La Quête du Graal. La légende Arthurienne. Les Chevaliers de la Table ronde. Avalon.

Quelle puissance évocatrice, non ?

Alors un jeu plateau qui nous place dans cet univers, forcément, c’est tentant. D’autant que les petits gars d’Awaken Realms ne sont pas des nouveaux venus !

Les astres étaient donc alignés pour une bonne surprise…

 

Mon dieu que c’est beau !

Votre découverte des terres dévastées d’Avalon va se faire au fur et à mesure de vos explorations.

C’est un peu ce qui vient à l’esprit quand on ouvre la (très grosse et lourde) boîte. Il y en a du matériel. Et du chouette. Des cartes, des plateaux individuels – magnifiques –, des figurines à la sculpture parfaite, des cubes, des tokens… Bref. De quoi en mettre plein les mirettes.

Tainted Grail est souvent comparé à Gloomhaven. En effet, on retrouve deux jeux scénarisés avec évolution des personnages, une quête complexe aux multiples embranchements et une durée de vie plus que conséquente.

Cela dit, ici, la mise en place d’une partie est bien plus rapide que celle de son « rival ». Avec l’habitude, la préparation de votre partie ne prendra pas plus d’un gros quart d’heure.

Ici, outre l’énorme livret de quêtes, un livre de règle – assez conséquent – mais dans lequel on vous conseille un scénario d’initiation qui vous permettra de capter la grande majorité des mécaniques du jeu.

Je vous conseille fortement de jouer cette mise en bouche avant de vous lancer dans votre aventure ;)

Les plateaux joueurs sont magnifiques…

Ensuite, les choses sérieuses commencent.

Choix de votre personnage (parmi les 4 proposés), chacun avec ses forces et ses faiblesses.

Si vous jouez à au moins 2, je vous conseille de prendre des personnages qui se complètent, cela vous simplifiera grandement la vie, croyez-moi :)

Vous lui attribuez ensuite ses valeurs de départ dans les 6 compétences telles qu’indiquées sur le plateau correspondant, puis prenez les ressources dont il dispose en début d’histoire. Elles sont précieuses.

Une fois cela fait, il ne reste qu’à préparer les cartes rencontre et à suivre la préparation du scénario (il y en a 15) que vous allez jouer. Tout est parfaitement expliqué. Il n’y a aucune chance de se tromper.

Vous pouvez maintenant initier votre quête…

Les joueurs vont donc se lancer dans l’aventure, tenter de trouver la réponse à de nombreuses questions sur le destin des Chevaliers, du pourquoi de la présence de ce wyrd si mystérieux qui étouffe – littéralement – Avalon et toutes les terres qui les entourent, combattre, commercer… tout en s’assurant que les Menhirs – seuls éléments capables de repousser ce dangereux brouillard rouge – restent actifs le plus longtemps possible. Leur survie est dépend.

Mon dieu que c’est difficile !

Toute aide est bonne à prendre, dans ces terres dévastées :)

Ah oui. Et c’est peu de le dire.

Le nombre d’actions disponibles chaque tour pour un joueur donné va dépendre de son état de fatigue. Plus le joueur est reposé, plus il va pouvoir effectuer d’actions. La grande majorité d’entre ces dernières peut être effectuée seul, ou en groupe (explorer, combattre, fouiller, commercer…)

Mais vous allez très vite vous rendre compte que CHAQUE action doit être murement réfléchie, jaugée, jugée, avant d’être entreprise, car chaque point d’Énergie disponible doit être utilisé au mieux…

Vous aurez en permanence à jongler entre vos ressources, vous reposer, éviter les combats trop difficiles – si vous le pouvez -, d’autant que ces derniers peuvent s’avérer particulièrement punitifs !

Je ne vais pas rentrer dans le détail du système de combat (ce serait long et le scénario d’initiation remplir parfaitement son rôle pour ça), mais sachez que les rencontres sont de 4 types différents (et sont fonction des zones géographiques le plus souvent), que les combats se résolvent par le biais de cartes, et que votre deck – fixe au départ – est évolutif et vous permettra d’être de plus en plus efficace au fil des chapitres.

Et le terme « combat » regroupe deux types d’affrontements : les combats à grands coups d’arme/magie destinés à tuer l’adversaire, forcément, mais également les joutes verbales (diplomatie). En effet, certaines situations ne se débloqueront pas à la force du poignet, mais par celle de votre persuasion. Deux types de cartes différents, donc. Deux decks à optimiser :)

Et deux fois plus de sueur ! Parce que les combats sont difficiles (dans leur grande majorité). C’est bien souvent épuisés et sur les genoux que vous en ressortirez. Et vous n’aurez que peu de temps pour panser vos plaies avant qu’une échéance importante (comme la réactivation d’un menhir) vous oblige à poursuivre, coûte que coûte.

Et pourtant, les combats sont à la fois inévitables et indispensables afin de gagner de précieuses ressources (nourriture, richesse, magie, etc.), nécessaires à votre quête.

Donc non, rien n’est simple dans Tainted Grail, et la moindre victoire se mérite. Mais quel plaisir. La narration est particulièrement immersive, donne envie d’aller toujours plus loin et de se surpasser. Rien n’est beau dans cette Avalon. Tout n’est que noirceur et violence. L’espoir ? Il n’y en a – presque – plus. Il n’y a que vous, et vos compagnons. Une lueur vacillante dans une ambiance de fin du monde.

Tainted Grail est un grand jeu, et peut-être le meilleur dans sa catégorie. Ne comptez pas venir à bout des 15 chapitres rapidement, mais si vous aimez les défis, foncez, vous serez servi !

Philippe Pinon

Philippe Pinon

Trublion de presque 50 balais, touche à tout, autodidacte, tête de cochon. Après plus de 20 ans à effectuer un travail décérébrant, change de voie. Scribouillard, « traductier de l'impossible », il devient même éditeur (OVNI) en 2015 où il édite, accompagné de son associée et conjointe, romans et JdR. Mais ce qui le définit le mieux, c'est quand même le terme de "Gros Connard" (au grand cœur, malgré tout, pour ceux qui prennent le temps de fouiller au delà des apparences).

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