Les secrets du premier coffre – Fabien Cerutti

La saga du Bâtard de Kosigan, lancée en 2015 avec L’Ombre du pouvoir, n’a de cesse de rencontrer le succès, tant critique et commercial. Après déjà quatre tomes parus l’auteur nous propose de développer son univers avec un recueil de nouvelle, Les secrets du premier coffre, qui lui offre la possibilité de se détacher de son protagoniste principal pour nous en dire plus d’autres personnalités hautes en couleur.

Avec ce coffre empli de trésors littéraires, Fabien Cerutti propose six textes qui enluminent ou permettent de découvrir l’univers de sa série à succès Le Bâtard de Kosigan. Avec un récit de la jeunesse gouailleuse du Bâtard en Italie, une pièce de théâtre truculente à la cour d’Angleterre, un drame amoureux entre un pape et une satyre, un journal de voyage aux confins du monde en quête des elfes de Chine, et bien d’autres surprises encore, l’auteur nous émeut, nous surprend, nous fait frissonner, nous dépayse et nous emporte dans son imaginaire vif et attachant.

Un petit mot avant d’entrer dans le vif du sujet concernant cette édition du livre, qui est juste magnifique avec sa couverture rigide, les dorures sur la couverture et la mise en page. Mnémos a fait un très gros travail pour rendre le livre aussi beau que bon, et cela mérite d’être signalé.

Passons maintenant au recueil de nouvelles proprement dit. Fabien Cerutti parvient avec une facilité déconcertante à nous emmener sur les pistes de ses personnages, et cela dès les premières pages, avec notamment l’histoire de Dwerkin dans Légende du premier monde. Cette nouvelle d’ouverture nous invite en douceur à entrer dans le recueil, le lecteur n’ayant pas besoin de connaître l’univers du Bâtard pour se sentir happé. Ensuite les textes s’enchaînent pour notre plus grand plaisir. Je ne vais pas trop vous en dire sur chacun d’entre eux, évitant ainsi de vous gâcher les surprises, mais sachez que Ineffabilis Amor est mon préféré. Cette histoire mettant en avant le Pape Innocent III et ses amours pour les créatures anciennes est juste magnifiquement menée et émouvante. Mention spéciale pour Les Jeux de la Cour et du Hasard, qui est une réécriture magnifiquement faite de la pièce de Marivaux. Un travail d’orfèvre pour le coup qui mérite que l’on s’arrête dessus. De même via de très courts textes explicatifs l’auteur nous justifie l’expression de premier coffre, et les petits intermèdes entre les textes aident à mieux comprendre tout cela. Un petit ajout qui aurait pu être dispensable mais qui se justifie totalement de lui-même.

On sent que la plume de Fabien Cerutti s’est affirmée depuis L’Ombre du pouvoir, prenant plus de fermeté, plus d’assurance dans les descriptions comme dans les dialogues. On retrouve néanmoins cette gouaille qui a fait que j’ai aimé son style qui, combiné à un univers de fantasy historique atypique, fait de ses romans d’excellentes lectures.

Les secrets du premier coffre est un recueil de nouvelle d’excellente qualité, comme on en voit trop peu. Mettant en avant des facettes méconnues de l’univers de Fabien Cerutti, il nous éclaire sur celui-ci, ainsi que sur certains personnages. Une belle réussite des éditions Mnémos avec un livre magnifique, contenant des textes de très grande qualité. Et vu qu’il s’agit du premier coffre, peut-on supposer que l’on aura droit à d’autres ? La question sera posée à l’auteur…

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