Slipknot + Behemoth – AccorHotels Arena – Paris – 30/01/2020

Si on m’avait dit un jour que j’aurais pu être invité à écrire pour un concert à la superbe salle qu’est l’AccorHotels Arena, je ne l’aurais pas cru. Et c’est pourtant chose faite, qui plus est pour mon baptême de ce lieu mythique ! Je me dirige donc vers cette salle le Jeudi 30 Janvier 2019 pour le concert de Slipknot, programmé par Live Nation à l’occasion de la tournée We are not your kind world tour en l’honneur de la sortie de leur dernier album, vous l’aurez deviné, We are not your kind. En première partie de ce show qui promet d’être excellent, nous auront droit aux polonais de Behemoth qui nous offrirons leur génialissime Black/Death. Deux gros groupes ce soir donc, un concert comme ça, je l’attendais depuis quelques mois !

Il est 18h10 quand j’arrive devant l’AccorHotels Arena, et déjà je me suis rendu compte que ce soir n’allais pas être une soirée comme les autres, à l’extérieur en arrivant, il y avait du monde partout ! On pouvait entendre dans les sonos du Slipknot dès l’arrivée, et on avait vraiment l’impression de voir un grand rassemblement ! Je n’ai pas l’habitude de ce genre de gros concerts, j’avais l’impression de retrouver un peu l’ambiance des festivals d’été en voyant tout le monde faire la fête tous ensemble dès l’entrée !

Je me dirige donc vers l’intérieur de la salle, en passant par l’entrée Loges & Salons de la salle (eh, on est invité ou on ne l’est pas ?), je passe par le petit escalier où je suis absolument tout seul, vrai contraste avec l’extérieur, aucune file d’attente, et je me retrouve dans l’anneau entourant les gradins. Franchement, Live Nation, vous m’avez mis bien ! 

Je m’installe tranquillement à la place qui m’a été attribuée et contemple l’intérieur de la salle en attendant le début du premier concert. La première chose qui me saute aux yeux est la taille de la salle : c’est gigantesque ! Pour l’instant, la salle n’est pas encore remplie, et me permets donc de voir tout ce qui se passe à l’intérieur. On y voit des choses que l’on ne voit pas dans les concerts classiques. Par exemple, il y a des Monsieurs Bière !! (c’est comme ça que j’appelle les personnes qui se baladent avec un fût sur le dos en proposant des bières à l’assemblée sans qu’ils n’aient à se déplacer). Autre chose, la présence de publicités, on peut voir des pubs pour le Knotfest UK, pour le whisky Slipknot, le Knotfest at Sea, etc… Au moins on est dans le thème !

Peu avant 19h00, un simple coup de basse pour les balances aura suffi à lancer les premiers cris dans le public, et ces cris me font réaliser une fois de plus la grandeur de la salle, je ne m’en rendais pas encore réellement compte, mais on entend bien un bruit de grande foule, malgré le fait que la salle ne soit qu’à moitié remplie pour le moment.

Dans le public, on voit quelques déguisement en combinaison de Slipknot par exemple, une fois de plus folklore que l’on ne retrouve pas forcément dans la plupart des concerts auxquels j’assiste.

Vers 19h15, le volume des publicités et de la musique augmente petit à petit pour annoncer que le concert commencera bientôt, puis vers 19h30, les lumières s’éteignent afin de laisser place au premier groupe de la soirée : Behemoth !

 

Behemoth est un groupe de Black/Death formé en 1991 en Pologne. Le groupe tourne actuellement en défendant en partie leur dernier album en date I loved you at your Darkest, sorti au dernier trimestre de 2018. C’est d’ailleurs avec l’introduction de ce dernier album que le concert commence. Les samples font retentir les voix d’enfants, mettant tout de suite une ambiance sombre. C’est à ce moment que le groupe entre. Le batteur nous lance des signes à base de croix à l’envers, et le groupe apparaît tous encapuchonnés comme à leur habitude, dans une épaisse fumée blanche, dont le tout est accentué par des spots blancs, faisant ressortir l’ensemble. Puis le concert commence avec Wolves ov Siberia, première chanson de ce dernier album. Commencer le concert par un bon rythme black soutenu par un bon blast était un choix simple (on démarre par le début du dernier album), mais un très bon choix pour tout de suite nous emmener dans l’univers musical du groupe. On a un bon exemple de ce que le groupe est capable de faire avec cette chanson, une bonne voix Death, de la bonne musique black, quelques passages très mélodiques, et l’ensemble très harmonieux, même dans ses passages les plus violents.

Le son est plutôt agréable, à vrai dire, j’ai très régulièrement entendu des critiques négatives concernant le son de cette salle, et si en discutant après les concerts j’apprends que dans le fond de la fosse le son n’était pas terrible, là où je me trouvais, il était plutôt bon. Le seul point négatif selon moi étant le volume insuffisant sur la caisse claire, ne faisant pas ressortir les blasts comme ils peuvent l’être sur album.

