Les finlandais d’Oranssi Pazuzu sont de retour cette année avec un tout nouvel album, treize ans après leur création, Mestarin Kynsi. Les rois du black metal psychédélique en sont à leur cinquième effort musical et je dois dire que avant d’écouter cette nouveauté je n’avais aucune idée de ce qu’ils faisaient. Eh bien c’est on ne peut plus surprenant ! C’est parti pour un voyage musical inattendu…

Ilmestys nous mets directement dans l’ambiance : son saccadé, presque bordélique, et pourtant terriblement harmonieux. La voix de Jun-His surprend également par son côté vraiment sépulcral et inquiétant. Clairement la musique d’Oranssi Pazuzu est complexe à en perdre la tête. On ne sait plus à quoi s’attendre la seconde d’après, et pourtant on plonge dans cette noirceur délicieuse que le groupe propose. Tyhjyyden sakramentti qui vient ensuite poursuit dans la même voie : une batterie saccadée, un son étrange par-dessus, presque spatial. En termes de composition c’est presque prog tant l’ensemble est complexe, étrange, inattendu. On ne rompt pas avec l’intensité musicale grâce à Uusi teknokratia. De nouveau une ambiance à la fois sombre et stellaire nous accompagne durant les plus de dix minutes de la piste. Quelques phases viennent accentuer ce côté étrangement surprenant de la musique du groupe.

Oikeamielisten sali qui vient ensuite propose un riff de guitare entêtant dès les premières secondes et celui-ci ne nous quittera pas. Inquiétant, prenant, immersif, autant d’adjectifs définissant merveilleusement cette musique. Puis d’un coup s’accélère, nous emmenant encore plus haut. Ma piste préférée de cet album, c’est certain. Kuulen ääniä maan alta et Taivaan portti sont clairement de la même veine à la fois psychédélique, immersive et black.

On ne ressort pas de cet album d’Oranssi Pazuzu sans séquelles. Certains détesteront l’aspect déstructuré de leur musique, personnellement cela m’a sorti de mes habitudes et j’ai trouvé cela particulièrement inspirant. Le fait est que certains en ressortiront avec la migraine, d’autres avec des images plein la tête. Et c’est cela qui fait la beauté de la musique : il y en a pour tous les goûts et toutes les couleurs ! En tous cas je réécouterais clairement ce groupe à l’avenir !

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de littératures de l'imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d'Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom. Ce faisant il assure également la direction littéraire d'anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

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