L”Appel de Cthulhu est mon 2e JdR de cœur aux côtés du vénérable DD.

La parution d’un supplément VF est toujours une joie pour moi, impatient de voir ce qu’il renferme. D’autant que, depuis cette V7² (bascule après la reprise par EDGE Studio), certains suppléments sont de TRÈS haut niveau. J’en veux pour preuve l’incroyable Berlin la Dépravée, dont vous pourrez retrouver ma chronique —> ICI.*

Aux portes de l’horreur propose 3 nouveaux scénarios. Sont-ils du même niveau que ce qui a déjà été publié ?

 

*Cliquer directement sur le mot pour voir l’article, la surbrillance du lien n’est pas évidente ;)

 

3 scénarios, donc. Ils sont indiqués en début d’ouvrage comme étant destinés aux débutants ; de plus, ils ont été rédigés au départ pour être présentés en convention afin d’être joués en 1h max. Cela peut s’avérer une bonne idée lorsque vous avez une soirée improvisée qui se dessine et que vous n’avez rien de prêt.

Cela dit, Aux Portes des Ténèbres ( article —>  *) propose déjà des aventures courtes et destinées aux débutants. Alors oui, c’est important d’avoir des scénarios destinés à ceux qui débutent, mais il faut également des histoires destinées aux joueurs aguerris.

La Nécropolela Chose de la cave et Le Pensionnaire. 3 titres qui donnent envie.

 

Heureusement que les titres sont évocateurs, parce que le reste l’est beaucoup moins.

Quelles déceptions. Les scénarios sont ultra-dirigistes, cousus de fil blanc, c’est du vu et revu. L’originalité est aux abonnés absents et on est dans le très (trop) classique.

« Oui, mais on t’a bien dit que les scénarios étaient destinés aux débutants, non ? »

Ah, mais ça, j’ai bien entendu, mais si on compare au précédent recueil cité plus haut, on est quand même un gros cran en dessous en termes d’intérêt des histoires. Le point positif (et c’est le cas pour chacun des trois scénarios), c’est que le Gardien est réellement pris en main : indices, découpage de l’histoire, encadrés avec des conseils judicieux et, de ce point de vue, c’est impeccable (c’était déjà le cas dans le précédent recueil). Mais voilà, ça s’arrête là., ou presque. Seul le 3e scénario est un peu plus intéressant car abordant “autre chose”.

Le bouquin reste de bonne qualité au niveau réalisation, mais bon, ça ne fait pas tout. Même les visuels n’ont aucun rapport entre eux. Les styles se multiplient, mélange de photos d’époque et illustrations originales, sans aucun lien les uns avec les autres. Au lieu d’accentuer l’ambiance, ça la casse.

Un exemple ? Dans le 3e scénario, 2 illustrations représentent une même PNJ sur la même page. Et bien, le coup de crayon est tellement différent entre les 2 illus qu’on n’a pas l’impression qu’il s’agisse de la même personne.

La seule véritable illustration inspiratrice, c’est celle de la couverture (même si on est dans un mélange Indy + la Momie, elle n’en reste pas moins très Pulp, et donc parfaite).

Et puis…

Fidèle à sa ligne éditoriale au sujet de la gamme, EDGE Studio poursuit avec l’utilisation de l’écriture inclusive, comme précisé au début du livre. C’est, encore une fois, un choix qui se respecte. Mais, de mon point de vue, cela n’apporte rien à la lecture, si ce n’est confusion décrochage potentiel. Gardien, joueuses, investigateurs, tout ça, ça me va (même si quelquefois ça reste brouillon à la lecture). Mais l’utilisation du · (point médian), quant à elle, perturbe toujours autant, d’autant que, encore une fois, il faut dans ce cas là pousser l’idée jusqu’au bout, et pas seulement dans certains passages.

Alors je sais que je n’ai pas que des amis à cause de ce point de vue et que je risque encore de m’attirer les foudres de certains, mais je pense qu’il existe d’autres moyens d’action. Et qu’ici, cela n’apporte pas grand-chose et rends la lecture d’autant plus confuse.

 

 

 

 

Aux Portes de l’Horreur est décevant. Trois scénarios sans grande originalité. Dans le même genre, il vaut mieux lui préférer Aux Portes des Ténèbres.

Les portes de l’Horreur sont restées closes, pour ma part.

 

Philippe Pinon

Philippe Pinon

Trublion de presque 50 balais, touche à tout, autodidacte, tête de cochon. Après plus de 20 ans à effectuer un travail décérébrant, change de voie. Scribouillard, « traductier de l'impossible », il devient même éditeur (OVNI) en 2015 où il édite, accompagné de son associée et conjointe, romans et JdR. Mais ce qui le définit le mieux, c'est quand même le terme de "Gros Connard" (au grand cœur, malgré tout, pour ceux qui prennent le temps de fouiller au delà des apparences).

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