Les + :

– Une intrigue étonnante

– L’exploitation à fond de l’univers, jusqu’à la plus petite référence

– Une équipe soudée qu’on a plaisir à retrouver

 

Les – :

– Une conclusion trop rapide

– Une répartition aléatoire des moyens techniques sur 13 épisodes

– Une fin pas vraiment à la hauteur de celle apportée par la saison 5

Izel vaincue, l’équipe de Coulson doit plonger dans le passé afin d’empêcher les Chronicoms d’éradiquer le SHIELD de l’Histoire. Mais la troupe est en ordre dispersé : Fitz a (encore) disparu, Simmons est étrange, May est blessée. Coulson est toutefois de retour, plus fort que jamais. Ensemble, soutenus par le Chronicom dissident Enoch, ils vont plonger dans les lignes du temps et tenter de sauver leur passé, leur vie et leur futur.

Sauvée par l’arrivée de Disney +, Marvel : les Agents du SHIELD a été prolongée de deux saisons de treize épisodes au terme de la saison cinq. Après treize épisodes pas déshonorants, mais qui auraient pu être meilleurs, la série revient pour une ultime fournée. Cette fois, nos héros vont affronter les voyages dans le temps. Dans la lignée d’Avengers : Endgame, ils vont tenter de restaurer le passé, de le préserver, afin de lutter contre les Chronicoms.

La série ne peut plus, à ce stade, modifier ses forces et ses faiblesses. Au moment du bilan final, cette dernière saison apporte toutefois beaucoup au background général de la série, se permet des liens avec la défunte série Agent Carter et ose plus que la saison précédente. Est-ce suffisant pour apporter une conclusion correcte ?

Après une conclusion cryptique, mais excitante sur le papier, la saison 6 laissait le spectateur au milieu du gué. Cette septième itération démarre sur les chapeaux de roue et nous plonge rapidement dans les années 30, leur ambiance particulière en pleine prohibition, avec une reconstitution simple, mais soignée. Ce dépaysement fait du bien à l’intrigue, qui expose assez vite les enjeux des six premiers épisodes.

Années 30, années 50, années 70 : la progression temporelle sera alors bien gérée et réussie, consacrant deux épisodes à chaque sous-intrigue d’époque. On comprend vite l’idée des scénaristes d’exploiter les plus petites références au passé du SHIELD qui ont été évoquées jusque-là dans la série. L’équipe menée par Jed Whedon et Maurissa Tancharoen va encore réussir à enrichir son univers, creuser des personnages à peine entrevus, déjouer les pronostics. Cette qualité d’exploitation du lore étonne encore, tant le curseur avait été poussé loin dans les saisons précédentes (comme la 4).

Cela permet aux scénaristes de boucler la boucle avec le spin-off Agent Carter, laissé en jachère après deux saisons et qui revient ici par le biais de l’Agent Sousa (Enver Gjokaj). Cette bonne idée donne encore un peu plus de cohérence à l’ensemble, ce qui laissera de gros regrets sur l’incapacité des studios Marvel a utilisé ce talent à tout lier – une qualité commune aux séries créées par Joss Whedon.

A partir de l’épisode 7, toutefois, la série va choisir de s’axer sur certains personnages (ici Deke et Mack par exemple). L’équipe n’a plus qu’à conclure ses rapports, aussi les éléments dramatiques seront assez légers. On regrettera l’absence prolongée de Fitz et la fin, assez triste, d’un personnage qui accompagnait les agents depuis un bon moment. Pour le reste, le spectateur sera en terrain connu. Le scénario reviendra à partir de ce moment-là à quelque chose de plus conventionnel : des méchants plus stéréotypés, avec Nathaniel Malick (Thomas E. Sullivan) en mode Heath Ledger/Joker, mais aussi des histoires moins surprenantes.

Les scénaristes nous ramènent même un énième épisode « un jour sans fin », grand classique des séries SF, pour meubler un peu. Le double épisode final, très convenu même si bien doté budgétairement, reste dans cette lignée.

Cette ultime saison est donc loin de l’ampleur de la saison 5, qui fonctionnait déjà comme un point conclusif à Agent du SHIELD. En treize épisodes, les scénaristes ont choisi un démarrage prenant avant de basculer vers du très classique, c’est dommage.

Côté production, la saison 7 revisite des décors connus et en propose de nouveau, mais offre surtout un niveau technique correct, avec des effets spéciaux très réussis. De nombreux acteurs sont présents, avec de chouettes hommages (James Paxton reprend le rôle de son père, John Garrett, plus jeune). La notion de famille, d’équipe, est aussi mise en avant de ce point de vue. A la réalisation, rien n’est vraiment surprenant, la série est cette fois montée avec efficacité. Côté musique, le compositeur Bear McCreary s’adjoint les services d’un équipier, Jason Akers. Ils se sont bien amusés, notamment en déclinant le thème du SHIELD à toutes les époques parcourues.

CONCLUSION

Marvel : les Agents du SHIELD aura connu sept saisons, la plupart d’un excellent niveau. On ne peut que se réjouir qu’elle ait bénéficié d’un vrai soutien de Disney, avec une vraie conclusion. Même si ces deux dernières saisons n’auront pas été du niveau des premières , elles auront renforcé la cohérence d’ensemble de l’univers du SHIELD, en faisant un élément incontournable pour les amateurs du MCU.

Il est triste de dire au revoir aux personnages que l’on a suivis si longtemps. Mais le moment est venu. L’équipe derrière la série aura créé un ensemble efficace, prenant, avec de grands moments et c’est le principal.

Kevin

Kevin

Passionné d'imaginaire, Kevin lit, voit et assiste à pas mal de choses. Il partage ses découvertes et aime repartir vers le passé, le temps d'une chronique ou d'un article. Depuis 2008, il joue aussi les scribouilleurs amateurs chez Rivière Blanche (Dimension Écologies Étrangères), Malpertuis (Malpertuis VI, Malpertuis X) ou les éditions Mots & Légendes où son premier roman de Fantasy historique, Entre la Louve et l'Olympe, est disponible.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *