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Le Paris des Merveilles (Intégrale) – Pierre Pevel

C’est un bon gros bouquin qui m’est venu en main quand j’ai reçu l’intégrale du Paris des Merveilles de Pierre Pevel. Je connaissais l’auteur : Pevel a d’abord écrit du jeu de rôles – je garde un souvenir ému de Nightprowler, pour lequel il avait écrit, sous le pseudonyme de Pierre Jacq, une série de romans, et dont il a revisité l’univers dans les deux cycles du Haut Royaume ; j’ai lu la trilogie de Wieldstadt, que j’ai trouvée intéressante ; mais jusqu’à maintenant, j’étais passé à côté de ces deux plus grands succès : les Lames du Cardinal (dont le pitch, malgré sa belle adaptation en jeu de rôle – la boucle est bouclée ! – ne me tente pas, peut-être parce que j’ai toujours préféré les Mousquetaires!) et Le Paris des Merveilles. La parution de l’intégrale de cette dernière série me donne l’occasion de m’y mettre !

On pourrait penser que c’est le sujet des Lames du Cardinal qui m’y incite, mais une comparaison s’impose : Pierre Pevel a quelque chose d’Alexandre Dumas. Ce patronage est pertinent à plus d’un titre : d’abord la propension à revisiter un « biotope » historique (l’Allemagne de la Guerre de Trente ans pour Wieldstadt ; la France des Trois Mousquetaires pour les Lames… et ici, le Paris de la Belle Epoque) avec à la fois une reprise des clichés attendus et des décalages (ici, la Fée Electricité, qui « pointe le bout de son nez » au milieu des réverbères à gaz, est en concurrence avec tout un univers féérique…) ; et ensuite, le style : vif, doucement fantaisiste et assez simple même s’il se veut un minimum littéraire et demeure parfois un peu lourd au niveau du rythme des phrases. Comme chez Dumas, on trouve beaucoup de dialogues, au ton badin, au rôle souvent informatif ou psychologique.

Le volume regroupe les trois tomes initialement parus : Les Enchantements d’Ambremer, L’Elixir d’Oubli et le Royaume immobile. L’ambiance générale, à la fois policière, politique et magique, est nourrie de références à la Belle époque ; la narration est riche en péripéties ; chaque tome développe une nouvelle intrigue qu’on ne déflorera pas ici ; les personnages (avec au premier plan Griffont, le héros, un gentleman magicien ; et la raffinée Isabelle de St Gil, baronne un peu fée, une sorte d’Arsène Lupin au féminin, à dont la chevelure rousse est à l’honneur sur la couverture, secondée par de réjouissants sbires : Azincourt, Auguste, Lucien…) sont bien brossés et sont la véritable force du texte ; à vrai dire, ils permettent au lecteur d’accrocher un peu plus au récit que ne l’auraient fait des héros moins attachants dans ce qui reste au final une intrigue guère originale. Le décor, Paris et le monde d’Ambremer, est évidemment plus original et nombre de personnages secondaires constituent des rencontres surprenantes. Le volume contient d’ailleurs des portraits pleine page en couleur des personnages principaux (tous accompagnés de chats, animaux assez importants dans le livre) par Xavier Collette, qui signe aussi des pages de garde dans un style art déco revisité manga.

Le cycle a maintenant plus de dix ans et reste une très bonne lecture. Je ne peux pas dire qu’elle m’ait bouleversée comme d’autres œuvres plus ambitieuses ou plus étranges ont pu le faire ; là encore, la comparaison avec Dumas s’impose : c’est une œuvre bien faite, un divertissement bien écrit qui revendique sa légèreté comme une force. La littérature d’évasion n’a rien de honteux quand elle est produite avec vivacité et fantaisie : c’est ici le cas.

Le Paris des Merveilles – Intégrale
Pierre Pevel
Bragelonne
2018

Eldricht Tales

A propos de Colwin

Lecteur de science-fiction, de fantasy, de fantastique, mais aussi de littérature ancienne et médiévale, et de classiques ou d'auteurs étrangers, il pratique régulièrement le jeux de rôles (médiéval fantastique, fantastique contemporain, historique...) et il est également amateur de musique (folk, blues, rock, metal...).

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Un commentaire

  1. J’avais lu le premier il a longtemps, je l’ai redévoré avec le reste de la trilogie à l’occasion de la sortie du troisième. Je plussoie: c’est du très bon, Pierre Pevel a un réel talent pour le pastiche intelligent (l’autre exemple étant Les Lames du Cardinal, justement).

    Et, du coup, même si j’ai déjà les trois tomes et que je ne suis pas collectionneur, cette intégrale me fait beaucoup envie.

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