[IMAGINALES 2013] Conférences

Cette année, il y avait de nouveau de nombreuses conférences aux Imaginales. Si l’on regarde dans l’ensemble, j’ai été déçue par le manque d’analyse dans les sujets traités : beaucoup trop de promotion des livres voire parfois une déviation du sujet.

CONFÉRENCE 1 : Romanesque et ésotérisme – quand le mystère remporte tout ! avec Eric Giacometti, Jak Bazino, Henri Loevenbruck et Jacques Ravenne

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Conférence plutôt intéressante sur la définition d’une littérature ésotérique.

Le mot suscite différentes réactions et définitions suivant les auteurs. Il en ressort cependant un certain aspect général : une littérature ludique, de plaisir et d’amusement (mais pas de divertissement comme le soulignait Loevenbruck). L’ésotérisme c’est la recherche d’un message philosophique qu’il soit religieux (Jésus) ou fantasmé (Flamel). Bazino définit l’ésotérisme comme une porte ouverte vers un imaginaire collectif ; une quête universelle à la recherche d’une quelconque croyance. Une littérature ésotérique met en avant la recherche de l’humain en autre chose que ce qu’il voit. L’ésotérisme est comparable au merveilleux : il s’agit de fuir la réalité. L’ésotérisme et la religion sont pour les auteurs la même chose : l’un est mal perçu, l’autre est accepté. Il s’agit simplement d’une interprétation différente du dogme : l’ésotérisme est une libération vers le sacré.  La conclusion de Ravenne est la suivante : l’ésotérisme est là pour réenchanter la réalité et réinterpréter des évènements réels.

Quelques petites blagues sur les francs-maçons ainsi que la démystification de Nicolas Flamel ont ajouté un peu d’humour à la conférence finalement très enrichissante.

CONFÉRENCE 2 : Le fantastique… Une lecture plaisir ! avec Davy Artero, Francis Berthelot, Anne Fakhouri, Mélanie Fazi et Gudule

La plus mauvaise conférence, car le sujet n’a au final pas du tout été traité. Les auteurs nous ont raconté leur vie privée, surtout Berthelot (sa dépression et son alcoolémie) et on n’a pas entendu un mot des explications de Gudule.

Définition intéressante de Berthelot qui associe le fantastique aux zones d’ombre du christianisme, toutes les créatures rejetées par la nouvelle religion. Le fantastique prend également ses racines dans l’horreur avec le vampire, le loup-garou, les fantômes etc… Pour Gudule, le fantastique est une concentration de nos fantasmes ou un refus de la réalité et des peurs. Il s’agit pour elle de casser les barrières de la censure.

A part ça, il manquait pour moi un bon nombre d’analyses essentiellement basées sur le fantastique. Car la conversation s’est déplacée sur les peurs et les craintes d’un auteur écrivant du fantastique. Qu’en est-il du plaisir ? On a vu les auteurs parler de souffrances et de peur. Que pensent-ils de la place du fantastique aujourd’hui ? Quels sont les différents “genres” de fantastique ? Comment peut-on différencier le genre du fantastique de la fantasy ? Bref, une conférence pas vraiment développée.

CONFÉRENCE 3 : La fantasy contemporaine… Une littérature adulte ? avec Paul Beorn, Fabien Clavel, Kai Meyer, Michel Robert et Lucius Shepard

La meilleure conférence avec un vrai débat et de bonnes analyses ; une bonne ambiance également.

Pour Michel Robert, seuls les thèmes diffèrent entre la fantasy jeunesse et celle adulte. Les protagonistes peuvent avoir le même âge. L’aspect sombre de la fantasy n’est pas uniquement réservé aux adultes : il suffit de savoir gérer le degré de violence et de sexualisation de l’intrigue. Lucius Shepard explique que les éléments réalistes dans un univers de fantasy permettent d’attirer les lecteurs de la littérature générale. La fantasy sert à amplifier la noirceur du monde même s’il y a derrière une idée de plaisir et d’aventure, au-delà des souffrances que peut connaître le protagoniste. Dans la fantasy plus adulte, on observe un clash de caractère chez les personnages : pas de notions de bien ou de mal.

CONFÉRENCE 4 : Des romans d’aventure… fantastiques ! avec Lionel Davoust, Eric Giacometti, Jacques Ravenne et Sire Cédric

Une conférence un peu brouillonne avec les mêmes blagues sur la franc-maçonnerie par Giacometti et Ravenne, les mêmes références maçonniques pour au final beaucoup d’autopromotion et pas de réel traitement du sujet. L’intervention de Sire Cédric fut la plus intéressante.

Sire Cédric justement, définit le roman d’aventure comme le passage d’une porte : la découverte d’un autre monde, la promesse d’un voyage. Dans son cas particulier, la violence est esthétique et il prend plaisir à dévoiler ces scènes parfois insoutenables.

Le reste de la conférence a de nouveau basculé dans l’ésotérisme et finalement le roman d’aventure n’a pas du tout été traité.

CONFÉRENCE 5 : Guerre et paix, amour et haine – voilà la Fantasy ! avec Paul Beorn, Gabriel Katz, Alexandre Malagoli et Ken Scholes

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Conférence un peu longue et difficile à suivre entre les intervention de Scholes puis la traduction. Beaucoup d’autopromotion et au final une conférence un peu convenue.

Soit la guerre est en toile de fond et sert de prétexte à l’histoire, soit elle est le motif de la haine. Elle représente toujours le comportement humain et met en avant la brutalité de l’Homme. Elle permet également une réflexion sur les faits réels comme le souligne Scholes (le 11 Septembre, la guerre en Irak…). Le but est d’explorer les conséquences de l’évènement tragique à travers les personnages. Scholes ajoute que la guerre a souvent pour origine un amour sincère pour sauver l’humanité ou au moins son pays, mais c’est la façon de mettre en place ce sauvetage qui devient guerrier. Dans la fantasy pure, l’amour est souvent synonyme de rêve impossible.

Rendez-vous l’année prochaine pour de nouveaux débats!

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