On sait depuis longtemps que la Suède, en terme de culture musicale, fait aussi bien la part belle au metal le plus redoutable qu’à la pop la plus dansante. Fort de ce riche héritage, The Night Flight Orchestra parcourt le monde depuis maintenant 13 ans et propose, avec Aeromantic, son cinquième aller-retour vers les années 80.

Car c’est bien un voyage temporel que nous offre le groupe à chaque nouvel album, et autant le dire tout de suite, Aeromantic ne proposera pas de détour inattendu aux aficionados de la musique des Suédois. La formule TNFO, c’est à la fois une production moderne et un hommage appuyé aux groupes qui ont fait l’histoire de la pop-rock radio-friendly. C’est aussi un univers délicieusement retro, qui évoque des virées en décapotable le long des côtes californiennes sous un coucher de soleil aux tons magenta.

Pourtant, Servants Of The Air pourrait donner l’illusion que le groupe opère un léger virage, alors que les intonations du très talentueux Björn Strid frôlent le melodeath qu’on lui connaît du côté de Soilwork. Fausse alerte, et Divinyls remet les choses dans l’ordre dès la piste suivante. Ceux qui découvrent le groupe avec ce single penseront immédiatement à Ghost, le côté sataniste grand-guignol en moins. Probablement le titre qui a le plus de chance de rester en tête à la fin de l’album, grâce à un refrain accrocheur. Preuve en tout cas que les deux formations ont un ancêtre commun, dont la parenté apparaît encore plus flagrante sur le troisième titre, If Tonight Is Our Only Chance : un certain Abba. L’illusion est frappante, à tel point qu’on peut se demander s’il ne s’agit pas d’une cover.

Les autres influences apparaissent en filigrane sur le reste de l’album, de Foreigner à Toto. La cerise kitsch sur le gâteau : les chœurs féminins des « Annas » (Anna-Mia Bonde et Anna Brygård). Discret, le duo accompagne efficacement Björn sur les refrains, comme sur Taurus et Carmencita Seven. Bien sûr, ce sont surtout les touches de claviers qui donnent à la musique de TNFO son cachet authentique. Ce n’est pas pour autant que le groupe se contente de reprendre des tropes vieux de près de quarante ans sans y apporter leur patte. Nostalgique oui, pompé non.

On ne peut que saluer le travail des musiciens et de leur équipe pour donner à leurs compositions cet aspect retro sans faire oublier qu’il s’agit bien d’un groupe actuel. L’équipage, comme ils aiment à se présenter, n’a nulle autre ambition que de permettre à ses auditeurs de retrouver un peu du charme insouciant d’une époque que la nouvelle génération ne connaît qu’à travers une certaine culture populaire.

Lorsque l’avion se pose, moins d’une heure après le décollage, on se demande si le voyage était réel. À quelques titres près, et malgré la qualité indiscutable de la musique du groupe, Aeromantic n’est pas si inoubliable. On passe un bon moment, certes, mais sitôt l’écoute terminée, la nostalgie s’arrête et on en oublie la moitié. Rien n’empêche néanmoins de relancer l’album, qui s’écoute sans modération et donne le sourire en des temps difficiles où l’on en a bien besoin. Pourquoi demander plus ?

Wolflord

Wolflord

Infatigable arpenteur des plans de l’imaginaire, je me réincarne au fil de mes voyages. De Gotham City à R’lyeh, du sanctuaire d’Athéna aux terres de Rokugan, je parcours les mondes en quête de nouveaux défis à relever et d’histoires à raconter. Et sans jamais oublier de prêcher la bonne parole du dieu Metal.

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