Salut ! Aujourd’hui, on se retrouve pour parler du Grand Abadon de Cory Doctorow, un roman de science-fiction dystopique paru chez Bragelonne.

Dans un monde ravagé par le changement climatique, au sein d’une société dominée par la richesse, Hubert « Etc » Espinoza, Seth et Natalie n’ont nulle part où aller.
Pourtant une autre façon de vivre se dessine, grâce aux progrès de la technologie. Alors, comme des centaines de milliers d’autres, le trio décide de tourner le dos aux règles établies pour… tout abandonner.
Mais le danger est partout : les terres dévastées par le réchauffement de la planète ne connaissent plus de lois et fourmillent de prédateurs. Bravant les menaces, les premiers Abandonneurs construisent les bases de ce qui pourrait devenir une utopie de l’abondance. Avant de découvrir l’unique chose que les ultrariches n’ont jamais pu acheter : le moyen de vaincre la mort…

Derrière ce qui ressemble à une énième dystopie se cache en réalité un roman qui joue sur le côté politique. Tout le début n’est qu’une critique du capitalisme, avec des réflexions sur le communisme et la méritocratie. Ce n’est en soi pas gênant, néanmoins, je pense que ce devrait être plus mis en avant dans la quatrième de couverture, car cela ne plairait sûrement pas à tout le monde. Je trouve d’ailleurs que la quatrième de couverture est légèrement trompeuse. Je m’attendais à un récit d’aventure, de voyage, de découverte, et il n’en est en fait rien. Il y a plus de philosophie et de réflexion que d’action.

A cause de cela, j’ai trouvé très dur de s’attacher aux personnages. Toutes les conversations doivent aborder des sujets lourds et sérieux. L’auteur nous décrit certes les relations entre les personnages, mais on ne le voit pas, ils ne vivent pas de vie quotidienne, comme si chaque interaction et chaque action devait être justifier et participer à la réflexion sur le système. Tout cela n’est pas aidé par le style de l’auteur, qui est assez lourd, et par la mise en page qui est étouffante. Je me suis retrouvée plusieurs fois à avoir les yeux qui passent rapidement sur un paragraphe faisant une page entière.

Néanmoins, ce roman a tout de même de bonnes qualités. Si les débats sur la société vous intéressent, vous y trouverez votre compte. De plus, l’univers est assez crédible (le pouvoir vient de la richesse, l’emploi est rare, les gouvernements sont faibles et les riches font ce qu’ils veulent) pour qu’il soit intéressant. Les abandonneurs peuvent très bien représenter les personnes luttant aujourd’hui contre la société de consommation, à un niveau plus élevé où il s’agit cette fois de mettre sa vie en jeu. Il n’y a finalement que la fin du roman, où on aborde l’immortalité, qui perd en crédibilité, mais les questions éthiques et morales que cela soulève sont intéressantes.

Je n’étais pas le bon public pour ce roman, mais cela est loin de signifier qu’il est mauvais. Il faut juste avoir conscience qu’il va au-delà du récit et qu’il met la réflexion en avant.

Chloé Cloison

Chloé Cloison

Tombée dans la lecture depuis toute petite, j’ai grandi au milieu de ces multiples univers. J’ai toujours eu un goût prononcé pour le fantastique et la fantasy, qui s’est développé au fil des années. Je me suis cependant ouverte sur d’autres styles, tels que la science-fiction et l’horreur. J’ai finalement fait de cet amour pour la langue mon métier en devenant traductrice. Et ça donne une bonne excuse pour rester vautrée pendant des heures sur un canapé/lit/fauteuil à dévorer un livre (et des cookies faits maison).

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