Entretien avec Gael, guitariste de Last Addiction

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Peux-tu tout d’abord te présenter et nous expliquer ce que tu fais dans Last Addiction ?

Salut, je suis Gael, fondateur, guitariste rythmique, backing vocals et compositeur pour Last Addiction.

Comment tu en es venu au metal ?

Depuis tout petit, j’ai été élevé au son des grands classiques comme AC/DC, Iron Maiden, Trust… etc. Puis arrivé à l’adolescence, j’ai découvert le jeu « guitar hero » dans lequel figurait des groupes comme Bullet For My Valentine, Metallica, Darkess hour ou encore Children of bodom. C’est d’ailleurs ce jeu qui m’a donné envie de jouer de la guitare.

Comment est né ce groupe ? Et d’où t’es venu le nom ?

Le groupe est avant tout une bande d’amis de 16 ans qui répétait dans un garage pour le plaisir. Nous nous nommions « The Addict » et on faisait des cover rock.

Rapidement, nous avons commencé les compositions « metal » et nous avons eu envie de faire de la scène. A ce moment-là, nous avons décidé de changer de noms pour quelque chose qui correspondait plus à notre style, mais aussi qui collait à nos paroles « fatalistes ». Afin de garder la base de notre nom précédent. Nous avons donc opté pour « Last Addiction » 

Comme définirais-tu votre musique ?

Grande question… On n’a jamais réussi à se poser dans une case. Notre base est clairement Heavy et metalcore, mais pour le reste, on gravite entre les styles. Chaque chanson à son identité et un style qui lui est propre, tout en gardant notre base commune. Dernièrement, on nous a qualifié comme groupe de « heavycore » ou « blackened core » et je trouve que ce n’est pas une mauvaise idée ou interprétation.

Quand tu cherches un peu sur Internet, chaque site, chaque programmateur, chaque webzine nous attribue un style différent !

 

Le nouvel album, Downfall, est sorti il y a peu. Comment s’est passée son écriture ? Qui compose et qui écrit les paroles ?

L’écriture a commencé dès 2021 lorsque nous étions en pleine promo de notre premier album Inner Abyss.

Généralement, Vincent et/ou moi-même composons une chanson complète sans parole, puis nous en discutons tous ensemble lors de nos répètes. On fait un gros brainstorming sur les choses à garder, à améliorer, à remplacer ou même à enlever. Il peut arriver qu’une chanson soit complétement différente entre son ébauche et sa version finale.

Pour ce nouvel opus, j’ai tout de même composé la plupart des morceaux.

Quelles sont les thématiques que vous abordez plus particulièrement dans cet album ?  

Nous parlons d’une réalité qui est sombre et violente. Les textes ne sont ni un exutoire, ni une figure de style pour faire « metal », ils sont simplement un témoignage lucide et désabusé.  La violence, l’isolement, la maladie (physique ou mentale), les guerres, le contrôle généralisé des populations ou la destruction de l’environnement sont des faits avérés, cela s’accélère, les conséquences sont visibles, et si on observe attentivement, cela ressemble fort à une décadence, à la fin d’une civilisation, qui paradoxalement, n’a jamais été aussi évoluée. C’est désespérant, raison pour laquelle on affirme que la question d’une extinction n’est plus « si », mais « quand », c’est irrémédiable, DOWNFALL est donc une prémonition, sous la forme d’une épitaphe. Everything will turn to dust…

Depuis la création du groupe, on attache une grande importance aux thèmes, à la manière de raconter des histoires, et donc aux lyrics, on ne bâcle jamais.  Je travaille avec mon père, qui fut le premier bassiste du groupe, et qui continue à travailler avec nous sur différents aspects du projet ( ex : management). Nos premières idées pour le prochain album sont déjà en cours, on abordera ces thèmes sous d’autres angles, et nous verrons d’ici là, si la réalité nous donne un peu plus raison.

Quelle est ta piste préférée de l’album ?

Autre question très difficile… Je suis fier et j’aime la totalité des morceaux présents sur cet album.

En revanche, le morceau sur lequel j’ai le plus travaillé et qui m’a beaucoup challengé, c’est « Until The Night Takes Us ». C’est la première fois que nous intégrons autant d’orchestration et de samples dans un morceau. J’ai d’autant plus essayé de mixer nos racines metalcore avec du post black metal dont je suis très fan. Ce n’a pas été une mince affaire.

Qui a réalisé l’artwork ? Et comment avez-vous travaillé la question du graphisme ?

L’artwork a été réalisé par Timon Kokott. C’est une toile réalisée à l’acrylique.

Nous savions déjà en amont ce que nous voulions et on a réalisé une première ébauche grâce à un ami. Notre objectif était de représenter un paysage apocalyptique avec des bâtiments détruits, un ciel ténébreux laissant apparaître un rayon de lumière s’apparentant à une porte de l’enfer, avec des personnes qui serait comme « rejeté », car même le diable n’en veut pas.

Nous avons transmis l’ébauche à Timon avec nos attentes et il nous envoyait chaque jour ou presque, l’avancé de son travail. Nous validions, ou pas, ses réalisations jusqu’à arriver à la touche finale.

Pour les plus minutieux, nous avons incorporé la basilique “Notre-Dame de Fourvière” qui est un des bâtiments emblématiques de Lyon.

Est-il prévu quelque chose, en vidéos, pour accompagner cette sortie ?

Nous avons réalisé 4 clips entre 2022 et 2024 pour préparer la sortie de notre nouvel album. Nous réfléchissons actuellement sur la création de nouveau contenu qui casserait le style de nos derniers clips !

 

Est-ce que ce n’est pas trop difficile de faire semblant de jouer en vidéo ?

Nous avons toujours été « drivés » afin d’avoir les plus belles images possibles. C’est assez déroutant au début, mais on se prête vite au jeu. L’objectif est de rendre autant d’intensité à la caméra qu’en live et pour ça, il faut toujours exagérer les mouvements. Plus le mouvement est exagéré, mieux sera le rendu à la caméra.

Mention spéciale à Dylan, qui s’efforce de chanter et screamer sur chaque prise pour que ce soit le plus réaliste possible !

Quand est-ce que le public pourra vous retrouver sur scène ?

Le 29 juin prochain à Chambery au Brin de Zinc, dans le cadre du Metal From Outter Space #2 avec Perseide et Cure for The Ghost.

Si je te demande de me dire quel est ta sortie préférée depuis le début de l’année, tu penses à qui ?

Dernièrement, j’ai pris plaisir à découvrir le nouvel album de ACOD. Les ayant vus au Plane R Fest 2019 et Hellfest en 2023, leur style de black metal et l’imagerie s’y rapportant, est dans la vibe de ce que j’apprécie énormément, et force est de constater qu’ils ont fait un gros boulot sur ce nouvel opus !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *