Entretien avec YGC de The Losts

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Est-ce que tu peux tout d’abord te présenter et nous expliquer ce que tu fais dans The Losts ?

YGC : Salut à toi ! Je suis YGC et dans le groupe j’occupe le poste de chanteur et l’un des 2 postes de guitariste.

D’où vient le nom du groupe ?

YGC : THE LOSTS vient à l’origine de notre toute première chanson : « Kingdom Of The Losts ». C’est le titre fondateur du groupe, mais également de l’ensemble du concept qui anime nos textes et nos visuels. Il apparait sur notre premier EP « No God, No Devil » sorti en 2013. « THE LOSTS » (avec un « S » terminal car il s’agit d’un nom propre, et puis ça fait la différence !) désigne les Egarés, des êtres nés de nulle part, sans dieu pour les guider et qui, par soif d’humanité, fondent sur nos sociétés. Seulement, par un jeu d’imitation et dans toute leur naïveté du rapport sociétal, ils développent la nature la plus profonde de l’être humain : cette nature sombre, meurtrie, carnassière. THE LOSTS est donc une satire de nos sociétés, ces êtres incarnant les maux les plus saillants de notre espèce et des relations asymétriques qu’elle peut parfois entretenir. « Nous sommes votre miroir en blanc et noir », peut-on lire à l’intérieur du boitier de « Mystery Of Depths ». Les Egarés sont nés dans nos premières chansons, se sont développés dans « … Of Shades & Deadlands », et continuent de vivre dans ce nouvel album.

Comment en es-tu venu au metal, à la fois en tant que fan et en tant que musicien ?

YGC : Dans mon parcours de metalleux, il y a une histoire de famille. J’ai été bercé par les vinyles d’Hendrix, des Floyd. Mais la vraie révélation est venue de la chambre d’à côté, chez mon frère. J’entendais des trucs qui titillaient ma curiosité. Un jour, en son absence, j’ai violé son antre et ai subtilisé 2, 3 CDs. J’ai découvert MEGADETH et mon monde n’a plus jamais été le même ensuite. J’étais déjà musicien avant ça, j’apprenais le cor d’harmonie… mais, encore une fois, ça sonnait mieux dans la chambre d’à côté, mon frère s’était mis à la guitare électrique. J’ai hérité de son premier instrument, il me restait à me mettre en quête des riffs de Mustaine ! Ce n’est que plusieurs années plus tard que ce fameux frère et moi nous sommes retrouvés au sein d’un même groupe et ça n’a plus changé depuis !

Comment définirais-tu la musique de The Losts ?

YGC : Nous aimons définir notre musique comme du Dark Heavy Metal. THE LOSTS repose assurément sur une base Heavy à laquelle nous ajoutons chacun un peu de notre personnalité. Nous venons d’horizons metalliques ou musicaux assez variés, c’est pourquoi on retrouvera des sonorités Black Metal (notamment du fait de JCR, batterie/voix black), Thrash, Doom, orientales, ou plus Rock mais pour un rendu final toujours très mélodique ! Il y a un an, et après 10 ans de vie de groupe, nous avons connu notre premier changement de line up et PPG nous a rejoints à la basse. Il est arrivé avec ses propres influences ouvrant encore davantage le spectre de notre musique. Pour toutes ces raisons, c’est toujours assez difficile pour nous de citer des groupes références qui auraient inspiré la musique de THE LOSTS dans son ensemble.

« Mystery Of Depths » est le nouvel album du groupe. Comment s’est passée son écriture ?

