Funestes vaisseaux – Sean Michael Wilson & Akiko Shimojima

Pour une fois je vais vous parler d’un manga, et qui n’a pas grand-chose à voir avec l’imaginaire puisqu’il est essentiellement historique. Mais en découvrir plus sur la fin du Japon médiéval tel que l’imaginaire commun nous le fait connaître, a au final une saveur particulière. D’autant plus que ce livre, publié par Graph Zeppelin est, en tous points, impeccable.

Depuis deux cents ans, le Japon est fermé sur lui-même : personne n’entre et personne ne sort. Seul Nagasaki reste un port acceptant les quelques Chinois et Néerlandais autorisés à commercer sur place.
Le 8 juillet 1853, quatre Kurofune, des « bateaux noirs », crachant la fumée par leurs cheminées à charbon et le feu par leurs bouches à canon, accostent en baie d’Edo (Tokyo).
Ils viennent délivrer un message du président des États-Unis d’Amérique au gouvernement du pays du Soleil Levant : une offre d’échanges commerciaux. Rejetée par les Japonais, cette offre sera appuyée par le feu nourri des 63 canons du Commodore Perry… et acceptée le 14 juillet 1853.
Un accord empoisonné qui scellera le sort des traditions, et portera le ferment des conflits destructeurs à venir.

L’histoire de ce premier tome est assez bien expliquée dans la quatrième de couverture ci-dessus, donc je ne vais pas m’embêter à vous le repitcher, cela ne sert à rien, pour plutôt me concentrer sur les éléments vraiment capitaux qui font de ce manga une œuvre passionnante. Le premier point est le niveau de détail des faits historiques, et la manière dont ils sont amenés au lecteur. Car dans les 192 pages de ce livre vous trouverez un véritable cours sur l’histoire du japon au XIXème siècle, mais amené de manière prenante et immersive. On a tous en mémoire les cours d’histoire longs et pénible qui n’étaient que des enchaînements de dates et de faits, mais ici Sean Michael Wilson nous propose une version plus contextualisée, plus simple à comprendre et plus immersive, notamment grâce au dessin de Akiko Shimojima. La leçon d’histoire se fait donc de manière simple, prenante et l’on ne lâche pas le manga de bout en bout. Point non négligeable : il n’y a ici aucun parti pris supposant que tel ou tel camp valait mieux que l’autre, le factuel prenant le dessus.

Revenons un peu sur le dessin d’Akiko Shimojima, particulièrement épuré et qui met réellement en valeur le propos historique de son co-auteur. Les émotions sont également bien retranscrites à travers les visages des différents protagonistes et viennent ajouter à la crédibilité de l’ensemble. De même ses dessins plus techniques des navires américains opposés à ceux plus traditionnels du Japon sont vraiment intéressants.

Funestes vaisseaux est donc un excellent manga, mettant en avant de manière intéressante un pan souvent occulté de l’histoire du Japon, une leçon d’histoire à la hauteur de l’enjeu, qui ne fut rien de moins que l’avancée du pays sur la scène mondiale et l’abandon de ses traditions ancestrales. Les deux auteurs font un travail que je trouve proprement formidable et Graph Zeppelin leur rend parfaitement honneur dans cette édition. Le second opus sort au mois de juin et je vais me plonger dedans rapidement !

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