Entretien avec Elsa, chanteuse et violoniste de Fenrir

Fenrir est un de ces groupes français qui ose les projets un peu fous, et leur dernier album en est la preuve. Legend Of The Grail se propose de vous faire découvrir dans un folk metal de qualité les légendes arthuriennes. Et au vu de la thématique, je ne pouvais pas passer à côté du fait de leur poser quelques questions, et c’est Elsa, chanteuse et violoniste du groupe qui a eu l’amabilité de me répondre !

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Est-ce que tu pourrais tout d’abord prendre quelques minutes pour te présenter et nous expliquer pourquoi tu es devenu musicien ?

Bonjour, je suis Elsa, chanteuse et seconde violoniste du groupe. Chez moi la musique c’est de famille, puisque mes parents étaient dans un chœur et orchestre et m’emmenaient déjà toute petite aux répétitions. J’ai donc naturellement commencé par la musique classique. J’ai ensuite découvert le metal à 17 ans, et je reste intéressée par des styles très différents (folk, baroque, médiéval, rock…)

Qu’est-ce que Fenrir comme groupe, et pourquoi ce nom ?

Fenrir est un groupe de folk metal qui se caractérise par un chant principal féminin et l’utilisation importante du violon. Le nom a été choisi en référence à la mythologie scandinave, une des influences thématiques pour nos paroles (il s’agit d’un loup monstrueux fils du dieu Loki).

Comment s’est créé le groupe, quelle a été l’impulsion initiale ?  

Le groupe a été créé en 2006 autour de Sylvère Jandel, ancien guitariste et compositeur. Il souhaitait pouvoir allier ses deux influences musicales : le heavy metal et le folk traditionnel, notamment breton.

Legends Of The Grail est le nouvel album du groupe. Comment s’est passé son processus de création ? Qui a écrit les paroles, qui s’est penché sur la musique ?

Comme pour notre précédent album, la plupart des idées de composition sont issues de Sylvère. Mais ensuite chacun a apporté sa patte et adapté ses parties, voire en a écrit entièrement certaines. Et nous testons ensemble le résultat en répétition avec de nombreux remaniements. Sylvère a également écrit une grande partie des paroles, mais cette fois, deux chansons utilisent des extraits de textes médiévaux en ancien français.

Pourquoi avoir choisi de reprendre les légendes arthuriennes dans un album de musique ? N’est-ce pas trop dur à gérer en termes d’attente du public par rapport à la thématique ? Finalement le droit à l’erreur n’existe pas réellement…

Cela faisait longtemps que nous tenions à aborder ce thème qui nous est cher en tant que passionnés d’histoire médiévale et de légendes liées à l’ancienne Bretagne (et accessoirement de la série Kaamelott !). Bien sûr, le sujet n’est pas nouveau, mais il est tellement vaste, et peut être abordé sous tellement d’angles différents, que chacun peut apporter un nouveau regard sur ces histoires. De notre côté, nous nous sommes concentrés sur l’histoire d’Arthur, mais avons souhaité évoquer aussi la personnalité d’autres figures des romans de chevalerie (Morgane, Perceval, Gauvain…)

Quelle est ta piste préférée de l’album ?

Difficile à dire, car elles ont chacune leur charme particulier ! Mais peut-être The Fisher King, pour le jeu entre différents timbre de voix.

Si tu pouvais refaire quelque chose sur cet album, ça serait quoi ?

Etant à l’origine violoniste classique, je suis attachée à un son très « réaliste », proche du rendu direct, des instruments acoustiques et particulièrement des violons. Donc peut-être prendre le temps de rechercher un son encore plus fidèle de ces instruments.

Pour ce qui est du travail sur l’artwork, comment ça s’est passé ? D’où est venue l’idée initiale, l’impulsion de départ ?

Je souhaitais travailler avec Edouard Noisette, ami et graphiste talentueux. Nous lui avons simplement dit que nous voulions évoquer la rencontre entre Perceval et le roi pêcheur, mais de façon indirecte, allusive. Et il a fait le reste ! Le travail sur notre logo et la mise en page du livret ont ensuite été réalisés par Luca Bobenrieth, avec qui nous avions déjà collaboré pour une affiche de concert très créative.

Peux-tu, en cinq mots, définir cet album ?

Mélancolie, légende, batailles, contrastes, passion.

Quel est ton pire souvenir sur scène ?

Un concert dans un petit café à Paris où le son était très fort et mal réglé. Je ne m’entendais pas du tout chanter ! Du coup j’ai forcé et j’ai fini aphone quelques jours.

Et justement, quels sont les prochains concerts du groupe ?

Pour le moment, rien d’annoncé après notre concert du 2 février à Paris. Nous préparons ça pour les mois à venir.

Et point de vue clip, Fenrir en est où ? Allez-vous rendre en vidéo l’univers arthurien également ?

Nous aimerions beaucoup réaliser un premier clip qui fasse voyager vers cet univers de légendes. C’est en réflexion !

Est-ce que ce n’est pas trop dur de devoir passer devant la caméra lorsque l’on est plus habitué à la scène et au studio ?

Si, tout à fait ! D’ailleurs, personnellement, je ne suis pas du tout à l’aise avec les caméras. C’est peut-être paradoxal pour une chanteuse, mais cela me fera un nouveau défi à relever.

Mixer à la fois la vie d’artiste, la vie personnelle et professionnelle peut s’avérer complexe. Comment gères-tu ces différents aspects de ta vie finalement ?

C’est surtout compliqué au niveau de la gestion du temps, car le temps libre en-dehors du travail se partage forcément entre la musique et le temps consacré à mes proches, et il faut réussir à trouver un équilibre. Mais avec des proches eux-mêmes musiciens, c’est plus facile d’être comprise quand on part tous les weekends en concert ou répétition.

Le marché musical dans les sphères rock/metal est actuellement très surchargé. Quel est ton avis sur la question, et ne penses-tu pas que cela devient aujourd’hui trop dur de parvenir à se faire connaître ?

Il est vrai que se faire connaître est difficile, il faut du travail et de la chance pour réussir à tirer son épingle du jeu. Mais le problème n’est peut-être pas avant tout dû au grand nombre de groupes. C’est même plutôt une chance qu’il y ait une si grande diversité de styles à découvrir. En revanche, je pense qu’en France, il est encore difficile de toucher un public non initié au metal et à la grande variété de ce que ce terme recouvre. Il faut conquérir de nouveaux publics !

Merci pour tes réponses et à bientôt au détour d’un concert sur les terres imaginaires des légendes arthuriennes !

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