Magnum Opus – Bragelonne Games

Prague. La place de l’Horloge. Des alchimistes. La ruelle d’Or… Autant de noms évocateurs, d’autant pour moi, qui me suis déjà (pour d’autres raisons qui n’ont ici rien à voir) penché sur les travaux de Léonard et consorts… Bref, tout ça pour dire que je ne pouvais qu’être attiré par ce nouveau jeu de Bragelonne Games… 🙂

 

Je suis le genre de gars à acheter un bouquin parce que la couv’ m’interpelle (c’est ce qu’on appelle un achat d’impulsion ^^). Et Bragelonne a toujours été fort en ce qui concerne les couvertures de leurs romans. Mon portefeuille et moi nous en souvenons ! Ici, c’est pareil. L’illustration de la boîte m’a tout de suite attirée. C’est le genre de dessin inspirant et qui fait tout de suite fonctionner mon imagination à plein régime. Certes, un beau dessin ne fait pas un bon jeu, mais bon, quand on est faible, on ne se refait pas 😉

Qu’en est-il donc ici ?

Chaque joueur incarne donc un alchimiste qui va tenter de récupérer les Composants nécessaires à l’élaboration des formules nécessaires à son Magnum Opus.

Pour se faire, rien de bien compliqué (en apparence ^^). Il va falloir trouver, à l’aide des personnalités les plus influentes de la ville, les bons composants, au meilleur prix, tout en s’assurant que ses concurrents ne feront pas mieux, ni plus vite.

Bragelonne Games (même s’ils sont plutôt jeunes dans le monde du jeu) a déjà tout compris quant à la façon dont une boîte de jeu devait être conçue.

Ici, le matériel – de TRÈS haute qualité (cartes plastifiées et Ouroboros en métal, par exemple) rentre parfaitement dans la boîte une fois que ce dernier a été dépunché et la(les) partie(s) terminées. Certains éditeurs, qui pourtant ont de la bouteille, devraient en prendre de la graine !

La mise en place est des plus simples et la lecture des règles se fait en une petite dizaine de minutes à peine. Une fois fait, on est prêts à partir à la recherche de ses précieux composants (et à mettre des bâtons dans les roues de ses adversaires, tant qu’à faire 😉 )

Le jeu tourne autour de deux mécaniques principales : le draft et la majorité.

  • Le Draft : chaque joueur reçoit en début de partie un paquet de cartes personnalités (6 paquets au total, chacun contenant 9 personnalités différentes ; tous les paquets sont identiques). Chacun leur tour, les joueurs vont secrètement choisir une des personnalités du paquet avant de passer ce dernier à son voisin (l’ordre de passage est fonction du tour). Une fois que chaque joueur a 6 cartes personnalités devant lui, cette phase prend fin.

 

  • la Majorité : celle-ci intervient après la phase de draft. Le premier joueur (celui qui détient l’Ouroboros) appelle les personnalités unes à unes (dans l’ordre). Chacun montre alors la/les personnalité(s) correspondante(s) parmi celles qu’il a choisies. SEUL celui qui possède le plus grand nombre de cartes d’une personnalité donnée pourra en tirer les avantages.
Vous avez saisi le truc ? Simple dans la théorie, mais de quoi se faire cramer quelques neurones dans la pratique !

Ben oui 🙂

Parce qu’il faut faire le choix entre diversifier les possibilités offertes par chacune des personnalités (obtenir de l’argent, défausse de cartes d’une autre joueur, échange de cartes entre joueurs, achat de composants, acheter des personnalités, etc…), et donc effectuer un grand nombre d’actions par tour, avec la « certitude » – notez les guillemets, de pouvoir accomplir les actions d’une carte (et donc se limiter en nombre d’actions). Autant vous dire donc qu’il va falloir soigneusement planifier le choix des personnalités futures en fonction de votre avancement et celui de vos adversaires.

Parce que pour acheter des composants, il faut de l’argent. De plus, les composants disponibles changent à chaque tour (eh oui, sinon, ce serait trop simple ^^). N’oubliez pas non plus que les personnalités ne vous permettent d’acheter que certains composants, pas tous (sauf un !). Enfin, les composants ne sont d’ailleurs pas au même prix en fonction de l’endroit où ils se trouvent.

Ça en fait des facteurs à prendre en compte, non ?
Ai-je fait les bons choix ? (La réponse fut « non » pour ce tour ^^)

D’autant que ce serait « simple » si vous étiez tout seul. Mais ce n’est pas le cas ici 🙂 Chacun va en effet tenter d’aller au plus vite tout en bloquant ses adversaires (quitte à sélectionner une personnalité donc il n’aurait pas besoin, histoire de…)

Vous l’aurez compris, ces deux mécaniques – simples d’appréhension l’une et l’autre – une fois combinées, offrent des possibilités multiples qui vont faire en sorte qu’aucune partie ne va se ressembler. Parce qu’on va tenter une technique, puis une autre lors de la partie d’après. Mais en fonction des adversaires, ça ne fonctionnera pas forcément de la même façon !

Le décompte de point intervient à la fin du dernier tour. L’emporte celui obtient le plus de points de prestige. Ces derniers s’obtiennent de différentes façons : par composant récupéré, par formule du Magnum Opus complétée, et un point supplémentaire par paires de composants « en vue ».

Sachant que les formules sont piochées en début de partie, que les composants « en vue » sont eux aussi définis en début de partie en piochant une carte au hasard dans un paquet défini, vous voyez que… vous n’êtes pas au bout de la rejouabilité !

Je vous laisse le loisir de découvrir par vous-même les capacités détaillées des personnalités (certaines plus fourbes que l’autres), ainsi que d’autres points de détails qui vont encore pimenter vos parties (comme l’égalité lors de la phase de mécénat qui ampute certains actions réalisables par la personnalité).

En un mot comme en cent, Magnum Opus est ce que j’appelle un excellent brise-neurones ! Une bien belle entrée vers Prague et ses mystères concoctée par Bragelonne Games et Lionel Borg, servie par une DA très inspirante !

 

 

Philippe Pinon

Trublion de presque 50 balais, touche à tout, autodidacte, tête de cochon. Après plus de 20 ans à effectuer un travail décérébrant, change de voie. Scribouillard, « traductier de l'impossible », il devient même éditeur (OVNI) en 2015 où il édite, accompagné de son associée et conjointe, romans et JdR. Mais ce qui le définit le mieux, c'est quand même le terme de "Gros Connard" (au grand cœur, malgré tout, pour ceux qui prennent le temps de fouiller au delà des apparences).

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