la sortie de La Seconde chute d’Ervalon, sa toute première trilogie de fantasy. Depuis de nombreux livres sont sortis, et son dernier, Le Chant des géants, sorti chez L’Homme sans nom, m’a tout simplement ravi de la première à la dernière page. J’ai donc décidé de lui poser trois questions dessus, afin d’en savoir un peu plus sur la manière dont cette histoire est sortie de son esprit…

David, ton nouveau roman, Le Chant des géants, est sorti il y a peu de temps. D’où est venue la première bribe du rêve éveillé que nous fait vivre avec ce titre ? Comment t’es venue cette magnifique histoire ?

Merci ! Et très heureux que tu aies aimé Le Chant des géants.

Le point de départ de cette histoire, c’est Shakespeare. Je le dis souvent, je suis un grand admirateur de Shakespeare, de sa manière d’écrire et mettre en scène les sentiments humains. Il y a donc du Shakespeare dans cette histoire, du Roi Arthur aussi. Mon imaginaire s’est bâti à partir de beaucoup de choses, de beaucoup de lectures, mais ces deux éléments-là, les pièces de Shakespeare et les légendes du Roi Arthur, sont vraiment des fondamentaux.

Après, de manière un peu plus concrète, je voulais écrire une tragédie épique, guerrière, avec des cris d’amour et de mort. Tout le contraire de Que passe l’hiver, un de mes précédents romans, où la tragédie se vit dans la solitude. En ce sens, Le Chant des géants et Que passe l’hiver sont presque des miroirs, même si l’histoire en elle-même et le sujet qu’ils traitent sont très différents.

Les thèmes du Chant des géants sont assez classiques : l’amour, la jalousie, la mort. Mais je crois que, tant que nous aimerons et vivrons, ils continueront de nous passionner, et de me passionner en tout cas.

La brumenuit n’a pas été sans me rappeler l’Histoire sans fin, un des premiers films puis livres de fantasy étant tombé dans mes mains. Finalement même en fin de roman tu l’explicite assez peu. Comment est née cette idée ?

Sans vouloir trop en dévoiler, la brumenuit, c’est le néant, celui qui menace l’existence même de toute chose. C’est une sorte de mort, mais elle est plus que ça encore. Elle est la mort et l’oubli, quand la mort n’est pas forcément une fin. La preuve ? Certains de nos héros meurent, mais continuent de vivre dans nos histoires. La brumenuit, c’est la mort absolue.

Est-ce que au final en tant qu’auteur de cet histoire tu n’es pas le triptyque de géants à toi tout seul, à savoir Fraech, Leborcham et Baile ? tu as tout créé de toutes pièces et nous a dirigé au cœur de ce rêve… Quel aspect de ce trio préfères-tu d’ailleurs ?

Si, bien sûr, je suis un peu ces géants dont je parle, dans la mesure où j’ai imaginé, inventé ce monde-là, ces personnages-là, cette histoire-là. Mais si les géants rêvent, ils vivent tout autant l’histoire, en sont les spectateurs. En ce sens, le lecteur est lui aussi, tout comme moi, un des géants de Oestant. Et je trouve ça très touchant, d’ailleurs, cette idée de se mettre presque à la même place, l’auteur et le lecteur, celui qui raconte et celui qui accueille l’histoire. Nos histoires se partagent, ne vivent que grâce à ce partage. Il ne faut jamais l’oublier.

Devoir choisir entre les géants, zut, pas facile ! J’aime la bravoure dans les histoires, je crois que sans courage, on n’arrive à rien. Leborcham est une forme de la nature, et je ne m’en cache pas : j’adore la forêt, la montagne, la brume. Mais si, vraiment, je devais choisir, ce sera Baile. Parce que si je n’avais pas été écrivain j’aurais aimé être musicien, et que sans la mort, il n’y a pas de vie. Alors, ce sera Baile.

Question subsidiaire : as-tu prévu de revenir à Oestant ou bien comme la plupart de tes œuvres vas-tu passer à autre chose une fois cette page terminée ?

En effet, comme d’habitude : je vais passer à une autre histoire. En dehors de ce que je fais en jeunesse, où les romans sont courts, je n’aime pas trop l’idée de faire une série. J’aurais peur de m’ennuyer, peur d’ennuyer le lecteur également. Contrairement à d’autres, je ne suis pas un bâtisseur, je créé mes mondes un peu comme des scènes de théâtre. Ils sont là pour servir une histoire, des personnages. Je ne montre que ce qui est indispensable, le reste, je ne l’invente pas. Et quand vient le temps de raconter autre chose, je change le décor. Cela ne veut pas dire que je n’aime pas ces mondes que j’invente — au contraire ! Mais ils sont trop liés à une histoire pour que je les réutilise. Pour l’instant en tout cas !

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

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