Freedom – Le Chemin de fer Clandestin – ASYNCRON GAMES

Il y a des jeux qui font le buzz. Il y a des jeux qui sont de gros cartons. Il y a des jeux qui sont magnifiques. Il y a des jeux qui marquent. Le premier d’entre eux pour cette année 2020, c’est Cthulhu, Death May Die (j’en ai parlé ICI ).

Et puis, il y a des jeux, qui, de part leurs thèmes abordés, ne laissent pas le joueur indifférent. Ici, le thème en question, c’est la libération des esclaves aux USA. Les joueurs, tous ensemble, vont devoir s’arranger pour faire traverser les US à ces esclaves qui quittent les plantations sudistes pour les envoyer vers la liberté, au Canada.

Cependant, un bon thème ne fait pas forcément un bon jeu. Ici, on n’a pas affaire à un bon jeu. Mais à un jeu EXCEPTIONNEL, qui j’espère, fera date et qui rencontrera le succès qu’il mérite.

 

 

En plus d’être d’une grande richesse tactique et stratégique, le jeu est tout simplement magnifique. Ici, une (petite) partie du plateau de jeu.

Asyncron est un éditeur dont la renommée n’est plus à faire : Fief, Mare Nostrum, Hannibal, etc. Le catalogue regorge de titres qui évoquent forcément quelque chose auprès de l’oreille des joueurs.

Un autre point commun des jeux Asyncron, c’est la qualité générale du matériel qui compose le jeu. Ici, c’est une évidence, Freedom ne déroge pas à la règle : le jeu est très très beau : le plateau de jeu principal est monstrueusement grand (prévoyez en effet une table assez grande pour jouer dans les meilleurs conditions), aux couleurs pastel très agréables à l’œil et qui sont parfaitement dans le ton. Les cartes – plastifiées – n’ont même pas besoin d’être sleevées tant elles sont résistantes (je les soupçonne même d’être waterproof, même si je n’ai pas testé, j’avoue ^^). Les autres pions et meeple ne sont pas en reste.

Il n’y a pas photo : même si j’aime les figurines en plastique, le bois, pour les meeple et autre pions, ça le fait grave, pour un jeu 🙂

Mais, comme je dis toujours, un beau je ne fait pas un bon jeu non plus.

FREEDOM – Le Chemin de fer Clandestin, est un jeu coopératif où 1 à 4 joueurs vont unir leurs forces afin de permettre la fuite des esclaves noirs forcés à travailler dans les plantations sudistes, vers la liberté : le Canada.

Évidemment le jeu s’appuie sur un – triste – contexte historique. C’est, je l’avoue, ce qui m’a au départ le plus tenté dans ce jeu : ce thème, fort, et qui parle à tout le monde (enfin, j’espère).

Et c’est une réflexion que je me suis faite à posteriori : moi qui suis enclin aux achats d’impulsion (la couverture d’un livre qui claque, une grosse boîte de jeu remplie à ras bord, etc..), si j’avais suivi ma logique, je ne me serai sans doutes pas penché sur ce jeu. Comme quoi… 😉

Dans Freedom, donc, les joueurs vont devoir favoriser la fuite des esclaves vers le Canada, symbole d’une liberté retrouvée. Pour ce faire, ils vont devoir guider les esclaves depuis les plantations de coton vers les terres nordistes, puis le canada, en prenant bien soin de leur faire éviter les chasseurs d’esclaves qui vont se lancer à leurs trousses pour tenter de les renvoyer dans ces fameuses plantations.

La partie gauche de plateau de jeu. Avec les 3 époques à traverser, les pions et les cartes abolitionnistes à acheter.

Chacun va donc incarner un personnage, tiré au hasard (ou choisi) parmi un panel de 6, tous possédant des capacités différentes, toutes très utiles à un moment ou un autre au cours de la partie (dont une à usage unique, donc à utiliser avec parcimonie).

Au cours des huit tours (à 2 joueurs, c’est plus à 3 ou à 4) que va comporter une partie, il faudra faire déplacer les chasseurs d’esclave, s’organiser (c’est à dire acquérir des jetons conducteurs qui vont permettre de déplacer des esclaves, ou encore effectuer une levée de fond pour recevoir de l’argent, ou enfin acheter un jeton soutien – qui permet de faire avancer l’Histoire et ainsi rapprocher les joueurs de la victoire finale), effectuer ses actions (déplacer les esclaves, etc…), acheter (ou non) une carte abolitionniste – très utiles et indispensables à la bonne réussite des joueurs, et enfin, mettre à jour les marchés aux esclaves (en replaçant les « nouveaux » arrivants dans les plantations). Sachant que si les esclaves du marché actuel ne peuvent pas tous être absorbés par les plantations, ils sont considérés comme perdus pour les joueurs. Et il ne faut pas dépasser un certain nombre de ces esclaves « perdus », sous peine de perdre la partie.

Vous l’aurez donc compris, le jeu est RICHE, très. Je ne vais pas – à dessein – rentrer dans le détail de chacune de ces phases, parce que ce serait bien trop long (et donc risque de décrochage à la lecture).

