Enfin la nuit, que je n’avais jamais eu le temps de lire jusque maintenant, est ressorti en poche chez l’Atalante. Ce roman post-apo vient bouleverser les codes, nous surprendre par son scénario à la fois riche et inattendu, mais aussi par la plume acérée de son auteur. Camille Leboulanger réussit, avec ce premier roman publié à vingt ans, un tour de force.

Le ciel était embrasé. On avait bien donné des explications à la télévision, histoires de guerres, de catastrophes, d’ennemis, d’alliés. Des noms, d’autres, beaucoup de noms qui se croisaient sans grande cohérence entre eux.
Alors, du coup, les gens étaient dans la rue, le regard plongé dans le feu du ciel. Le grand embrasement. Ravage. La nuit était plus claire que le plein jour. Les lampadaires devenaient inutiles. Le ciel s’était allumé le 23 janvier, sur le coup de 22h30.
Et si, sur le moment, personne ne comprenait vraiment ce qu’il se passait, il faudrait bien admettre, une semaine plus tard, que la nuit ne retomberait plus jamais.

Le soleil ne quitte plus le ciel : tel est le postulat de départ de Enfin la nuit. Ce roman qui représente une suite d’aventures, de destins croisés, d’actes manqués, a su me prendre totalement à contrepied. Je suis un grand amateur de pos-apo et donc je m’attendais à trouver une histoire assez classique et finalement l’auteur m’a cloué à ma chaise. Son histoire reprend le road-trip d’un ancien policier qui va se retrouver au milieu du chaos, désabusé et misanthrope. Autant le prologue surprend en nous proposant l’histoire tragique de Sophie, la même, une autre ? On ne sait pas. Et c’est là tout le jeu de Camille Leboulanger : il promène le lecteur sans qu’il ne sache à quoi s’attendre. Cela pourra en désarçonner beaucoup car ce titre est réellement atypique, proposant une histoire, un style auquel le lecteur ne s’attend pas, auquel il n’est pas ou plus habitué.

Le style justement. Camille Leboulanger a une plume acérée avec laquelle il joue. Il prend parfois le temps de s’étendre sur les décors, et le moment d’après il est dirigé tout entier vers l’action. Le côté road-movie du roman est parfaitement géré, notamment grâce à un rythme élevé, de quelques ellipses et d’une bonne dose de talent.

Certains trouveront de gros points de ressemblance entre Enfin la nuit et La Route, personnellement j’ai aimé les deux romans, chacun à leur façon avec une vision de la fin très particulière. Camille Leboulanger surprend, étonne, et fait preuve d’une belle maturité littéraire avec ce premier roman. Avoir eu l’occasion de le découvrir est un véritable plaisir que je n’ai pas boudé et je ne le regrette en rien, notamment grâce à un final à l’image du roman : il laisse un goût de cendres et de sable en bouche… Je vous laisse découvrir pourquoi par vous-même !

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

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