La gamme de cette V7² de l’Appel de Cthulhu ne cesse de s’agrandir, et c’est tant mieux. Après le (très) moyen Aux Portes de l’Horreur, dont vous pourrez retrouver le papier —> ICI, c’est aujourd’hui au tour du Règne de la Terreur.

Placer une aventure en pleine Révolution Française, voilà qui est alléchant. C’est donc avec impatience que j’attendais de pouvoir poser les yeux sur ce supplément. Voyons voir ce qu’il en est…

 

Une chose est certaine, c’est que dès l’annonce de ce supplément en VO, j’ai tout de suite été hypé par la couverture. Il faut dire qu’elle en jette et place immédiatement dans l’ambiance. Il en est d’ailleurs de même pour la quasi-totalité des illustrations intérieures de cet ouvrage, toutes dans le ton, et raccord entre elles (ce qui n’est pas toujours le cas suivant les suppléments).

Quant à l’objet en lui-même, ce n’est pas une surprise connaissant l’éditeur, c’est du tout bon.

Cet article est évidemment sans spoilers afin de pouvoir être lu par tout à chacun ;)

La période de la Révolution Française est une période clef de notre histoire pour nous Français. Je me souviens encore de la fascination que son étude produisit chez moi lors de mes cours d’histoire.

J’imagine donc aisément l’impact qu’elle peut avoir chez les anglo-saxons. Les auteurs de ce scénario se sont parfaitement imprégnés du Paris de 1789 +. Le travail de documentation est conséquent et permettra aux gardiens de se (re)plonger dans cette époque sans aucune difficulté, même si, évidemment, il faudra « un peu » de préparation afin de ne pas se laisser embarquer en tous sens par les Investigateurs et se retrouver perdu.

Les Investigateurs, justement, un mot à leur sujet : le Règne de la Terreur est bien un des rares scénarios que je conseille de jouer avec les prétirés fournis. Je ne suis en général pas fan de l’utilisation de prétirés, mais, dans ce cas précis, ce choix s’avère quasi indispensable (sauf travail préparatoire encore plus important pour le gardien). C’est une force – et une faiblesse aussi, de mon point de vue – de ce scénario.

Bon, alors, ce scénario ?

J’y arrive, j’y arrive :)

3 ÉNORMES points forts : la scène de présentation, une scène intermédiaire et une troisième dans l’ultime partie. Si elles sont correctement amenées par le gardien, il est évident qu’elles ne laisseront pas vos Investigateurs sans réactions.

L’histoire, fort habilement menée, va mêler événements historiques et fantastiques. Je dois avouer que l’idée développée est particulièrement ingénieuse et s’intègre parfaitement dans ce contexte historique fort. L’intrigue se fond si habilement à l’Histoire que, de ce côté, le travail du gardien sera des plus aisé, et les Investigateurs devront quant à eux être aux aguets pour repérer les pistes (du moins, dans un premier temps). En effet, le scénario commence de manière assez « classique » pour un scénario d’AdC – si on exclut, bien évidemment, la France de la Terreur ;), et ne permettra pas tout de suite aux joueurs de comprendre l’immensité de ce qui les attends (et c’est tant mieux).

Cela dit, le scénario reste – de mon point de vue – relativement dirigiste.

Imaginez-vous dans votre luxueuse cabine de l’Orient-Express, en train de siroter une boisson tout en admirant les magnifiques paysages qui défilent derrière votre fenêtre. C’est un peu l’impression que l’ai eue. C’est dommage, même si cela est parfaitement justifiable du point de vue de l’histoire. J’ai pour habitude de ne jamais contraindre mes joueurs à quoi que ce soit dans mes parties, et ici, certains risquent de tiquer. Alors reste au gardien de faire en sorte que ces « rails » ne soient pas ressentis aussi dirigistes qu’ils peuvent le sembler à certains moments.

Alors cela n’enlève rien à ses qualités – l’histoire présentée est tout de même très intéressante et sort des sentiers battus, mais certains joueurs pourraient ressentir une certaine frustration en la jouant (j’ai des exemples dans mon cercle de joueurs ^^). Tout sera question de dosage de la part du gardien.

Enfin, la scène qui précède le clap de fin est également assez particulière (mais le ressenti sera différent si les joueurs incarnent des prétirés ou leurs propres Investigateurs, voir ma remarque plus haut). Elle est très inhabituelle (c’est d’ailleurs la première fois que je tombe sur un tel élément scénaristique) et risque de déstabiliser les joueurs. À l’inverse, si ces derniers jouent le jeu (c’est le cas de le dire), elle revêtira un fort aspect dramatique qui laissera, à n’en pas douter, un souvenir marquant à tout le monde autour de la table.

Le Règne de la Terreur est un scénario (ou mini campagne) de fort bonne facture. Plein d’originalité malgré certains petits défauts (cela reste un ressenti personnel), nul doute qu’il dépaysera vos joueurs. Le travail de préparation pour le gardien reste conséquent, mais moins que pour l’excellentissime Berlin la Dépravée.

Deux choses importantes à préciser : l’ouvrage se conclut sur plusieurs accroches de scénarios dans cette même période, ce qui vous permet d’enchaîner après ces funestes événements. Enfin, ce scénario peut être joué au sein d’une campagne (officielle) de grande ampleur, proposant ainsi un intermède hors contexte ( ou pas ^^).

 

Philippe Pinon

Philippe Pinon

Trublion de presque 50 balais, touche à tout, autodidacte, tête de cochon. Après plus de 20 ans à effectuer un travail décérébrant, change de voie. Scribouillard, « traductier de l'impossible », il devient même éditeur (OVNI) en 2015 où il édite, accompagné de son associée et conjointe, romans et JdR. Mais ce qui le définit le mieux, c'est quand même le terme de "Gros Connard" (au grand cœur, malgré tout, pour ceux qui prennent le temps de fouiller au delà des apparences).

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