Bonjour ! Aujourd’hui, on se retrouve pour parler de Yardam, écrit par Aurélie Wellenstein et paru chez Pocket au mois de mars. Ce livre fait parti de la sélection Les étoiles montantes de l’imaginaire, ce que je trouve plus qu’approprié.

couverture yardam

À Yardam, la folie est sexuellement transmissible. Kazan est un voleur, un voltigeur, un combattant, un amateur d’art… Il est la somme de plusieurs individus, de plusieurs âmes ingérées à cause du mal étrange qui le ronge.

Kazan est un prédateur… Mais un prédateur aux abois, piégé dans une ville close. Ses victimes le hantent. Leurs voix le poussent inexorablement vers l’abîme. Pour s’en sortir, il serait prêt à tout, y compris à manipuler Feliks et Nadja, un couple de médecins étrangers venus s’enfermer dans la cité maudite pour trouver un remède. Kazan est un voleur d’esprits qui s’enfonce… jusqu’à ne plus savoir qui il est. Et en même temps qu’il chute, c’est tout Yardam qui sombre.

Ce roman a une curieuse résonance avec l’actualité, car la ville est plongée en quarantaine, avec couvre-feu, afin d’essayer de trouver un remède aux voleurs d’esprits. Car au-delà de récupérer l’âme des gens, ils les transforment aussi en coquille, à savoir une enveloppe vide, qui déambule ensuite en ville. Néanmoins, la différence entre le roman et l’actualité est grande et on se retrouve bien vite plongé dans l’histoire.

J’ai souvent dit dans mes chroniques que j’aimais connaître le monde dans lequel le roman se passe. Là, nous avons au final un huis-clos et nous connaissons très peu de choses sur le royaume dans lequel Yardam se trouve. Cela n’empêche pas de parcourir la cité et d’en découvrir les moindres recoins. L’autrice a très bien su décrire son environnement et poser son ambiance. Elle est lourde, noire, glauque. Certains passages du récit sont d’ailleurs assez macabres et sanglants. Cela colle parfaitement avec son récit, qui est dur.

Au niveau des personnages, je les ai trouvés très réussis. Kazan est extrêmement ambivalent, je suis passée de la détestation à la compassion, et inversement, pendant tout le roman. On sent sa souffrance et son désespoir, mais on le voit également commettre des actes horribles. Ce que j’ai apprécié, c’est qu’Aurélie Wellenstein n’essaie pas de trouver des excuses à son personnage, de nous faire nous attacher à lui. Elle nous le présente comme il est, dans son entierté. Feliks et Nadja sont plus doux, mais ils ont également leur part sombre que la ville hantée va faire ressortir. On a également l’occasion de croiser d’autres voleurs d’esprits, qui n’ont pas du tout les mêmes mécanismes que Kazan. Au final, il n’y pas de vrais gentils, seulement des personnages qui essaient de s’en sortir et qui suivent leurs intérêts.

Ce roman de fantasy change vraiment de ce que j’ai l’habitude de lire. Ce n’est pas un roman se passant dans un univers médiéval, avec des personnages manichéens, des batailles épiques et tout ce qu’on peut retrouver dans de la fantasy “classique”. Et au final, j’ai totalement accroché, ne sachant plus le lâcher. L’histoire a beau être obscure et terrible, l’autrice sait insuffler le souffle d’espoir nécessaire pour nous accrocher et nous donner envie de savoir s’ils vont s’en sortir. Je ne peux que vous le recommander !

Chloé Cloison

Chloé Cloison

Tombée dans la lecture depuis toute petite, j’ai grandi au milieu de ces multiples univers. J’ai toujours eu un goût prononcé pour le fantastique et la fantasy, qui s’est développé au fil des années. Je me suis cependant ouverte sur d’autres styles, tels que la science-fiction et l’horreur. J’ai finalement fait de cet amour pour la langue mon métier en devenant traductrice. Et ça donne une bonne excuse pour rester vautrée pendant des heures sur un canapé/lit/fauteuil à dévorer un livre (et des cookies faits maison).

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