Les + :

* Une tentative super-héroïque française

* Quelques idées intéressantes

* Un casting solide

 

Les – :

*Une production assez standard

* Un scénario qui ne marie pas très bien polar et super-héros

* Une impression de vite vu, vite oublié

Le lieutenant Moreau est chargé d’enquêter sur des incidents liés à des superpouvoirs. Pour ce faire, il se voit affecté une nouvelle partenaire, Chaltzmann, avec qui il a du mal à s’entendre. Mais les affaires super-héroïques sont son rayon et il peut compter sur l’aide d’anciens justiciers pour l’appuyer dans sa mission.

Adaptation du roman de l’auteur français Gérald Bronner (chez Les Contrebandiers éditeur), Comment je suis devenu super-héros a connu un circuit de distribution compliqué par la pandémie de Covid-19. Prévu pour sortir en salles, il a finalement été acquis par Netflix qui le diffuse sous sa bannière « production originale ». C’est un nouveau film de genre dans notre pays, c’est à souligner, mais le film a-t-il vraiment les moyens de ses ambitions ?

Moreau est un policier un peu spécial qui enquête sur des évènements super-héroïques. Il ne faut pas s’imaginer dans Gotham Central, mais le réalisateur Douglas Attal a décidé d’axer son récit sur ce côté polar. C’est un bon choix, car il lui permet de faire avec peu de budget, et il semble avoir un certain savoir-faire dans ce domaine. Toutefois, la narration se heurte vite à un problème : plus l’histoire avance, moins le genre polar se marie bien à l’aspect super-héros. Le récite hésite entre les deux voies, choisissant les justiciers dans son dernier quart d’heure sans vraiment convaincre. Dommage, car la première partie de l’histoire reste intrigante et la mise en place assez bien exploitée.

La mythologie héroïque est assez étonnante et rappelle le récent Code 8 (aussi sur Netflix) : notre civilisation a connu de réelles mutations et les pouvoirs ont émergé dans la société. C’est donc une inclusion de cette population qui s’est réalisée, et elle semble s’être bien passée dans cet univers.

Le plan du « méchant » est en lien avec ce contexte : il deale des superpouvoirs et semble lui aussi accro. Là aussi, le croisement polar/drogue avec super-héros/pouvoirs est intéressant, dommage que le méchant soit assez simplet et que l’acteur surjoue à mort.

Pourtant, le casting est assez solide. Si on a connu Pio Marmai plus investi, Poelvoorde n’en fait pas trop même s’il est l’alibi comique du film. N’étant pas un fan de l’acteur, j’ai été rassuré par sa mesure dans ce rôle.

Ce sont les personnages féminins qui s’en sortent le mieux : Leïla Bekhti joue Callista, une ancienne justicière qui s’est recyclée dans l’encadrement de jeunes en difficultés. Elle se montre crédible dans ses deux casquettes, sans en faire trop. Vimala Pons prend de plus en plus de place au fur et à mesure du récit et son personnage se montre le plus courageux et décidé. Elle imprime son énergie à chaque apparition et bénéficie aussi du meilleur combat du film.

Autour d’eux, la production a réuni quelques gueules connues (Camille Japy, Gilles Cohen, Cartman, Clovis Cornillac) qu’il est plaisant de croiser même quelques minutes.

Pour le reste, le tournage s’est fait peu en fond bleu, beaucoup en réel, pour coller à cet aspect polar. La dernière partie, avec son développement super-héroïque, ne se montre pas trop fauchée, malgré un tournage dans un hangar abandonné. A vrai dire, j’ai pensé tout du long à Agents du SHIELD pour le traitement des pouvoirs et de la mise en scène, avec une volonté de prendre sur le vif. Ca implique ainsi un côté assez télévisuel dont le cinéma français a du mal à s’écarter. Le montage de la première partie est assez déroutant, mais permet de maintenir des questions dans la tête du spectateur pendant un moment. Pour le reste, la production n’a pas grand intérêt, elle est tout à fait standard, Douglas Attal se montrant carré et peu imaginatif côté réalisation.

CONCLUSION

Vite vu, vite oublié, Comment je suis devenu super-héros a l’intérêt d’être une des rares proposition française de cinéma dans ce domaine. C’est déjà bien. Mais le film fait peu d’étincelles et, s’il tente de mélanger polar et superpouvoirs, se montre assez classique dans la forme et dans le fond. Une scène post-générique évoque une possible suite, à voir si cela permettra à l’équipe de lâcher les chevaux.

Kevin

Kevin

Passionné d'imaginaire, Kevin lit, voit et assiste à pas mal de choses. Il partage ses découvertes et aime repartir vers le passé, le temps d'une chronique ou d'un article. Depuis 2008, il joue aussi les scribouilleurs amateurs chez Rivière Blanche (Dimension Écologies Étrangères), Malpertuis (Malpertuis VI, Malpertuis X) ou les éditions Mots & Légendes où son premier roman de Fantasy historique, Entre la Louve et l'Olympe, est disponible.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *