Entretien avec Julien, guitariste de Seeds Of Mary

Bonjour, et merci de prendre le temps de répondre à mes questions. Est-ce que tu peux te présenter et nous expliquer ce que tu fais au sein de Seeds Of Mary ?

Bonjour, je suis Julien, guitariste au sein de Seeds Of Mary. Je compose en grande partie notre musique et m’occupe de tous les visuels du groupe.

Comment définirais-tu la musique de Seeds Of Mary ? Et pourquoi ce nom pour le groupe ?

Il est difficile de répondre à cette question, je crois que c’est avant tout une expérience esthétique qui peut faire l’économie de mots. Mais si vraiment il faut en mettre, je dirais que notre musique s’appuie essentiellement sur des émotions telles que la mélancolie, la colère, etc. Sans vouloir se cacher derrière des étiquettes, nous nous situons quelque part entre le rock et le métal avec en point de mire une approche mélodique basée sur des harmonies vocales et des ambiances qui permettent d’immerger pleinement l’auditeur dans notre univers.

Le nom n’avait pas de signification propre au commencement du projet, nous aimions l’ambivalence qu’il évoquait avec deux termes aux sonorités différentes.

Serendipity est le troisième album du groupe. Comment s’est passé le travail dessus ? Comment avez-vous composé ?

Comme pour les précédents albums, j’ai proposé un certain nombre de compos ; Raph en a apporté également. Chaque membre du groupe se les est finalement approprié chacun de leur côté, a proposé des arrangements, des changements, etc. Nous avons ensuite préprodé tout cela en laissant la part belle au chant pour déterminer quels morceaux finiraient sur le disque et lesquels nous laisserions de côté. Nous n’avons gardé que ce qui nous paraissait essentiel et surtout ce qui permettait de pondre un album le plus cohérent possible tant sur la forme que sur le fond. Chaque morceau a été travaillé dans les moindres détails avant de rentrer en studio avec David Thiers. Nous nous sommes finalement laissé que peu de liberté en studio bien que des arrangements de dernière minute se révèlent toujours à nous durant la période d’enregistrement. Nous gagnons de plus en plus en assurance en studio, du coup tout a été mis en boîte assez rapidement. Même chose pour le mix et le mastering. A quelques exceptions près, tout s’est fait très naturellement sur ce disque, comme une évidence pour nous tous.

Comment en es-tu venu à la musique, et plus particulièrement au metal ?

C’est avant tout une histoire familiale. Mon frère m’a beaucoup fait écouter de rock et de metal dès le plus jeune âge. Et le voir si bien jouer de la guitare m’a rapidement fait naître une terrible envie d’en faire de même. Sans lui, je ne ferais sûrement pas de musique aujourd’hui.

J’étais fasciné par la théâtralité de la scène. J’ai passé mon adolescence à regarder des concerts et vidéos de groupes comme Queen, Mötley Crüe, Alice Cooper, etc. C’est ce que je voulais faire et je me sens extrêmement reconnaissant de pouvoir le faire à mon petit niveau et le partager avec un groupe si formidable que Seeds. Ça reste une histoire de famille finalement !

Un premier clip est sorti pour cet album, avec Rewind Me. Comment s’est passée sa réalisation, comment avez-vous eu l’idée de joue recouverts de peinture ? Et est-ce que ce n’est pas trop dur de faire semblant de jouer pour la vidéo ?

Nous tournons tous nos clips avec Thomas Duphil, un réalisateur très talentueux qui sait nous mettre à l’aise sur chaque tournage ! Car en effet, faire semblant n’est pas toujours simple mais nous commençons à être rompus à l’exercice. Et puis, il y a une fois de plus quelque chose d’assez théâtral dans le fait de monter sur scène. Ce n’est pas si éloigné que ça.
Le tournage s’est déroulé sur 2 jours et a été assez éprouvant entre la chaleur, nos corps couverts de peinture séchée, etc. Mais toujours dans la bonne humeur !
L’idée de la peinture venait d’une séance photo que nous avions faite avec le photographe Michael Tirat. Ca collait parfaitement à l’esthétique de nos visuels et nous voulions aller plus loin en le figurant dans un clip dont nous sommes très fiers du résultat.

Quelle est ta piste préférée sur cet album ?

Très dur à dire. The Atheist ou Gone Astray. Ces deux chansons ont quelque chose d’assez viscéral pour moi. Elles parlent toutes deux du deuil curieusement. La perte de l’autre…

Pourquoi un caméléon pour l’artwork de l’album ? D’où est venue cette idée ?

J’avais proposé un visuel différent au départ mais l’idée du caméléon a surgi rapidement. Notre chanson Chameleonic qui est un morceau pivot sur l’album a évidemment influencé ce choix. Et puis nous avions déjà le titre de l’album et quoi de mieux qu’un caméléon albinos pour incarner le concept de sérendipité finalement ?
Nous voulions également un visuel qui tape à l’œil et ne laisse pas indifférent et qui casse un peu les codes de ce qui se fait habituellement dans le metal.

Quels sont les projets pour le groupe, maintenant que cet album est sorti ?

Pour l’instant, les concerts étant en grande partie repoussés ou annulés, nous nous concentrons sur la promo du disque pour le faire découvrir au plus grand nombre. A l’instar de tous les artistes qui nous entourent et du milieu de la culture plus généralement, nous traversons une grande période d’incertitude. Nous pallions ce manque et cette frustration par une activité accrue sur les réseaux près de nos fans.
Nous attendons le retour sur scène avec grande impatience !

Merci pour tes réponses et tous mes vœux à Seeds Of Mary !

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

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