Et c’est bien une des premières fois où ça me gène, parce que le jeu le mérite vraiment ! J’ai donc crée une « galerie » de certaines images prises en cours de partie (juste un peu en dessous) ce qui vous permettra de vous rendre compte de la joliesse général du jeu et d’avoir une idée de certains éléments et certaines mécaniques 🙂

Certains points, cependant, afin de vous donner une idée du de la diversité de la jouabilité :

1/ Le jeu est divisé en 3 « époques » : 1800-1839 / 1840-1859 / 1860-1865. Au cours de ces trois époques, les joueurs vont pouvoir acheter des cartes abolitionnistes (nombreuses et TOUTES historiquement exactes) qui vont leur donner certains coups de pouce : déplacer gratuitement des esclaves, en faire sortir directement vers le canada, acheter des pions conducteur à moindre coût, etc). Très utiles, même s’il faut bien gérer ses achats, car il est impératif, pour remporter la partie, d’acheter TOUS les pions soutien (qui valent 10$ chacun, une grosse somme par rapport à l’argent dont disposent les joueurs). Pour vous donner un exemple, à deux joueurs, il y a en tout et pour tout 7 pions soutien à acheter. D’autant que pour passer d’une époque à une autre (et donc avoir accès aux cartes et pions correspondants), il est impératif que tous les pions soutien d’une époque (qui représentent, historiquement, la montée de la cause abolitionniste auprès de la population), aient été achetés par les joueurs.

Début de partie à deux joueurs. Tout est en place : les chasseurs d’esclave, les marchés. Et les premiers esclaves dans leurs plantations, prêts à être secourus. C’est le début d’une aventure de longue haleine

2/ Le déplacement des chasseurs d’esclave se fait par le truchement d’un jet de dé qui est effectué en début de tour. Un des 5 chasseurs va donc se déplacer (ou pas, avec un peut de chance ^^), et risquer de capturer certains des esclaves qui montent vers le canada. Le déplacement de ces chasseurs se fait en suivant des lignes bien définies qui rappelleront quelque chose aux joueurs de Pandemic – la Chute de Rome. Et 5 chasseurs, ça fait beaucoup ! Même s’ils restent dans la partie nord des EU, ça devient compliqué assez rapidement. Le pire ? Lorsqu’un esclave termine son déplacement, si l’emplacement sur lequel il arrive est traversé par la ligne de déplacement d’un chasseur d’esclaves, ce dernier le « piste » et se rapproche d’une case vers lui (avec toutes les conséquences néfastes que cela induit quelquefois).

3/ Tout le monde n’adhérait pas à la cause abolitionniste (malheureusement) : c’est la raison pour laquelle, dans chaque paquet de cartes abolitionnistes, il y a des cartes Opposition : leur effet est presque toujours violent et toujours très contraignant pour les joueurs. Il faudra les gérer et s’en défaire au plus vite.

4/ Les différentes capacités spéciales des cartes rôle sont très puissantes et joueront forcément dans la balance pour la victoire. Attention, cependant, elles sont à usage unique, donc à utiliser avec sagesse et au dernier moment.

5/ Le hasard est quasi inexistant : en effet, même si certains éléments de jeu reposent sur ce dernier (la déplacement des chasseurs, la répartition des cartes marché aux esclaves), la quasi-totalité de vos actions aura une (des) conséquence(s) logiques que vous serez en mesure d’évaluer en amont.

 

FREEDOM est un jeu où la coopération et la discussion entre joueurs doivent être permanents pour espérer l’emporter. D’autant que le jeu n’est pas facile. Vraiment. Il y a 2 difficultés, mais, sincèrement, nous sommes déjà bien contents d’avoir remporté la partie plusieurs fois en mode « facile » – c’était systématiquement sur le fil.

 

Je ne vais pas plus loin, mais sachez que le jeu possède d’autres mécaniques connexes qui lui confèrent une p***** de profondeur de jeu, et une rejouabilité impressionnante.

 

Si vous aimez les jeux en mode coopération et que vous n’avez pas « peur » de passer du temps en planification et en discussions avant un tour, sérieusement, FONCEZ sur ce jeu. Il est – vraiment – extraordinaire.

 

GALERIE

 

 

 

 

 

 

Une des trois plantations de départ, d’où vont tenter de s’échapper les esclaves. Certains ont déjà entamé leur long périple vers la liberté. Mais les chasseurs d’esclave sont déjà en mouvement, et guettent… Certaines plantations peuvent accueillir plus d’esclaves que ceux du départ. Heureusement, cela vous aidera à gérer l’afflux massif lors des premiers tours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le marché aux esclaves pour les trois tours à venir. Il va falloir faire sortir, lors du tour en cours, 7 esclaves vers plantations afin de parvenir à absorber ces esclaves à venir ! Pas facile, croyez-moi… 🙂

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Agent, et sa capacité spéciale, qui permet de retirer un esclave de chaque marché à venir. Très utile lorsque les plantations sont saturées et que la route vers la liberté est compliquée. Attention cependant, une fois utilisée, cette capacité n’est plus disponible de la partie. La carte est retournée. Et l’Agent ne pourra donc plus déplacer qu’un seul esclave gratuitement par tour à la place de 2 (mais garde ses revenus de 1$)

À gauche de la carte rôle, un pion Conducteur. Celui-ci, par exemple, permet de déplacer 4 esclaves différents d’une case chacun. Chaque pion a un coût, et ces derniers ne sont pas disponibles en quantité illimité. Leur achat et leur usage doivent être murements réfléchis…

 

 

 

 

 

J’aurai pu rajouter encore de nombreuses photos… Mais je vous laisse le soin de découvrir tout ça par vous même… 😉

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