Visuellement, on a quand même un très beau spectacle pour un premier groupe de soirée, entre un énorme drapeau en arrière plan, des écrans de chaque côté du batteur, littéralement des cascades de fumées tombant de la petite plateforme où se trouve le batteur pour retomber sur la scène, ou encore quelques flammes, tout est très beau à regarder !

Comme moments assez forts du spectacle, je retiendrais la chanson Rom 5:8 avec ses passages à la double pédale nous faisant presque aller vers le black ambiant, la chanson Bartzabel où le chanteur Nergal arrive avec son énorme couvre chef faisant penser à un évêque (du mal), ou encore un passage où notre cher frontman semble maudire le public avec des petits accessoires enflammés.

Si au début du concert, la salle n’était que partiellement remplie et le public ne participait pas vraiment, on voit une grande différence entre le début et la fin du concert. On a quelques pogos qui commencent vers la fin du set (bon, parfois, pas du tout au moment opportun si l’on écoute la musique, mais disons que c’est le geste qui compte, j’imagine ?), et lors de quelques moments où la lumière est faite de sorte à voir le public dans son entièreté, on se rend compte que la salle commence à être bien pleine.

Après nous avoir dis que le groupe était très content d’être revenus et qu’ils reviendront, ce dernier nous quitte sur Coagvla samplé au bout de 40 minutes de set, avec les membres du groupes qui viennent une dernière fois sur scène accompagner la musique aux tambours.

Fin du premier concert de la soirée, et c’était une excellente manière de commencer, même si ce groupe n’a pas grand chose à voir avec la tête d’affiche, ce sont ce soir deux gros groupes et deux groupes qui me plaisent, je suis ravi de cette première partie !

Setlist : Wolves ov Siberia / Daimonos / Ora Pro Nobis Lucifer / Bartzabel / Rom 5:8 / Blow Your Trumpets Gabriel / Ov Fire and the Void / Chant for Ezkaton 2000 / Coagvla

 

Il est désormais 20h10, et il y aura du temps entre les deux groupes, Slipknot n’est prévu qu’à 21h00 ! Je décide donc de passer le temps et de faire le tour et visiter cette superbe salle qu’est l’AccorHotels Arena. Je peux grâce à ça voir d’autant plus la grandeur de la salle en voyant la préparation de la scène depuis le fond. La préparation est bien évidemment cachée par un énorme drapeau Slipknot, mais qui me paraît tout petit vu d’ici ! Après avoir fait le tour et être passé bar le bar, je reviens me positionner et attends sagement en discutant avec mes voisins. Puis arrive le moment tant attendu, il est 21h05, et l’introduction du groupe sonne, ça y est, le concert de Slipknot commence !

 

Je ne pense pas qu’il soit utile de présenter Slipknot, mais si jamais quelqu’un qui nous vient d’un espace temps trop lointain pour connaître ce dernier, Slipknot est un groupe américain de néo métal créé dans l’Iowa en 1995. Vous ne réussissez pas à vous rendre compte du style du groupe avec ces informations ? Il est vrai que le néo métal est un style un peu fourre tout qui est plus propre à une période qu’à un style de musique en particulier. Alors si jamais par malheur vous ne connaissez pas, je ne peux que vous conseiller d’écouter. Ce groupe aura marqué toute une génération, en particulier dans les années 2000, en présentant des choses qui ne sont pas habituelles. Prenons pour exemple le fait que le groupe soit composé de 9 personnes, ce qui est absolument énorme ! Grâce à ça, on peut voir une énergie absolument incroyable sur scène, habituellement, ça bouge de partout et il y a toujours un endroit où regarder. Ensuite, musicalement, on a de la musique très énervée, des blasts et tout ce qu’il faut pour faire du joli métal violent, mais tout en ayant des parties chantées, voire même des parties rapées ! Tout ça pour dire que, si jamais vous êtes passés à côté d’un tel groupe, lisez cet article jusqu’au bout (on ne perds pas le nord), puis allez écouter de suite ! Le groupe vient ici défendre son dernier album en date sorti l’été dernier, We are not your kind.

Une fois l’introduction passée et le drapeau levé, le concert commence sur la chanson Unsainted tout droit sortie du dernier album, et dès cette première chanson, qui pourtant est loin d’être la plus violente du groupe, je peux voir depuis ma place d’énormes mouvements de foule, c’est absolument incroyable de voir ces vagues humaines se propager ! 

Au niveau du décor, le groupe a mis le paquet, on a des écrans sur toute la largeur, et toute la hauteur de la scène, on en a même sur les percussions (le souci du détail !). De plus, des passerelles reliant les deux percussionnistes ont été installées en hauteur afin de permettre aux membres du groupe de se balader et d’aller rejoindre leurs petits copains s’ils le souhaitent (il y a du monde sur scène rappelons le, tout le monde ne peut pas jouer en même temps à chaque instant, parfois des petites balades ou des petites chamailleries entre copains s’imposent !). 

