Quel plaisir de se plonger dans ce superbe ouvrage !

Fasciné par le Japon – son art, sa culture et ses paysages – depuis ses plus tendres années, Benjamin Lacombe a souhaité illustrer Fantômes du Japon, un recueil d’histoires imprégnées du folklore japonais, recueillies par Lafcadio Hearn. Cet écrivain irlandais a été l’un des premiers occidentaux à obtenir la nationalité japonaise. Il est connu pour avoir sillonné les provinces de ce pays, recueilli et mis par écrit les contes et légendes de fantômes japonais. Pour cet ouvrage, Benjamin a choisi d’illustrer un panel de bestiaire large et diversifié ; une diversité qu’il était essentiel pour lui de laisser transparaître dans un traitement graphique différent pour chaque histoire. En fin de livre, la création de jeux, inspirés de jeux anciens, offre la possibilité de raconter sa propre légende de yôkai. Un hommage de toute splendeur, au ton juste.

Il y avait bien trop longtemps que je ne m’étais plongée dans la lecture d’un recueil de nouvelles. Cet ouvrage était l’occasion parfaite.

La couverture nous plonge immédiatement dans l’atmosphère fantastique de ce recueil. A la frontière entre l’étrange et le surnaturel, les 11 textes présentés égrènent leur petite musique inquiétante. Je ne saurais dire lequel a ma préférence, car chacun m’a touché à sa manière. Les épouses fantastiques rencontrées au hasard du Songe d’une nuit d’été, de Yuki-Onna la femme de la neige ou de La légende du village des joueurs de koto apportent la finesse de leur poésie à des époux insouciants de leur chance. Plus inquiétantes mais non moins fascinantes, quelques créatures sortent des ombres dans Le Gamin qui dessinait des chats, Le Mangeur de rêve, Le Magasin de porcelaine hanté par la haine, Le fantôme sans visage ou encore Le fantôme à la tête coupée. Sur la montagne des crânes d’hommes se penche sur le délicat sujet de l’introspection, sous l’angle d’une métaphore saisissante.

Certaines de ces nouvelles se lisent comme des contes. D’autres sont semblables à des fragments dont on aurait perdu le début ou la fin. Mais tous autant qu’ils sont m’ont captivée de la première ligne à la dernière.

L’ensemble est magnifiquement illustré par le talent de Benjamin Lacombe, dont le trait retranscrit à merveille l’étrange des récits. On y retrouve l’inspiration si particulière qui a fait son succès, mêlée à des éléments de l’art japonais. Motifs nippons et tracés d’estampes nous immergent sur les routes du Japon ancien. Les couleurs sont magnifiques, le jeu des lumières et des ombres fait merveille sur notre imagination.

Histoires de fantômes du Japon est donc à mettre entre toutes les mains des amateurs de fantastique !

NokomisM

NokomisM

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