La guerre des maisons T1 : Pirates des trois mers – Guillaume Coulaty

Mon avis sur ce roman est mitigé : on y trouve à mon sens du bon, et du moins bon.

S’embarquer comme pirate, parcourir les trois mers, nombreux sont les fertoslhons à se lancer dans l’aventure. Mais quand on est le fils aîné d’une des plus puissantes familles du Fertoslhon, héros de guerre à l’avenir tout tracé, tout devient plus compliqué. Dans un monde dur et sombre où les grandes maisons se livrent une lutte acharnée à coups d’intrigues et de trahisons, il en faut peu pour se retrouver avec des guildes d’assassin aux trousses ou entraîné dans une guerre de clans. Et c’est souvent de l’intérieur que viennent les coups les plus tordus. Je m’appelle Karplesch, de la famille Farge. Je suis un pirate !

 

Le point vraiment problématique, ce sont les fautes de français : le livre en est truffé. Bel exemple en première page : « Le capitaine Vergam lui avait tout de suite plût. », et ça continue comme ça jusqu’à la fin du roman. Il en ressort l’impression d’un ouvrage amateur, et c’est dommage car cette histoire possède des qualités certaines. (Edit : après échanges avec l’auteur et l’éditeur, de nombreuses fautes ont été corrigées lors du retirage du livre).

Le style est vif et clair, il se lit aisément mais là-aussi certains éléments auraient pu être un peu plus travaillés : il y a notamment trop de répétitions, et d’une manière générale une façon de décrire les choses un peu scolaire qui gagnerait, je trouve, à être remaniée.

 

En revanche, j’ai de prime abord apprécié l’égalitarisme apparent du livre. Contrairement à ce que l’on voit trop souvent en fantasy, les rapports entre les individus ne semblent pas du tout impactés ici par le sexe, puisque du coté des femmes comme des hommes on se bat, on dirige, on doute. Cet aspect est très appréciable.

Il est malheureusement mis à mal par quelques éléments très dérangeants, et notamment une scène de viol totalement banalisée : prendre une femme de force quand elle dit non et qu’elle se débat ça s’appelle un viol ; que la victime parvienne à se dégager, reprenne la relation sexuelle et fasse ami ami par la suite avec son agresseur n’y change rien (en plus d’être peu crédible) : ça reste un viol, et cela ne devrait pas être traité comme si c’était négligeable.

 

Le parti pris concernant les personnages principaux est intéressant : l’un comme l’autre sont extrêmement antipathiques. Cela leur donne une dimension psychologique particulière et change un peu de ces héros un peu trop simples à aimer.

C’leenë, sous ses dehors de gamine pourrie gâtée, gagne à se laisser découvrir au fil des pages : ses envies de liberté sont bien amenées, on y adhère au fur et à mesure. En revanche mes sentiments concernant Karplesch n’ont pas évolué : en cause cette fameuse scène de viol dont il est coupable sans jamais en être inquiété par la suite.

 

L’histoire prend place dans un décor de fantasy assez classique. J’ai malgré tout réussi à y entrer, ce qui se fait de plus en plus rare ces derniers temps, c’est donc plutôt un bon point. Entre aventures et intrigues politiques, le roman ne manque ni de souffle ni de rythme : le scénario est prenant. Les rebondissements et retournements de situation sont nombreux : les aventures s’enchaînent et nous tiennent en haleine, sans laisser place à l’ennui. Je n’ai eu aucune difficulté à me plonger dans l’histoire ni à la poursuivre jusqu’à la dernière page.

 

La fin permet de clore le récit de ce premier tome tout en ouvrant sur la suite.

J’ai donc lu ce roman avec facilité car l’auteur a su insuffler beaucoup de rythme à son histoire ; cependant certains éléments mériteraient vraiment d’être retravaillés.

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