Concernant le son, je ferai exactement la même remarque que lors du premier concert de la soirée, suite à des discussions après le concert, j’apprends que dans la fosse, le son n’étais pas exceptionnel et manquait de balance, en particulier sur la voix que l’on entendait pas trop, mais de là où j’étais placé, le son était une fois de plus très bon, et j’étais capable d’entre chaque instrument, et même (ce qui est rare) de dissocier les voix lorsque les percussionnistes prenaient le micro, donc sur ce côté là, je suis agréablement surpris !

Suite à cette première chanson, une première vague de violence arrive, et le groupe nous amène à la suite Disasterpiece et Eeyore, durant ce moment, je n’ai pas réussi à prendre mes petites notes habituelles, j’ai rangé mon matériel, et me suis brisé la nuque comme il le fallait. A noter que j’étais placé en gradin, et que même à ces places, tout le monde était debout et tout le monde bougeait ensemble, c’était très agréable à vivre ! Après cette première vague de violence, le chanteur Corey Taylor prends une première fois la parole, en essayant de parler français. « Merci beaucoup ! Bonsoir mes amis, ça va ? ça va ? ça va ? » Puis il repris la parole en anglais en nous disant qu’il est ravi de revenir à Paris, que c’est une de ses villes favorites dans le monde entier, et que le groupe nous promets quelque chose de spécial pour ce soir, mais que ceci ne se fera pas sans le public. Après cette prise de parole, le groupe entame la chanson Nero Forte, et j’aimerais m’arrêter quelques instants sur cette chanson. Chose que je ne savais pas (car je crois de toutes façons que sur album, Corey Taylor chante la chanson en entier), sur cette chanson, le nouveau venu du groupe que personne ne connaît, à savoir celui que les gens surnomment Tortilla-Man, prends le micro durant les refrains. Mais pas seulement pour crier un truc à droite à gauche entre deux paroles, il s’agit presque d’un duo en live ! D’ailleurs, ce dernier quittera même à un moment ses percussions pour aller rejoindre notre frontman sur le devant de la scène. Je ne sais pas si c’est quelque chose de classique chez Slipknot ou pas, mais en tout cas pour ma part, c’était la première fois que je voyais ça. Très bonne intégration à vous, Monsieur l’inconnu !

Au niveau de la présence sur scène, vu que nous abordons le sujet avec Tortilla-Man, avec autant de monde sur scène, il est évident que celle-ci est bien occupée. Entre les percussionnistes en hauteur, le batteur surélevé, et le DJ sur le côté avec son tapis roulant, on a de quoi contempler. D’ailleurs, j’aimerais mettre l’accent sur les deux personnes qui selon moi sont à regarder le plus durant les show actuels de Slipknot. Premièrement, le DJ avec son nouveau masque qui est à mourir de rire, c’est un masque qui épouse presque le visage de la personne, permettant à celui-ci de nous faire des expressions de visages incroyables et de jouer avec son masque ! Et ensuite, j’aimerais remettre l’accent sur Tortilla-Man qui m’a bien fait rire, notamment lors de la chanson Psychosocial, puisque après avoir provoqué le clown Shawn Crahan lors d’un battle de percu, celui ci pars et se mange une énorme chute, puis se relève comme s’il ne s’était rien passé ! 

Puis au bout de quelques chansons, le concert s’achève sur le même enchaînement de violence que lors du commencement de ce dernier, je me vois obligé de quitter une fois de plus mes notes pour participer à cette fin de concert avec tout le monde, avec l’enchainement (sic), People=Shit et l’hymne de Slipknot : Surfacing ! Sur cette chanson, tout le public sait très bien qu’il s’agit de la dernière du concert, puisque tous les concerts du groupe finissent sur celle-ci, et ça se voit, il se donne à fond, chante le refrain en chœurs le majeur levé vers le ciel afin de s’achever une bonne fois pour toutes avant de reprendre une vie normale.

Après une énorme ovation de plusieurs minutes de la part du public, certains membres du groupes passeront les uns après les autres saluer le public pour le remercier, il est désormais temps de rentrer.

Setlist : Unsainted / Disasterpiece / Eeyore / Nero Forte / Before I Forget / New Abortion / Psychosocial / Solway Firth / Vermilion / Birth of the Cruel / Wait and Bleed / Eyeless / All Out Life / Duality / (sic) / People = Shit / Surfacing

 

Cette soirée sera passée à une vitesse astronomique. Les deux groupes de la soirée nous ont offert des concerts d’exception, dans une salle d’exception. Je pense que le public en aura eu pour son compte et son argent, vraiment, ce soir, il y avait de la qualité. Mon seul petit regret aura été le fait de retirer la chanson Spit it out du set de Slipknot (sniff… on n’aura plus de Jumdafuckup), mais c’est de l’ordre du détail ! Merci aux groupes pour ces excellents concerts, et un énorme merci à Live Nation pour l’invitation, ce soir, je rentre chez moi le sourire aux lèvres.

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