L’héritière rebelle – Les faucons de Raverra T2 – Mélissa Caruso

L’héritière rebelle est le deuxième tome de Les Faucons de Raverra, et j’étais impatiente de m’y plonger.

J’ai retrouvé dans ce roman les éléments qui m’avaient dérangée dans le premier tome, cependant l’ensemble reste haletant et j’ai pris beaucoup de plaisir à le lire.

À la frontière raverraine, le Vaskandar se prépare à la guerre. Mais avant de déclencher les hostilités, les dix-sept Hauts Ensorceleurs ont convenu de se réunir pour un Conclave où chacun devra prendre position sur la question. Amalia Cornaro sait que cet événement sera sa seule chance d’étouffer les flammes menaçantes des affrontements, et elle est prête à tous les sacrifices pour sauver Raverra de la destruction.

Amalia et sa sorcière du feu Zaira devront alors s’aventurer au-delà des lignes ennemies et user de toutes leurs ressources d’intelligence et de ruse pour parvenir à détourner le Vaskandar de ses sombres projets.

Si elles échouent, ce sera au tour du feu et de l’acier de parler…

En débutant le livre, j’ai ressenti une petite déception en constatant que l’auteure ne rebondissait pas du tout sur la fin du premier tome. Après avoir (trop rapidement à mon goût) résolu la situation à Ardence, Amalia part cette fois-ci pour le Nord de l’Empire. La rébellion d’Ardence semble donc définitivement close, ce qui m’a semblé un peu facile.

Cependant, ce deuxième tome nous offre son lot de divertissements et d’aventures, et j’ai pris plaisir à m’y plonger.

La narration est toujours à la première personne, et le personnage d’Amalia gagne en profondeur. Libérée temporellement du joug de sa mère, on la sent plus à même de prendre les décisions qui lui ressemblent. Ces décisions ne sont pas toujours simples : si elle semble avoir moins de comptes à rendre, l’héroïne réalise également que détenir un grand pouvoir n’est pas toujours chose aisée… Mais son engagement et sa volonté de rester malgré tout humaine la rendent touchante.

Parmi les nouveaux personnages présentés dans de deuxième tome, je retiendrai surtout celui de Kathe, à mes yeux le plus intéressant. Haut Ensorceleur mystérieux et troublant, le Seigneur Freux a des airs de vampire et offre un apport intéressant à cette trilogie. Je suis curieuse de découvrir l’évolution que lui réserve l’auteur dans le dernier tome.

L’égalitarisme entre les hommes et les femmes est toujours aussi présent, ce qui a confirmé mon impression positive : ici ce n’est pas le sexe qui détermine la personnalité, le métier, le rang où les règles sociales auxquelles obéir, un aspect que j’ai trouvé très appréciable.

L’héritière rebelle est avant tout un roman romanesque, et j’ai beaucoup apprécié cet aspect : on ne s’y ennuie jamais.

Le rythme est haletant, l’alternance entre les aventures et les discussions stratégiques est tout aussi bien dosés que dans le premier tome. Il en ressort donc un livre difficile à lâcher une fois qu’on a dépassé les premiers chapitres de mise en place.

Le décor de ce tome m’a également beaucoup plu : après les canaux de Raverra et la chaleur d’Ardence, l’auteure nous emmène dans le Nord de l’Empire, entre les plaines automnales du Callamorne et l’hiver sauvage du Vaskandar : ce tome est également un voyage en pays étranger, et la découverte de ces nouveaux paysages m’a beaucoup plu. Si le Vaskandar était surtout décrit jusque là comme une terre désolée peuplée de barbares, il gagne ici énormément en profondeur : difficile de ne pas céder aux charme des forêts incarnées, aux animaux légendaires qui peuplent sa nature brute.

Ma seule déception réside, comme pour le premier tome, dans la résolution de l’histoire, beaucoup trop rapide à mon goût : la plus grande partie du roman nous prépare en effet au Conclave, où les Hauts-Ensorceleurs doivent prendre position sur une éventuelle guerre contre l’Empire. Présenté comme un lieu de débat où les idées s’affrontent, j’attendais un final à la rhétorique brillante, où les seules armes seraient les mots. Mais cet aspect du livre est en définitive conclu en quelques pages à peine. Il en ressort l’impression d’une résolution trop rapide, que je n’ai pas trouvé à la hauteur de mes attentes.

Malgré cette petite déception, l’Héritière Rebelle reste un roman que j’ai lu avec beaucoup de plaisir, et qui devrait satisfaire les amateurs de fantasy romanesque.

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