Naos nous propose en cet été de redécouvrir un roman de Laura Gallego, publié précédemment en 2009 chez Baam ! (Flammarion). Le label des Indés de l’Imaginaire semble décidé à proposer de plus en plus d’urban-fantasy et cela n’est, de base, pas pour me déplaire. Mais pour une fois je suis tombé face à un roman qui m’a laissé très circonspect…

“Si tu allumes un cierge pour Dieu, allumes-en deux pour le diable, réplique-t-il. À toi de voir !”

Si Cat est certaine que les anges existent, c’est parce que son père en était un. Le jour où il est assassiné sans raison apparente en Pologne, Cat se fait une promesse : se venger. Mais comment faire pour remonter jusqu’aux meurtriers, lorsque l’on n’est qu’une humaine ? Et à qui faire confiance : au démon aux yeux d’acier qui lui tend la main ou à l’ange guerrier qui méprise ses projets ?

Le scénario proposé par l’autrice hispanique est finalement assez classique avec la jeune Cat qui cherche pourquoi son père, un ange, est mort. Elle parvient à cultiver le mystère tout au long du roman, enveloppant sa résolution de multiples couches afin que le lecteur ne la voie pas venir. Et pourtant… J’ai trouvé cela par moment par trop truffé de bons sentiments. Je n’ai rien à redire au fait que Laure Gallego soit chrétienne, mais son roman en est beaucoup imbibé de tous les côtés pour que cela n’ai pas gêné ma lecture. J’ai déjà eu l’occasion de lire des romans prenant les éléments de la religion chrétienne pour l’adapter en urban-fantasy et je n’ai pas eu le moindre problème. Mais là j’ai réellement peiné à finir le roman tant l’action me fut gâché par le côté sirupeux et religieux de l’ensemble. Attention, il n’est pas prosélite mais cette omniprésence a très clairement gêné ma lecture.

Au demeurant les personnages de l’autrice sont bien créés et leurs interactions sont parfaitement crédibles si l’on se base sur la vision qu’elle peut en avoir. De même le style assez simple et facile à lire aide à s’immerger dans le roman. Ne reste donc que le bémol relevé plus tôt pour assombrir le tableau malheureusement. Pourtant tous les éléments d’un bon roman d’urban-fantasy étaient réunis…

Un roman qui n’était clairement pas pour moi. Il n’est pas dénué de qualités tant stylistiques que scénaristiques mais les aspects clairement trop catholiques m’ont sorti de ma lecture, dommage. Après si vous aimez les histoires d’ange et de démons jetez-y un coup d’œil, il pourrait parfaitement vous correspondre.

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de littératures de l'imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d'Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom. Ce faisant il assure également la direction littéraire d'anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *