Entretien avec Cassandra O’Donnell à l’occasion de la sortie d’Amberath

La série Rebecca Kean m’a toujours beaucoup séduit, et cela dès le premier opus. Amberath le septième tome vient de sortir et je ne pouvais donc pas passer à côté de l’opportunité de poser quelques questions à son autrice, Cassandra O’Donnell. On y parle littérature, futur de la série, mais également ses futurs projets !

Bonjour Cassandra, et merci de prendre quelques minutes pour me répondre. Commençons avec les questions de base : comment en es-tu venue à l’écriture ?

J’écris et j’invente des histoires depuis l’enfance mais j’avoue que je ne pensais pas du tout devenir écrivain. Je ne fais pas partie des auteurs qui éprouvent le besoin viscéral d’écrire. Je n’ai même pas tenu de journal intime à l’adolescence, c’est tout dire. Donc, je dirais que je suis venue à l’écriture par hasard, parce que j’avais pris une année sabbatique pour rester à la maison avec mes enfants et que j’avais envie de m’amuser. Tout a débuté comme ça. Je ne pensais pas une seule minute que Rebecca Kean aurait un tel succès.

Première question vraiment importante : pourquoi nous as-tu fait attendre quatre ans entre les deux tomes ?

Ces quatre années n’étaient pas prévues et l’une d’entre elles est directement à attribuer au Covid qui a retardé la publication d’un an. Pour les autres, j’ai été submergée par le succès de mes séries « jeunesse ». Rebecca Kean est une série confidentielle quand on la compare à des sagas comme Malenfer, il y a donc moins de pression de la part du public (les enfants sont terribles)… Bref, j’ai été prise dans un engrenage et j’ai été un peu dépassée par les évènements… mais je vais me rattraper et sortir un Leonora cette année et un Rebecca (le dernier), l’année prochaine.

Amberath m’a fait l’effet d’un tome de transition entre deux époques dans la vie de Rebecca Kean. L’as-tu conçu comme cela dès le départ, ou bien était-ce involontaire ?

C’est tout, sauf un tome de transition. C’est LE tome qui répond à toutes les questions. En fait, je dirais que c’est la première partie du tome final. La problématique est posée, et dans le tome 8, on découvrira le choix de Rebecca.

D’où t’es venue l’idée du personnage de Rebecca et de son histoire ?

Je voulais une héroïne qui soit maman et qui ait mon sens de l’humour. Je ne me reconnaissais pas dans les jeunes filles en apprentissage, romantiques et un peu naïves habituelles, pas plus d’ailleurs que dans celles qui se posent des questions existentielles ou qui abordent la vie de manière manichéenne (bien et mal, noir et blanc…). Donc je me suis dit que ce serait bien de créer un personnage politiquement incorrect et drôle.

La série se crée, au fur et à mesure des tomes, une véritable mythologie avec par exemple Akhmaleone. Prévois-tu de l’étoffer encore plus à l’avenir ?

Il ne reste qu’un tome mais ça étoffera effectivement un peu la mythologie

Raphaël se fait très discret dans Amberath. Est-ce qu’il va peu à peu s’effacer de la série ou bien as-tu déjà des plans pour lui ?

Oh non, il va être très présent dans le dernier opus. Mais ce n’est pas le personnage principal de la série. Rebecca Kean parle du destin d’une femme. Une guerrière. La romance n’est donc pas le point central de la saga (même si je comprends l’engouement des lecteurs pour ce personnage) Rebecca Kean a aussi fait l’objet d’un spin-off avec les aventures de sa fille Leonora sur les terres Vikaris.

Prévois-tu un second tome pour elle ? Et d’autres spin-off sont-ils également dans les tuyaux ?

Oui le tome 2 de Leonora sortira en fin d’année. Chronologiquement, il se situera pendant le tome 7 de Rebecca. Il n’est pas impossible que je consacre aussi un spin-off à Beth et à son fils… (rires)

As-tu commencé à travailler sur la suite d’Amberath ? Car attendre de nouveau quatre ans pour connaître la suite serait assez insupportable pour tes lecteurs.

Non, je m’y mets dès que j’aurai fini le Leonora 2. Le dernier opus sortira l’année prochaine.

Et as-tu d’autres projets futurs que tu peux évoquer dans ton escarcelle ?

Oui, j’ai une autre idée de saga d’urban fantasy, une nouvelle série pour les ados, et des tas d’autres projets… (y compris un nouveau tome de Julie Dumont)… trop pour tous les citer, mais avant de me consacrer à d’autres titres adultes, je termine Rebecca…

Tu évoques une fois le Covid dans le roman. Comment ça se passe un confinement quand on est auteur ?

Je ne peux malheureusement plus rencontrer mes lecteurs en salons et ça me manque terriblement. Pour le reste, je passe ma vie confinée chez moi, à écrire huit heures par jour, donc ça ne change pas grand-chose à ma routine habituelle. Je suis solitaire par nature mais j’avoue que ne pas pouvoir serrer mes amis ou les membres de ma famille dans mes bras commence sérieusement à me taper sur le système.

Tu as connu le succès avec la série Rebecca Kean, puis tu es allée explorer les terres de la littérature jeunesse. Comment vis-tu ton succès ?

Je fais partie des auteurs qui vivent de leur plume et je suis consciente que c’est une incroyable chance. Mais quand on est auteur, on sait que c’est éphémère et que rien n’est acquis, surtout pas le succès… donc je profite de l’instant présent et j’essaie de continuer à faire de mon mieux pour faire plaisir à mes lecteurs. (Je pense que tout le monde a vraiment besoin de rire et de s’évader en ce moment, donc je travaille sans discontinuer. J’ai la tête dans le guidon et ça va faire trois ans que je n’ai pas pris de vacances…^^)

Quel conseil donnerais-tu à un jeune auteur qui cherche à se lancer ?

De conserver un métier en dehors de l’écriture, de ne pas rechercher le succès ou la reconnaissance mais le plaisir d’écrire et de partager.

Quel est ton pire souvenir de salon ? Et le meilleur ?

Mon meilleur souvenir de salon : le jour où j’ai rencontré Robin Hobb.

Mon pire souvenir : Le jour où j’ai dû annoncer aux lecteurs qui s’étaient déplacés spécialement que le libraire avait oublié de commander mes livres.

Merci pour ton temps et tes réponses et à bientôt lors d’un salon, en espérant qu’ils reprennent au plus tôt !

Crédit photo : Philippe Matsas © Flammarion

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de littératures de l'imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d'Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom. Ce faisant il assure également la direction littéraire d'anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *