Entretien avec Cécile Delpoïo pour son projet Tuolla

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Est-ce que tu peux tout d’abord te présenter et nous expliquer comment en es-tu venu au metal, à la fois en tant que fan et en tant que musicien ?

Bonjour et merci pour cette interview ! Je suis d’abord venue au metal en tant que fan. Grande fan de la saga de jeux vidéos Final Fantasy à l’adolescence, j’avais l’habitude d’aller très souvent sur un site internet entièrement dédié au jeu et dans lequel j’y ai découvert une section « AMV ». Je crois que l’engouement pour les AMVs, qui veut dire Anime Music Video, et qui consiste à faire des sortes de clips avec les cinématiques des jeux (ou des images d’animés) et une musique au choix, est passé aujourd’hui, mais à l’époque c’était très à la mode ! Tout le monde en faisait et en regardait. Et donc un jour en en regardant une, j’ai découvert le son de Nightwish et la voix de Tarja qui m’a complètement scotchée d’admiration et d’émotion ! J’ai donc commencé à écouter toute la discographie du groupe (à l’époque jusqu’à à « Once » donc) et à découvrir d’autres groupes tels que Within Temptation, Theatre of Tragedy, Tristania, After Forever…. Mon amour pour le metal symphonique était né !

En tant que musicienne, je m’y suis mise bien plus tard. En effet si je jouais déjà du piano et de la guitare classique à l’adolescence, je n’avais jamais chanté de ma vie avant mes 18 ans… j’ai mis du temps à réellement apprécier chanter, donc en plus je n’avais pas continué dans cette voie (sans mauvais jeu de mot !). Ce n’est que 2 ans plus tard, quand j’ai commencé à composer de la musique pour les besoins des court-métrages que l’on réalisait à mon école de cinéma, que je me suis remise au chant, ayant eu besoin d’une voix…. J’ai apprécié beaucoup plus que la première fois l’exercice et j’ai commencé à beaucoup chanter, jusqu’à, quelques années plus tard, me mettre dans la tête que je voulais intégrer un groupe de metal symphonique et trouver alors Remember the Light ! (Qui n’avait pas de nom à ce moment-là car c’était les tout débuts !)

Comment définirais-tu la musique de ton projet solo ?

J’ai eu beaucoup de mal à trouver comment définir la musique de mon projet solo car j’ai l’impression que ce n’est vraiment pas commun comme musique… du coup j’ai fini par partir sur de la Dark Fantasy, très cinématographique mélangée à de l’Ethereal Folk et de la Darkwave.

Et justement pourquoi t’être lancée dans un projet solo ?

Je me suis lancée dans ce projet car depuis toujours j’écoute en parallèle du metal d’autres styles de musique qui me tiennent tout autant à cœur. Mes premiers amours musicaux, avant le metal donc, ont été pour la musique de film, avec notamment celle de « Gladiator » et la voix de Lisa Gerrard. Du coup j’ai évidement découvert son groupe Dead Can Dance que j’ai beaucoup écouté adolescente, et toujours maintenant. Un de mes groupes préférés est Faun qui fait plus de la musique celtique, et j’écoute aussi beaucoup de groupes tels que Narsilion ou Ordo Funebris, peut-être moins connus du grand public mais qui ont des univers vraiment à part. Du coup, j’avais très envie de m’exprimer moi aussi dans ces univers-là, et donc pour cela il me fallait faire un projet à côté de Remember the Light avec qui nous souhaitons rester entièrement metal. Comme ça je peux exprimer toutes mes facettes à travers mon groupe et maintenant à travers mon projet solo !

Tuolla est donc ce nouvel album. Comment s’est passée son écriture ? Tu commences par quoi quand tu dois écrire de la musique ?

L’album n’ayant pas de paroles, ou du moins pas des paroles compréhensibles dans notre monde, puisque personne ne parle le Tuollien ici ^^, je n’ai pas eu cette étape d’écriture à faire. Donc tout se jouait uniquement sur les mélodies, les sonorités… la plupart du temps je commence par écrire les mélodies, sauf quelques rares fois où c’est d’abord plus une ambiance qui me venait à l’esprit. J’enregistre donc au chant ces mélodies puis j’écris le reste, les grilles d’accords, les arrangements que j’ai fait pour certains morceaux. Pour d’autres (quasiment la moitié de l’album), je couchais au clavier mes idées d’arrangements et les transmettais à Olivier Reucher, qui est aussi le compositeur et orchestrateur (et pianiste bien sûr !) de Remember the Light afin qu’il écrive de vraies parties d’orchestre. Ainsi j’ai la chance d’avoir sur ces morceaux parfois une centaine de musiciens (dans l’ordinateur bien sûr ^^) accompagnant mes compositions !

