Romain d’Huissier, auteur connu pour son amour des civilisations asiatiques revient avec un court roman aux éditions Ogmios (édité précédemment chez Trash) : Seppuku. Comme son nom l’indique nous allons suivre un samouraï dans une aventure franchement étonnante, et bâtie comme un hommage aux films de ces guerriers japonais que du hentaï. Attention çe roman recèle de nombreuses scènes de violence et de sexe très crues, mais nous en reparlerons.

Alors que Naigo Kurogane participe avec ses frères d’armes à des manœuvres pour démontrer la puissance de leur clan, ils sont massacrés par cinq hommes étranges aux capacités hors normes, les oni de Nagaki.
Aux portes de la mort, lui sera proposé un choix : l’oubli ou la vengeance. Ayant opté pour cette dernière, le jeune samouraï arpentera un chemin sanglant, fait de souffrances et de combats.
Accompagné dans sa quête par une prêtresse d’Amaterasu, il se dressera contre les oni de Nagaki et leur sombre projet qui pourrait bien causer la perte de l’Empire du Soleil Levant.

Avec ce roman l’auteur bâtit un hommage aux cultures pulp japonaises, tout en plaçant l’ensemble dans un univers de fantasy asiatique prenant et intéressant. Dès les premières pages on est pris dans le flot du récit et l’aventure de Kurogane. Le récit de sa mort, de sa résurrection ainsi que la suite du roman sont au final assez classiques, mais l’auteur parvient à nous entraîner avec lui. Seppuku est au final une sorte de road movie de la vengeance, bâti comme un jeu vidéo de combats en duels où le héros affronte à la suite différents boss de plus en plus puissants, en s’appuyant parfois d’alliés dans sa quête de vengeance. L’un des grands talents de Romain d’Huissier est de nous faire suivre de manière assidue et parfaitement rythmée cette suite de combats presque mythiques. Mais cela semble par moment scénaristiquement un peu facile, ce qui est dommage car l’univers qu’il propose pourrait largement être étendu pour que le lecteur en découvre plus.

Il en va un peu de même pour la violence et le sexe qui sont ici très clairement débridés, parfois jusqu’à l’excès. Il faut vraiment prendre ce roman comme un hommage à la culture japonaise sur plusieurs niveaux. On retrouve l’image idéalisée du samouraï japonais, mais aussi le cinéma d’horreur japonais, très cru. A cela vient s’ajouter le hentaï, dessin animé japonais à caractère pornographique mettant en scène des créatures souvent tentaculaires. Alors oui l’auteur ne se gêne pas pour mettre tous ces éléments dans son roman, et cela de manière importante, mais une fois acquis que tout le roman était bâti ainsi je n’ai pas été gêné par la crudité de l’ensemble.

Romain d’Huissier est un auteur qui sait écrire et qui donne à sa plume le rythme nécessaire pour permettre à son lecteur de s’immerger dans le roman. Les descriptions se font rares mais laissent la place à l’imaginaire, les dialogues sont percutants et les scènes de combat totalement irréalistes mais pourtant parfaitement lisibles visuellement.

Seppuku est à mon sens un excellent roman, doté d’excellentes qualités tant de scénario que de style, et une fois prévenu que la violence et le sexe seront crus, la lecture devient proprement immersive. Une excellente réussite de la part des éditions Ogmios, qui avec sa collection japonaise propose des romans réellement prenants…

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de littératures de l'imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d'Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom. Ce faisant il assure également la direction littéraire d'anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

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