Valediction – GosT

Des nombreux artistes que j’ai pu découvrir grâce à Internet, peu peuvent se targuer de m’avoir autant confus que GosT ; et cela mérite bien qu’on en parle un peu. Moins connu qu’un certain groupe de rock occulte suédois, l’Américain s’est pourtant déjà fait un nom sur Bandcamp et dans le milieu synthwave, grâce à une série d’albums qui n’ont pas manqué de faire réagir tant la communauté metal que celle des sonorités synthétiques. Valediction, sorti en octobre 2019, ne risque pas de déboucher sur un consensus, tant il a matière à diviser un public qui se demande toujours comment classer le groupe.

Mais d’abord, un peu d’info. GosT est mené par Baalberith, qui jusqu’à présent œuvrait en solo et le visage caché derrière un masque de crâne, inspiré qu’il était par Kiss et Daft Punk. Il a depuis littéralement tombé le masque au profit d’un maquillage à l’inspiration très black metal, et est rejoint en live par un certain Carreau. Musicalement, la production de GosT évolue entre Depeche Mode, Nine Inch Nails, Mortiis et Dawn Of Ashes, sans jamais véritablement s’arrêter à un style précis. Ainsi, tenter de qualifier ou classifier GosT, c’est comme vouloir attraper une anguille avec une épuisette : il faudra beaucoup de patience sous peine de le voir s’échapper, insaisissable et frustrant.

Après un Possessor de bon aloi en 2018, l’auto-proclamé maître de la slasherwave surprend encore sur Valediction. Les sonorités black metal sont beaucoup plus présentes, avec un chant hurlé strident et des blast beats typiques du genre, comme sur Relentless Passing ou Timeless Turmoil, mais sans s’y cantonner. Les ambiances très horrifiques du méfait précédent cèdent la place à des nappes de claviers plus froides, presque gothiques. Il n’est pas rare dans un morceau d’entendre le metal extrême et la darksynth se côtoyer, passant de l’un à l’autre sans prévenir, ce qui a tendance à provoquer pas mal de confusion, en bien comme en mal. On en est presque moins surpris de tomber sur des titres comme Bloody Roses, sorte de rejeton hybride d’Orgy et The Sisters Of Mercy – si cette comparaison vous a fait lever un sourcil, ça vous laisse déjà une petite idée de l’étrangeté de la chose. On imagine alors sans peine une foule perplexe lors des prestations live du groupe, hésitant entre le headbang frénétique ou des danses plus nightclub. Heureusement, il reste quelques passages plus faciles à aborder, comme She Lives In Red Light au style très cyberpunk.

Il vous faudra sans doute plusieurs écoutes pour arriver à discerner ne serait-ce qu’une partie de l’identité musicale de GosT sur cet album. Certains adorent, d’autres détestent, d’autres encore ont du mal à se décider. Et pendant ce temps, GosT continue à faire son trou, signant chez un label historiquement très metal et tournant avec des groupes qui le sont tout autant (Mayhem en tête). Le temps que vous preniez une décision, il aura probablement déjà sorti un autre album. Ou plusieurs.

Valediction
GosT
Century Media Records
2019

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