Quel univers développes-tu dans ton album ? D’où te sont venues les idées ?

Au début, ce sont donc des mélodies qui me sont venues, puis au fur et à mesure que je composais les morceaux, j’ai vu une histoire se dessiner avec. Je ne sais pas du tout d’où cette histoire m’est venue, mais elle me semblait pourtant évidente. Que ça soit dans cette histoire où dans ma musique, je pense qu’on se rend bien compte de l’univers à la fois très onirique et très sombre. Cette dualité est quelque chose que l’on retrouve souvent dans mes projets (Remember the Light, des clips que j’ai écrits, des dessins que j’ai faits…) car ça me correspond tout à fait.

Quelle est ta piste préférée de l’album, et pourquoi ?

Je pense que c’est « The Serpent’s Venom » parce que je suis contente de l’ambiance qu’on a réussi à y retranscrire avec Olivier. Nous avons fait les arrangements ensemble, moi, j’ai beaucoup joué avec des sons de synthés pour en ressortir cette atmosphère à la fois dramatique et malsaine, tandis qu’Olivier y a apporté ces chœurs magnifiques qui semblent si torturés… Pour la petite histoire aussi, c’est le tout premier morceau que j’ai composé et à l’époque, je n’imaginais pas que ça terminerait en album ni-même que d’autres gens pourraient l’écouter un jour !

Pour le moment aucun clip n’est sorti. Qu’est-ce que tu as prévu de ce côté ?

En fait, le temps que je réponde à cette interview, un clip sera sorti d’ici là (rires). Il s’agit du clip du morceau « Stars » qui a été une grande aventure audiovisuelle pour moi puisque j’en ai commencé la réalisation il y a deux ans, allant filmer aux quatre coins de la France (et aussi un peu en Espagne) pour récolter des images de magnifiques paysages aux quatre saisons. En parallèle, il y a eu un tournage avec Laure Ali-Khodja, la chanteuse d’Elfika, qui est aussi danseuse et qui a réalisé une magnifique chorégraphie pour mon clip, ainsi que les tournages d’une partie scénarisée qui se sont déroulés a plusieurs endroits différents également. Maintenant que le clip sort, ça me fait très bizarre de me dire que son aventure a commencé il y a déjà deux ans et que, ça y est, ça va sortir !

 

Est-ce que ton projet solo a pour but la scène, ou bien cela restera uniquement sur album ?

A priori c’est un projet uniquement sur album mais…. A voir selon les retours du public !

Tu es aussi chanteuse dans Remember The Light, ainsi que réalisatrice de clips. Comment mêles-tu tes activités ? Tu n’es pas trop débordée ? Et que nous réserve Remember justement ?

En fait si, je suis souvent très débordée ^^ Ce n’est pas toujours facile de mêler les projets musicaux et le travail, deux choses qui me prennent énormément de temps, mais de toute façon, j’ai besoin d’avoir une vie ultra-remplie, je ne supporte pas de ne rien faire de constructif pendant trop longtemps, donc… Ca se traduit par peu de week-ends, de vacances ou de sorties, mais c’est un plaisir de faire tout ça !

Avec Remember, après avoir donné tout récemment un concert au Napalm Fest, on va se concentrer un bon coup sur notre album dont l’écriture a commencé il y a longtemps déjà, et on voudrait donc mettre un coup de boost dessus pour finaliser tout ce qui est en travaux !

2022 a été très riche en sorties d’albums. Quel serait ton album de l’année ?

Et bien à vrai dire, je suis très en retard sur les sorties d’album cette année… Oui le fait de faire beaucoup de musique et de travailler pour des clips, ça fait aussi que je n’ai pas toujours le temps d’écouter toutes les nouveautés… Et donc j’en suis encore restée sur la fin 2021 avec des albums que j’écoute en boucle comme « The Next Chapter » de Once Upon the End, « A Way » d’Orkhys, « Intangible » de Sangham ou encore « Fragments » d’Anaé and the Petrichor. Mais comme ce sont des groupes pas mondialement connus, si vous ne connaissez pas, je vous invite grandement à découvrir, même si c’est 2021 ^^

Merci pour tes réponses et à bientôt au détour d’un concert !

 

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