La nouvelle trilogie de Joe Abercrombie a parfaitement commencé avec Un soupçon de haine, premier tome à la fois puissant et prenant. Nous allons donc continuer à suivre les aventures de Rikke, Orso et Savine, au cœur de tourments politiques de l’Union. Cette saga s’avère presque plus passionnante que tout ce que l’auteur nous a proposé avant, c’est dire à quel point il parvient à me séduire.

Ancienne reine des affaires à Adua, Savine dan Glokta a tout perdu lors des émeutes de Valbeck. Sa fortune, son flair et sa réputation… Il ne lui reste plus que son ambition et une solide absence de scrupules.
Pour un héros de guerre comme Leo dan Brock, la paix est une source d’ennui et de frustration. Mais avant de repartir au combat, il lui faut forger des alliances… et la diplomatie n’est pas son fort. Pendant ce temps, son amie Rikke lutte pour maîtriser son don maudit – avant qu’il finisse par avoir sa peau.
Fraîchement couronné, Orso doit avant tout se garder des coups de poignard que lui réservent ses « partisans ». Sans pour autant négliger ses ennemis désireux de libérer le peuple de ses chaînes, les nobles, concentrés sur leurs intérêts privés, ou encore les créanciers qui l’attendent au tournant de la dette.
L’ancien temps est mort et ses monarques avec. Les nouveaux découvriront vite que rien n’est éternel. Ni les pactes, ni les allégeances… ni la paix.

Dès les premières pages le lecteur reprend pied dans l’Union, et découvre la suite des aventures de nos trois personnages principaux. Je ne vais pas vous spoiler si vous n’avez pas terminé le premier tome donc je vais rester assez cryptique sur le scénario. Il faut toutefois savoir que nos héros vont dans ce second opus passer un nouveau palier sur le chemin de leur destinée et avancer encore plus loin. Certains protagonistes deviennent à mes yeux plus passionnants que d’autres. Leo dan Brock gagne la palme du héros agaçant, Rikke la prime de l’étrangeté, Savine prend encore de l’ampleur et Orso devient adulte. Chacun d’entre eux grandit au fur et à mesure de ses péripéties et c’est finalement cela qui rend les livres de Joe Abercrombie passionnants. Il n’hésite pas à faire souffrir ses héros, à les tourner en dérision s’ils sont ridicules, à les rendre tout simplement humains. Du point de vue du scénario le lecteur a la sensation qu’il nous amène, par petites touches, exactement là où il le souhaite. Et Le Problème avec la paix m’a réellement régalé. Une nouvelle fois l’aventure proposée par Abercrombie est démesurée, tout en restant à l’échelle humaine. Un grand moment de fantasy !

Les personnages principaux, comme je le disais, progressent, tandis que les protagonistes secondaires eux se chargent de faire avancer l’histoire, de provoquer le chaos ou encore de tenter de monter l’échelle sociale. A travers chacun d’entre eux Joe Abercrombie nous dépeint des facettes de l’humanité, des morceaux de ces gens que nous sommes et que nous côtoyons, entre bravoure et lâcheté. Ma préférence va à Rikke que je trouve tout bonnement fabuleuse, et à Savine et pour son aspect féministe et fort dans un monde de mâles. Ces deux héroïnes sont à la fois très bien conçues mais également inattendues, même si cet auteur nous a habitués à de type de personnages.

Le style est toujours aussi agréable à lire, fluide et prenant. Joe Abercrombie maîtrise parfaitement la langue, la rapproche du lecteur avec de l’argot, de la vulgarité si besoin, il n’hésite pas à proposer une fantasy sombre, proche de l’humain.

Vous l’aurez compris j’ai adoré ce second tome qui emmène le lecteur encore plus loin. Trop souvent on retrouve une sorte de moment de flottement dans ce second tome, mais cette fois rien de tout cela. Joe Abercrombie gère parfaitement son affaire et nous amène encore plus avant. J’ai vraiment hâte de voir la manière dont il va conclure ce récit, cela promets d’être purement et simplement épique !

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

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