YGC : Lors des dates qui ont fait suite à la sortie de l’album « … Of Shades & Deadlands » (2016), nous jouions déjà des titres comme « The Priests Control » ou « Pharaoh’s Curse ». La suite de l’album a été composée entre les concerts. Nous avons procédé de la même manière qu’habituellement, à partir d’un squelette de chanson ramené par moi ou parfois par DGC (guitares), sur lequel chacun est venu poser ses idées.  Quand nous avons changé de bassiste, l’album était en cours de mixage. Nous pensions garder les prises de GGV (ancien bassiste) mais, au fur et à mesure, nous avons tous ressenti le besoin de laisser PPG apporter sa touche personnelle, et par ce biais, faire entièrement partie du groupe. Il a donc réenregistré à sa manière les parties de basse, avec Phil Reinhalter (PUTRID OFFAL, ex-DIVISION ALPHA, ex-FORLORN EMOTION), le producteur de « Mystery Of Depths ». Et quelle manière ! Les chansons en ont encore gagné en profondeur.  DGC aime à dire que nous avons trouvé notre Cliff Burton (METALLICA) ! Une autre différence vis-à-vis de nos précédentes productions s’est sans doute jouée durant cette phase de mixage où Phil Reinhalter a également contribué à quelques arrangements.

La musique de The Losts est à la fois efficace, entraînante et puissante. Comment parviens-tu à cette alchimie ?

YGC : J’imagine que cela tient à cette symbiose que nous entretenons au sein du groupe et au rôle que chacun y tient. Chacun se fait un peu garant à sa manière de l’apport mélodique, technique et énergique de notre musique. Sur « Mystery Of Depths », la basse de PPG apporte un supplément de punch indéniable.

Où trouves-tu l’inspiration quand il s’agit d’écrire la musique de The Losts ?

YGC : L’inspiration est toujours un processus difficile à conceptualiser. « Ça vient sans crier gare », c’est souvent ce que répondent les musiciens. Ce qui est sûr, c’est qu’il s’agira toujours du fruit de nos expériences, de notre sensibilité de l’instant, de ce que nous traversons en tant qu’individu ou de l’observation que l’on peut tirer de nos contemporains pour ce qui concerne nos textes. Lorsqu’il s’agit d’écrire la musique de THE LOSTS, je me pose néanmoins toujours la question : que n’avons-nous pas encore fait ?

Quelle est ta piste préférée de l’album, et pourquoi ?

YGC : Je dirais « Mystery Of Depths” ou “The Priests Control” qui synthétisent peut-être le mieux l’esprit de THE LOSTS entre mélodies vocales, growls, parties instrumentales, soli en duo, groove…

Ça ressemblera à quoi un concert de The Losts, quand vous aurez le droit d’en refaire ?

YGC : De l’énergie accumulée depuis de longs mois et du partage ! On a des chansons solides, de nouvelles couleurs à arborer, un line up tout neuf et une osmose toute fraîche à présenter. On est très fier de tout cela et on est dans l’impatience de retrouver tous nos copains et fans, de toucher encore davantage de personnes et de boire des coups ! … Beaucoup de coups !!!

Le confinement d’un musicien, ça consiste en quoi ? Beaucoup de musique avant tout ?

YGC : Pour nous, le confinement aura permis d’accueillir PPG, de réfléchir autrement notre musique, et surtout de finaliser ce nouvel album ! De mon côté, j’ai pu boucler également mes parties pour le troisième album de Giotopia, l’opéra-metal du compositeur belge Gio Smet, dans lequel j’interviens et qui est sorti ce 16 avril. Donc oui, beaucoup de musique, mais pas que… ça a aussi été le moment de nous recentrer sur nos vies personnelles.

2020 a été riche en sorties d’albums. Quel serait ton album de l’année ?

YGC : Je vais faire très mainstream mais 2020 ce sera, pour moi, « Ordinary Man » d’OZZY. Un album qui n’a pas mis tout le monde d’accord, un OZZY qui n’effraie plus personne, des artifices ci et là mais un album varié aux relents testamentaires et de rédemption presque naïfs, qui m’aura touché. J’ai d’ailleurs profité du premier confinement pour m’amuser à en interpréter le titre « Under The Graveyard » sur notre chaîne YouTube.

Merci pour tes réponses et à bientôt au détour d’un concert !

YGC : merci pour ton intérêt, ton soutien et… bon courage pour les jours à venir !

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

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