La Pierre jaune est un roman de science pas si fiction que cela, écrit par Geoffrey Le Guilcher et publié aux Editions de la goutte d’or. Il s’agit d’un roman qui aborde une catastrophe nucléaire se produisant en France en 2024. Fable politique se cachant derrière la science-fiction, il s’agit essentiellement d’un roman critiquant l’inaction politique face aux risques nucléaires. Ajoutez à cela une mise en avant de la police sous couverture et vous aurez ce roman, intéressant par de nombreux aspects mais dont la globalité n’a pas su me séduire totalement.

Un jour de pluie, Jack Banks surgit à la Pierre jaune, lieu-dit d’un village breton situé dans la presqu’île de Rhuys. Ce policier doit infiltrer une communauté d’activistes, les “Jauniens”. Mais le plan ne se déroule pas comme prévu. À 300 km de là, deux avions percutent l’usine nucléaire de la Hague, plongeant une partie de la France et de l’Angleterre dans le chaos. Pluies acides, radioactivité, la Bretagne compte parmi les zones à évacuer. Les Jauniens décident de rester sur leur presqu’île. Contre son gré, Jack les imite. Une survie en territoire contaminé débute.

La couverture de Clément Buée illustre le roman par un couché de soleil serein. C’est une belle couverture tout à fait convenable pour ce roman, puisqu’il ne s’agit finalement pas d’un roman de science-fiction stricto-sensu mais plutôt d’une histoire utilisant la science-fiction. Une couverture finalement assez neutre.

Le scénario est coupé en quatre grandes parties qui correspondent pour au moins trois d’entre-elles à de grands moments du récit. La première partie correspond à l’infiltration des Jauniens par Jack avant l’attaque de la Hague. La seconde correspond à la survenue de la catastrophe et la mise en place d’une survie en zone contaminée. Et enfin les deux suivantes à différentes situations allant du trip mystique à l’amourachement de Jack pour les Jauniens, le tout sous couvert de survivalisme. J’ai beaucoup aimé les deux premières parties du récit. L’utilisation de données scientifiques réelles donne une véritable sensation d’immersion au récit. Les phrases et chapitres courts ajoutent de la pression au roman. La suite m’a quant a-t-elle bien moins marqué. Le récit oublie rapidement la notion même de zone contaminée pour se concentrer surtout sur les interactions de Jack avec les différents personnages. L’hyper-politisation du texte se fait sentir à ce moment-là, et on pourrait très facilement transformer le groupe de survivalistes en bandits de grand chemin, pillant des maisons inhabitées aux yeux des forces armées par plaisir.

Le Guilcher est journaliste et cela se sent. Les phrases sont courtes, les descriptions vont à l’ultra essentiel et les scènes sont visuelles et crues. C’est une écriture agréable à lire avec son rythme rapide, sans style particulier et sans recherche de périphrases compliquées. Les chapitres courts donnent un sentiment de tension constante, qui fait tourner les pages à la vitesse de la lumière.

Enfin les personnages sont assez caricaturaux, allant du gauchiste au membre de groupuscule armé d’extrême droite, avec au milieu de tout ça un panel complet de ce que peuvent contenir les groupes anarchistes d’idéalistes. Jack est un personnage qui pourrait être ambigu, d’autant plus avec son évolution qui lui fait abandonner sa mission pour devenir Jaunien, mais cette évolution est pour moi trop rapide et l’utilisation d’un trip mystique justifiant un tel changement de point de vue n’a pas su me convaincre.

Vous l’aurez compris, je ressors en partie mitigé de cette lecture. Finalement ce n’est pas vraiment un roman de science-fiction mais plutôt un essai politique orienté contre le nucléaire et les forces de police quand elles manquent de structure. Pour avoir écouté différentes interviews de l’auteur, je sais que cela n’est pas le but du récit, malheureusement c’est ce qui ressort pour moi de la lecture. Un roman digne d’intérêt pour certains lecteurs mais pas pour moi. Finalement les cinquante premiers pourcents du roman sont tops et la suite moyenne.

Florent

Florent

Fan des cultures de l'imaginaire en tout genre. Je me passionne pour la fantasy épique et la science fiction, avec une forte préférence pour les auteurs francophone.

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