Les +:

  • Une réalisation inspirée
  • Un Malcolm Mc Dowell à contre-emploi
  • Un très bon casting
  • Un excellent scénario

 

Les – :

  • Pas grand chose!

Au cours d’un dîner chez lui, entre gentlemen, le célèbre romancier HG Wells se prépare à annoncer à ses amis qu’il a mis au point la fameuse machine à voyager dans le Temps. Or il se trouve qu’ un de ses invités, le Dr Stevenson, est, en fait, le monstrueux Jack L’ éventreur. Sur le point d’être enfin capturé, Jack va se servir de la Machine de Wells pour échapper à la police. Wells, se rendant compte que le tueur est parti dans le futur, va se lancer à ses trousses. Quittant le Londres de la fin du XIXème siècle, il se retrouve dans le San Francisco de 1979…

Time after Time (ou C’était Demain en français. Utilisons le titre français, pour une fois qu’il est plus évocateur, plus poétique que le titre original !) de Nicholas Meyer entre dans cette catégorie de films qui sont d’excellentes surprises. Première réalisation du bonhomme, qui, d’ailleurs, est plus scénariste que réalisateur, on peut dire que pour un premier film c’est un coup de maître. Par la suite Meyer réalisera notamment deux Star Strek et finira plus tard par revenir à son métier de scénariste.

Dans C’était Demain, il était indéniablement l’homme de la situation, que ce soit derrière la caméra ou à l’écriture. Mais le choisir, lui, n’a pas été la seule décision audacieuse et judicieuse qui ait été prise. Engager Malcolm Mc Dowell pour incarner HG Wells, c’est à dire un gentleman anglais des plus humanistes et sympas qui soit, c’était osé ! Car le Malcolm a tout de même son rôle de crapule ultra-violente qui lui colle à la peau depuis Orange Mécanique. Il a, à la base, une gueule de bad guy. Et n’oublions pas que, la même année (1979), Mc Dowell incarnera Caligula… Et pourtant il se révélera formidable et extrêmement drôle en HG Wells.

Si, dans sa période victorienne, le film est beau et chatoyant comme une production de la Hammer, il devra, scénario oblige, changer de style pour coller à l’époque. Ce qu’il réussit parfaitement. C’était Demain est un film réglé comme une horloge. Chaque scène fait son petit effet contribuant à ce qu’il n’y ait pas la moindre baisse de régime. Dialogues et situations sont drôles et pleins de fantaisie, avec un scénario qui brille par sa cohérence et son fourmillement d’idées. Bref, c’est du travail d’orfèvre.

Outre Malcolm Dowell, signalons la présence de l’excellent David Warner dans le rôle de Jack L’éventreur. L’acteur anglais réussit avec sobriété à faire ressentir toute la noirceur, la monstruosité et le cynisme du personnage. On se souvient de lui notamment dans The Omen, La Malédiction. N’oublions pas également la performance de Mary Steenburgen (qui joue également dans Retour vers le Futur III) , très à l’aise et hyper attachante dans le rôle de Amy Robbins, une employée de banque que Wells va rencontrer à San Francisco et qui va se lancer dans l’aventure avec lui, vu qu’elle en tombe amoureuse. Leur relation est on ne peut plus rafraîchissante et touchante avec d’un côté elle, une femme libérée, extravertie, qui travaille et qui a connu bien des déceptions sentimentales, et de l’autre lui, un rêveur, un idéaliste, un homme pudique hors de son élément et perdu dans cette époque si décevante et déstabilisante pour lui.

Car Wells rêvait d’un futur forcément synonyme de progrès. Lorsqu’il débarque dans le San Francisco de 1979 il se rend compte que ce monde n’a pas évolué, au contraire : la violence, les atrocités sont là plus que jamais et les valeurs morales se sont perdues en route. Wells n’est pas à sa place ici. Alors que Jack L’éventreur, lui, se sent comme un poisson dans l’eau.

CONCLUSION

On l’aura compris, le film, sans perdre un instant sa capacité à divertir et faire rêver, se permet également le luxe d’avoir un discours et un message. On peut rêver d’un futur où toutes les évolutions technologiques seront possibles, mais la nature violente et mauvaise de l’Homme ne changera pas. Le Mal est comme un virus, un truc hyper contagieux. Seule une certaine élévation morale et l’amour rendent la vie supportable. Pas mal, hein ?

FIlmFinder General

FIlmFinder General

Matthew Hopkins, dit le FilmFinder General, est un dévoreur de films. Ayant un penchant assez prononcé pour le cinéma des années 60, 70 et 80, il n'en garde pas moins un œil sur les films actuels, qui, en général, ne le passionnent guère. Mais bon, on est jamais à l'abri d'une bonne surprise ! Poète ( premier recueil édité en 2013 et un second est en route), Matthew écrit aussi de la fiction ( un recueil de nouvelles est en cours d'écriture) ainsi que des chroniques creepy sur son blog. Ce qu'il aime c'est découvrir et faire découvrir ces films injustement tombés dans l'oubli ou méconnus. Le cinéma est un océan qu'on a pas fini d'explorer !

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